‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 122 sur 218 · I. Grocq. Loco cit., p. Co, AgetGS · texte numérisé non relu

I. Grocq. Loco cit., p. Co, AgetGS

338 HYPIVOTISME ET SUGGESTION

/j. Ceci nous conduit à reprendre et à compléter la question, grave et discutée, des rapports de V hypnose et de r hystérie.

Nous avons déjà abordé cette question dans le chapitre deuxième (p. 84) et essayé de combattre l'opinion d'hommes considérables qui veulent identifier l'hystérie et l'hypnose.

J'ai discuté là deux arguments principaux qui sont les suivants : i" les sujets hystériques sont seuls hypnotisables ; 2'' les symptômes de l'hypnose et ceux de l'hystérie sont les mêmes et ne diffèrent qu'en ce que les premiers sont provoqués, tandis que les seconds sont spontanés.

Il me semble que ce que nous venons de dire dans le paragraphe précédent me permet de réfuter plus péremptoirement encore ces deux arguments.

Hystérique et hypnotisable ne sont pas deux termes adéquats et synonymes et on ne peut pas dire que les sujets hystériques sont seuls hypnotisables, puisque, nous venons de le voir, la clinique oblige à distinguer, parmi les hypnotisables, ceux qui étaient antérieurement hystériques et ceux qui ne l'étaient pas.

Les uns et les autres ne réalisent pas l'hypnose de la même manière, les uns ont ou peuvent avoir des phénomènes somatiques fixes que les autres n'ont pas.

Donc, c'est un fait clinique démontré, il y a des hypnotisables hystériques antérieurs et il y a des hypnotisables qui n'ont jamais été hystériques antérieurement (de même d'ailleurs qu'il y a des hystériques qu'on n'a jamais pu hypnotiser).

SYMPTOMES \ON SUGGERES DE T-'tTTPNOSE SSq

En second lieu, il n'y a pas identité entre les symptômes de Fhypnose et les symptômes de l'hystérie, puisque nous distinguons, en clinique, les hypnoses qui contiennent des symptômes d'hystérie et celles qui n'en contiennent pas.

Quand une hypnose reproduit textuellement une crise d'hystérie (comme chez notre sujet F), quand les crises spontanées et provoquées d'un sujet ne diffèrent que par la cause, c'est que le sujet était hystérique antérieurement.

C'est un caractère contingent que l'hypnose prend alors dans ces cas particuliers ; ce n'est pas un caractère constant et spécifique de l'hypnose de ressembler et de s'identifier systématiquement à l'hystérie.

Nous trouvons donc dans ces faits un nouvel appui à notre conclusion du chapitre ii : la clinique ne permet pas d'identifier l'hystérie et l'hypnose et de dire que ce sont là deux formes (l'une provoquée, l'autre spontanée) de la même névrose.

Ces mêmes faits nous permettent d'ajouter un point à ces propositions : quand l'hystérie préexiste à l'hypnose, elle peut imprimer à la symptomatologie de celle-ci un cachet particulier et personnel et notamment introduire dans son tableau clinique un certain nombre de phénomèmes somatiques, fixes ou non suggérés, qui rappellent plus ou moins exactement l'hystérie initiale elle-même.

En étudiant dans les paragraphes précédents les symptômes de l'hypnose, indépendants de toute suggestion, nous n'avons guère parlé jusqu'à présent

3/io HYPNOTISME ET SUGGESTION

que de l'état de la niotilité : contractures, catalepsie,

flaccidité

On peut étudier aussi ce même genre de symptômes dans d'autres domaines.

a. Et d'abord la sensibilité est-elle normale dans l'hypnose, en dehors de toute suggestion ? évidemment non. Ses troubles sont variables ; mais ils existent le plus souvent et par conséquent constituent un groupe de phénomènes somatiqucs fixes, au sens que nous avons précisé à ce mot.

Notre malade F (nous l'avons déjà dit) était complètement anesthésique à tous les genres de sensibilité (tact, douleur, température, électricité, sens musculaire). De ses sens, l'ouïe seule était conservée.

J'ai déjà indiqué plus haut (p. i38) l'état habituel de la sensibilité dans les divers états du grand hypnotisme de la Salpêtrière.

RiCHER* admet, comme signe constant, l'abolition de la sensibilité cutanée à la douleur. Les autres sensibilités présentent des troubles réels, mais variables suivant les cas. Ces troubles peuvent être anesthésiques ou hypcresthésiques. Ainsi, chez certains sujets, (( le moindre courant d'air est ressenti à plusieurs mètres de distance. Le champ visuel et l'acuité visuelle peuvent être doublés ; l'odorat peut être hyperesthésié à ce point que le sujet retrouve les morceaux d'une carte de visite qu'on lui a fait sentir ;

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