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I. LiÉBEAULT. Thérap. suggestive, etc., 1891, p

sujet et on lui aflirme que son mal disparait, a disparu et ne reparaîtra pas au réveil. On substitue dans son polygone l'idée de la guérison et de la santé à ridée morbide de la douleur, de la paralysie, de la convulsion, etc.

On peut, dans certains cas, donner un point de repère à cette suggestion en attachant la guérison à une pratique quelconque, à l'absorption d'un verre d'eau, par exemple. Une cliente de Liébeault n'avait plus de maux de dents depuis qu'elle se coupait les ongles tous les lundis, un autre tut guéri de tièvre intermittente par la prescription d'un sac de toile à porter sur la poitrine pendant ilx heures et à jeter ensuite dans la rivière...

Ceci dépend de l'intelligence du sujet. Le fait essentiel c'est la suggestion psychique substituant une idée contraire à l'idée morbide.

2° Action perturbatrice. — Je n*ai pas besoin de citer des faits pour établir Finfluence pathogène ou médicatrice d'une forte et brusque émotion ou secousse morale sur le système nerveux.

On peut, dans l'hypnotisme, employer aussi ce procédé. Dans ce cas, il faut considérer la violence, rintensité et la brusquerie de la suggestion, plutôt que sa nature même : elle n'a pas, comme dans le cas précédent, besoin d'être exactement le contraire de l'idée morbide.

11 faut donner, dans le sommeil, une forte émotion : peur, joie...

3*^ Action correctrice. — • Ceci est la méthode opposée à la précédente : c'est la méthode lente de correction opposée à la méthode brutale de perturbation, toujours par Fidée suggérée.

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Ici c'est, suivani l'expression de Liébeault, « la révulsion lente de l'attention Vers des idées quel conques ».

Dans ces cas, on agit par une série de suggestions qui détruisent graduellement Tidée morbide dans le polygone du sujet.

En somme, l'action fondamentale c'est l'action substitutive ; tout revient à l'implantation par l'hypnotiseur, dans le polygone du sujet, d'une idée de guérison qui remplace l'idée de maladie.

Si la chose se fait très vivement, c'est la méthode perturbatrice. Si elle se fait lentement, c'est la méthode correctrice. Au fond, c'est toujours le même mécanisme d'action : le remplacement de l'idée morbide par l'idée suggérée.

c. Cette analyse et cette conception du mode d'action de la suggestion thérapeutique permettent bien d'en préciser les limites.

C'est une action purement et exclusivement polygonale, qui laisse 0 tout à fait en dehors.

Donc, aucune action sur les maladies mentales, c'est-à-dire sur l'élément vraiment mental des maladies. Les maladies de 0 échappent à Tinfluence de la suggestion thérapeutique .

Aucune action non plus sur la désagrégation suspolygonale. L'idée thérapeutique suggérée s'implante dans le polygone désagrégé ; mais, même dans les cas les plus heureux, n'agit en rien sur les communications de ce polygone avec 0.

Donc, c'est la conclusion que nous émettions synthétiquement au début de ce paragraphe, la sug-

gestion thérapeutique n'a aucune action sur le fond et Fessence d'une névrose grave ; la seule et véritable indication de la suggestion thérapeutique, c'est la localisation étroite, bien définie, de la névrose, sur un appareil ou sur un autre.

d. Même réduite à ces proportions modestes, l'action thérapeutique de la suggestion n'est pas à dédaigner et il y a lieu de la rechercher dans bien des cas où tous les autres moyens sont inefficaces.

Il suffît, pour qu'une localisation névrosique fassr réellement indication, qu'elle soit bien précise, tenace, rebelle aux médications simples et gênante pour le sujet ou son entourage.

Or, ces cas se présentent fréquemment.

Une anesthésie, une paralysie, un mutisme, un tic, un trouble sensoriel, une anorexie peuvent remplir et remplissent souvent ces conditions. Ces symptômes font alors indication et on est très heureux de les combattre et de les faire disparaître par l'hypnotisme, alors même qu'on sait que par ce moyen on n'agit pas sur le fond même de la névrose fondamentale.

Celle-ci sera plus ou moins lentement et plus ou moins efficacement combattue par d'autres moyens. Il peut être utile de combattre certaines manifestations, sans attendre la guérison du fond. C'est à cela qu'on emploiera l'hypnotisme.

e. On voit donc que si l'hypnotisme a des contre indications, il a aussi des indications au point de vue thérapeutique.

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Les unes et les autres sont assez précises pour que, dans chaque cas particulier, le médecin puisse les mettre en balance et se décider en connaissance de cause.

Comme le disait déjà Blocq * en 1889, il faut, pour appliquer thérapeutiquement l'hypnotisme dans un cas donné, il faut juger que les inconvénients liés pour le malade à un excès de suggestibilité ne soient pas comparables à ceux que lui font éprouver certains troubles, tels que l'aphonie, la paralysie, la contracture, par exemple, auxquels on a affaire et dont on peut espérer le débarrasser par ce procédé.

Ix. La connaissance des avantages et des incouA^énients, tels que nous venons de les analyser, de l'hypnose thérapeutique devaient porter les expérimentateurs à employer et à préférer, dans ce but, la suggestion à Vétat de veille.

Puisque le sommeil avec sa désagrégation suspolygonale a tous les inconvénients et que la suggestion n'a au contraire que des avantages, l'idéal thérapeutique devrait être la suggestion sans sommeil, c'est-àdire la suggestion à l'état de veille.

Seulement nous avons vu plus haut (chapitre m, paragraphe 8, page 121) qu'à vraiment parler la suggestion à l'état de veille n'existe pas en ce sens que le sujet à suggestionner n'est qu'en apparence à l'état de veille ; il est en réalité en hypnose partielle avec les symptômes de la veille, au lieu d'avoir les symptômes du sommeil.

I. Blocq. fndicat. de l'hypnot. dans le Iraitem. de l'hvstérie. Bull, uiéd., 1889, no 58, p. 921.

Mais, au point de vue de la désagrégation suspolygonale, l'inconvénient persiste le même : il n'y a pas de vraie suggestion sans hypnose. Seulement ces sujets-là sont pJus facilement et en général depuis longtemps, h^pnotisables ; de sorte que, pour les endormir ou du moins pour les plonger en hvpnose, l'hypnotiseur n'a qu'à leur donner un ordre d'une certaine forme, pour qu'ils l'exécutent, ils ont, en obéissant, toutes les apparences de l'homme qui veille. Mais, en fait, leur polygone obéit à l'hypnotiseur en dehors du contrôle de son propre 0 : en les suggérant à l'état de veille, on désagrège donc tout de même leur polygone de leur centre 0.

Ainsi comprise, la suggestion à l'état de veille n'a pas une supériorité tellement grande sur la suggestion dans l'hypnose. Elle suppose et utilise, elle aussi, la désagrégation suspolygonale. De plus, elle est évidemment moins énergique et ne peut être employée que chez des sujets déjà entraînés et très hypnotisables.

Aussi comprenons-nous très bien Bermieim disant' : (( le sommeil qui impose silence au contrôle actif du cerveau, qui laisse l'imagination et l'automatisme avec tout son jeu non refréné par l'initiative active modératrice, ce sommeil ou état analogue à ce sommeil, constitue un état d"âme qui souvent exalte singulièrement la suggestibilité. Aussi, au point de vue thérapeutique, est-il souvent utile de le produire quand on le peut ; et, dans le plus grand nombre de cas, je cherche à le provoquer. »

I. Bernheim. Suggestion et hypnotisme. Revue de psychologie, 1898, p. 43.

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Et Crocq qui cite ce passage dit^ de même : « Voilà pourquoi, bien que la siiggestionàrétat de veille possède une valeur curative indéniable que les praticiens auraient tort de négliger, la suggestion pendant l'hypnose donne des résultats les plus éclatants, al ors que les essais à Tétatde veille sont restés sans effet ; voilà pourquoi la suggestion hypnotique est et restera toujours le moyen psychothérapique par excellence, auquel on devra recourir avec confiance dans les cas les plus rebelles» .

Dans tout le développement qui précède, comme dans tout ce livre, je conserve la conception initiale de la suggestion, que j'ai adoptée et défendue dans mon second chapitre.

La conception, plus étendue et par suite différente, delà suggestion, lancée et brillamment soutenue par Bernheim, qui appelle suggestion toute insinuation psychique à agir ou toute idée introduite dans le cerveau et acceptée par lui, doit entraîner naturellement une conception, également plus étendue et différente, de la suggestion thérapeutique.

Reprenant la phrase célèbre de Delboeuf et de Berinheim (( il n'y a pas d'hypnotisme», Harteisberg dit à la Société d'hypnologie, en 1897 : « ne parlons plus d'hypnotisme, ce mot seul effraie tout le monde, ne parlons que de suggestion. »

La proposition n'a pas pour unique but d'éviter à «tout le monde» un effroi qui nous importe peu. Elle consacre cette autre proposition que la suggestion existe en dehors de l'hypnose.

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