R. P. COCOININ'IEK. LOCO Cit., p
r/lFYPNOTJSME VI P()I>fT DE VI E THERAPEUTIQUE 867
Finspirer et rinspirent de fait. En irez-vous conclure à l'immoralité de ces professions?
(( M. Ber^'heim et M. Liébeault hypnotisent, à eux seuls, plusieurs milliers de personnes. Allez-vous dire qu'ils inspirent, chaque année, des milliers dépassions violentes? En deux ans, M. le D'' \A etterstrand a hypnotisé, à Stockholm, 3 1 48 personnes. Vous figurezvous M. le D'" Wetterstrand en présence de o ll^H sujets ayant conçu pour lui une passion violente et presque irrésistible P ))
On ne saurait parler mieux et avec plus d'autorité morale.
Donc, il ne reste de cette objection qu'une invite à la circonspection et à la prudence, mais nullement une contre-indication à l'emploi thérapeutique de l'hypnose et de la suggestion.
d. Nous restons donc en présence de ce seul inconvénient réel : l'hypnose crée ou accentue la désagrégation suspolygonale.
Qu'en conclure ? Faut-il conclure de là à la condamnation absolue de ce moyen thérapeutique et à la défense de s'en servir ?
Non. \oici simplement ce qu'il faut en induire :
i*' L'hypnotisme n'étant pas un moyen inoffensif (comme tous les médicaments qui sont des poisons et peuvent faire du mal) ne doit être employé que médicalement, par un médecin expérimenté qui pèse les indications et contre-indications et conclut, comme en clinique générale.
Quand il a conclu à l'affirmative il ne doit en
parler au sujet qu'après s'être assuré l'assentiment et la présence du parent ayant droit : mari, mère, père. . . Puis il en parle au sujet et ne fait rien que si la chose lui agrée entièrement.
2^ Il ne faut pas demander à Thypnose la guérison d'un état purement mental ni même d'une névrose grave et profonde comme l'hystérie.
Ne s'adressant qu'au polygone, l'hypnose ne peut pas guérir directement les maladies de 0. Utilisant la désagrégation suspolygonale, l'hypnose ne peut pas guérir les névroses dont la guérison nécessite le retour à la collaboration intime de 0 et du polygone.
3" On peut cependant employer l'hypnose dans les névroses à désagrégation suspolygonale comme l'hystérie.
Ici, je suis obligé de combattre cette proposition de DuPRAT : « Comment la suggestion pourrait-elle être un remède alors que le développement de la suggestibilité est la conséquence de l'état morbide ? « J'avoue ne pas bien saisir. Pourquoi ne pas utiliser dans un but thérapeutique (si c'est possible) cette suggestibilité que la maladie a créée. Ce fait enlève au contraire à l'hypnotisme toute responsabilité de création de la suggestibilité ; il utilise simplement une situation qu'il n'a pas faite.
4" Le problème thérapeutique se pose ainsi dans chaque cas : voilà un malade hypnotisable, c'est-àdire chez lequel il y a (de par la maladie) tendance à la désagrégation suspolygonale ; l'hypnotisme, si nous l'employons, ne guérira pas cette tendance à la désagrégation ; au contraire, il peut même l'exagérer
l'hyp>otisme au poi>ï de vue thérapeutique 369
et raccentuci'. J.a crainte de cet inconvénient est-elle compensée par les avantages à en attendre ?
Voilà la question que le médecin se posera. 11 ne pourra la résoudre que quand, connaissant les contreindications dont nous venons de parler, il connaîtra aussi les indications dont nous allons parler.
3. Synthétiquement et d'un mot, l'indication capitale de l'hypnotisme en thérapeutique est fournie par les localisations précises , étroites et tenaces, des névroses et spécialement de l'hystérie.
Dans le traitement des névroses, de l'hystérie en particulier, il y a deux grandes sources d'indication : la névrose elle-même et ses localisations. C'est uniquement à ce dernier élément clinique que répond l'hypnotisme.
a. D'abord on peut se demander qu'est-ce qui agit thérapeutiquement dans l'hypnotisme.
Dans l'hypnotisme il y a deux éléments à considérer : l'hypnose et la suggestion. Ces deux éléments peuvent-ils être utilisés l'un et l'autre en thérapeutique clinique ?
On m'a reproché^ de confondre ces deux agents thérapeutiques dans mon travail de 1886 ^ 11 faut,