‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 123 sur 218 · Voir, pour tout ce chapitre, Gkocq. T.oco cit., p. io3 à · texte numérisé non relu

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SYMPTOMES ?sON SUGGERES DE T.'mYPNOSE S/jI

Touïe peut être si fine qu'une conversation peut être entendue à un étage iniérieur )).

Dans Tenquête de Grocq, Bremaud, de Brest, est le seul qui nie absolument les troubles spontanés de riiypnose : « chez les individus hypnotisés par moi seulement, dit-il, n'ayant jamais été soumis à d'autres expériences que les miennes, sans intervention aucune d'assistants quelconques (dont les réflexions, attitudes, expressions de physionomie, peuvent être autant de suggestions), je n'ai jamais observé que la sensibilité de l'état de veille (comme distribution).

Beaunis qui fait jouer un grand rôle à la suggestion admet aussi des variations des sensibilités « suivant l'état du sujet. »

Il a d'ailleurs étudié lui-même, de très près, l'acuité auditive et la force musculaire dans l'hypnose et il a constaté nettement que, au moins dans certains cas, en dehors de toute suggestion, l'acuité auditive était exaltée et la force musculaire modifiée (le plus souvent en moins).

Bernheim admet qu'aucune règle ne peut être formulée parce que les troubles sensitifs sont variables suivant les cas. Mais il ne nie pas l'existence de troubles sensitifs spontanés dans l'hypnose.

Grocq a posé cette loi : « le plus souvent la diminution de la sensibilité à la douleur est en rapport direct avec la profondeur du sommeil... dans les états profonds, somnambuliques véritables, l'anesthésie spontanée est la règle presque absolue. » Tout cela, bien entendu, « sans suggestion aucune. »

Cette loi explique les résultats de Bremaud qui, chez les sujets dont il parle, n'obtenait probablement

3/l2 HYPNOTISME ET SUGGESTION

que des degrés inférieurs de Fhypnose ; de même, la sensibilité est normale dans cette hypnose partielle qui permet les suggestions à l'état de veille.

Pour les sens, Crocq pose aussi quelques règles qui précisent notre thèse.

(( Normalement, chez les sujets vierges de toute expérience, le sommeil hypnotique s'accompagne d'abolition ou de diminution notable du sens de la vue... Pour ce qui concerne la sensibilité auditive, on peut dire qu'en général elle ne s'éteint jamais... La sensibilité olfactive et gustative m'a paru se modifier en raison des altérations de la sensibilité cutanée à la douleur... Le sens musculaire paraît suivre les mêmes règles...

« En résumé donc, on peut dire que sans suggestion, spontanément, par le seul fait de l'hypnose, les sensibilités, tant générales que spéciales, subissent des modifications d'autant plus intenses que le sommeil est plus profond ; de toutes les sensibilités, celle qui s'émousse le plus rapidement, c'est la vision, celle qui s'émousse le moins rapidement, l'ouïe \ ))

Ce serait là la conclusion de ce paragraphe.

A ce même groupe se rattache la question de la sensibilité' élective spontanée dans l'hypnose.

I. Pour l'ouïe, Crocq se pose alors cette question : « comment se fait-il que l'ouïe seule ne subit pas l'intluence liypesthésiantc du sommeil hypnotique ? » Et il répond ingénieusement : « c'est que l'hypnotiseur, restant en communication avec son sujet par ce sens, lui suggère involontairement d'entendre » . Les anesthésies seraient des caractères spontanés de l'hypnose, la conservation (le l'ouïe en serait un caractère provoqué par suggestion.

SYMPTOiVIES NON SUGGÉRl':S DE t/hYPNOSE 343

Dans beaucoup de cas, en dehors de toute suggestion, le sujet en hypnose n'est en rapport qu'avec son hypnotiseur.

(( Ltébeault admet parfaitement la sensibilité élective ; il dit que presque toujours les somnambules artificiels sont en relation par l'esprit et les sens avec les endormeurs, mais rien qu'avec eux. »

(( Bernheim, au contraire, n'admet pas ce rapport. . . Tout dépend d'après lui de l'idée préconçue que se font les sujets ; c'est une question d'éducation. » En disant que la sensibilité élective peut venir d'une idée préconçue du sujet, Bernheim admet l'origine endogène, la spontanéité de cette sensibilité élective, c'està-dire la possibilité de son développement en dehors de toute suggestion directe.

Beaunis déclare, comme Liébeault, « que le sujet hypnotisé n'est en rapport qu'avec la personne qui l'a endormi ».

Binet et Féré ont décrit aussi un certain nombre de cas dans lesquels le somnambulisme n'est pas indifférent^ mais électif : « l'expérimentateur a seul, dans ce cas, le pouvoir de produire des contractures et de les détruire, lui seul peut suggérer. »

Je conclurai, cette fois encore avec Crocq, « que, lorsqu'on ne suggère pas, ni volontairement, ni inconsciemment, au sujet de se mettre en rapport avec les personnes présentes, l'hypnotisé n'est, très souvent, en rapport qu'avec l'hypnotiseur ».

h. Nous avons étudié plus haut (dans le chapitre V. E . p. 284) les troubles de circulation et de respiration

344 HYPNOTISAIE ET SUGGESTION

produits dans l'hypnose par suggestion. Ces mêmes fonctions peuvent-elles être aussi modifiées dans l'hypnose, spontanément, en dehors de toute suggestion ?

Dans l'hypnose, dit Wuisdt \ <( la pupille s'élargit, le globe de l'œil sort de son orbite... Le nombre des pulsations et des mouvements respiratoires augmente ; il n'est pas rare non plus qu'il y ait alors sécrétion de sueur. Tous ces phénomènes sont l'indice d'une forte excitation du système nerveux sympathique et vasomoteur, et constituent en même temps les points caractéristiques qui distinguent l'hypnose du sommeil naturel, pendant lequel on observe au contraire une contraction de la pupille et un ralentissement du pouls et de la respiration » .

D'après Liébeault^, dans le sommeil profond, « les mouvements respiratoires deviennent moins fréquents, la circulation se ralentit et la température du cor])s s'abaisse ; cette sédation générale du système nerveux est précédée parfois d'une période d'excitation, pendant laquelle la respiration est accélérée ou gênée ».

RiCHER, Tamburini ct Seppilli ont étudié les modifications de la respiration et de la circulation dans les différents états de la Salpêtrière. « La catalepsie seule s'accompagnerait de variations bien nettes de la respiration... Pour ce qui concerne les variations de la circulation, Tamburini et Seppilli ont constaté que, pendant la léthargie, le tracé graphique, pris au moyen du plétismographe de Mosso, tend

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