‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 15 sur 218 · De BiJcK. Journal de neuroL, 1899, p. 36i · texte numérisé non relu

De BiJcK. Journal de neuroL, 1899, p. 36i

3. Long. Thèse de Paris, Observ. XXXIX, p. i55. 4- Fkiedel PicK. Revue neuroL, 1900, p. 729.

5. Bernheim. Contrib. à l'étude de l'aphasie et de la cécité psychique des choses. Revue de nied., i885, p. 620.

LE PSÏGHISME INFERIEUR OÔ

renferme la place Stanislas, trouvait cependant son chemin. Et Glaparède rapproche de ces malades certains faits normaux : a Nous serions, dit-il, bien incapables de décrire en détail une ville ou un hôtel que nous avons habité il y a cinq ou dix ans. Où aboutit telle rue ? où est situé le salon de l'hôtel ? Nous Tigno- 1^ rons et cependant, de retour dans cette ville ou dans cet hôtel, nous y circulons sans difficulté. »

Ce sont bien là des preuves, enregistrées par les auteurs, de la dissociation possible et par suite de l'existence séparée des centres polygonaux et de 0.

L'application que j'avais faite de ces idées (et que j'ai citée plus haut) à la classification des tics a d'abord été assez mal accueillie. Ainsi Feindel^ regrette la disjonction de ^^iuy.Ti et de mens et fait de nombreuses objections à la séparation des tics polygonaux et des tics psychiques. Mais, depuis lors, l'opinion semble changée.

Dans la discussion d'un travail de Meige et Feindel', à la Société de Neurologie, Dupré ^ applique ce qu'il appelle mon « heureuse terminologie « et dit « qu'après avoir été suspolygonal le diastaltisme pathologique du tic devient polygonal, c'est-à-dire un acte automatique et subconscient » ; et tout récemment, dans une

1. Feindel. Le traitement médical du torticolis mental. Now^'. Iconogr. de la Salpêtrière, 1897, t. X, p. 4o6.

2. Meige et Feindel. Les causes provocatrices et la pathogénie des tics de la face et du cou. Revue neuvol., 1901, p. 378.

3. Dupré. Soc. de neurol. de Paris, 18 avril 1901, Revue neuroL, 1901, p. 420.

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thèse présidée par Pitres, Cruciiet', reprenant tonte la question, a répoadu, d'une manière très serrée, à toutes les objections faites à mon schéma et conclut que notre ce systématisation judicieuse » « ne paraît guère entamée par ces objections »; il Tadopte « complètement » et, la rapproclmnt de la terminologie, citée plus haut, de Pitres, il admet des tics psychiques en 0 ou psychonucléaires, des tics polygonaux ou nucléaires, des tics transpolygonaux ou internucléaires et des tics bulboméduUaires '\

8. Si, des médecins, nous passons maintenant aux psychologues, tous les derniers travaux sur la perception ^ obligent à en admettre deux degrés, qui correspondent, Tun aux centres polygonaux, l'autre au centre 0.

Aux centres polygonaux appartient la perception au premier degré ou perception simple, 1' « identification primaire qui produit la reconnaissance sensorielle » (Glaparède), assimilation de Herbart, sinnliches, Wiedererkennen de Muller. Au centre 0 appartient la perception au second degré ou perception

1. René Gruchet. Etude critiffue sur le tic convulsif et son traitement gymnastique (méthode de Brissaud et méthode de Pitres). Thèse de Bordeaux, 1903, p. 81.

2. La question a été reprise dans le livre de Meige et Fein- DEL et dans le Rapport de Noguès au dernier Congrès de Grenoble. Voir ma Communication à ce Congrès, in Hernie neurolog., igo2, p. 782 et mon Spiritisme de\'ant la science, p. 3/i5.

3. Voir \di Re'^'ue de Clapakède sur l'agnosie, in Année psyclwl., t. VI, p. 74.

LE PSYCHISME TTSFKRTEiri 35

compliquée (Claparède) : reconnaissance intellectuelle, identification secondaire, complication de IIerbart, hcgrlfjliches Erfasscn de Mïjller.

Et Claparède ajoute cette remarque très sage et très juste: « Ces deux degrés delà perception sont d'ailleurs dans une dépendance réciproque et il est souvent impossible de les délimiter. Leur distinction nous parait cependant propre à faciliter Vétiide des cas pathologiques^, mais à condition qu'on se souvienne qu'il ne s'agit que d'une division tout artificielle. » En effet, rien de plus artificiel que cette division en physiologie normale dans la vie ordinaire ; mais rien de plus réel que cette même division en pathologie et en clinique, dans la vie morbide.

C'estdu reste la pensée que Claparède exprime luimême quand il dit plus loin : ces observations (c montrent que l'identification implique bien deux termes (sinon anatomiques, du moins physiologiques) qui peuvent exister l'un à l'exclusion de l'autre, ou qui, présents tous les deux, peuvent ne pas se fusionner ou se superposer, comme cela doit avoir lieu normalement )).

Notre schéma n'a jamais eu la prétention que d'exprimer et de résumer cette vérité clinique.

J'ai réuni ces faits et cité ces opinions de divers auteurs pour montrer que ce schéma du polygone n'est pas une chimère de mon seul esprit^, qu'il peut

1 . C'est moi qui souligne ce membre de ptirase, trouvant qu'il résume admirablement ma propre pensée.

2. « ... Il semble, dit [Iichf.t (^l.' homme et V intelligence, 1884, p. 281), qu'on puisse admettre à côté de l'aulomalisme

encore être défendu malgré les criliques dont il a été l'objet.

J'aurais pu citer encore d'autres observations, notamment l'application qu'en a faite Pansier * d'Avignon à l'étude de l'amaurose hystérique et à ce qu'il appelle la vision polygonale des hystériques. Mais, en choisissant mes exemples, j'ai surtout tenu à montrer que pour établir l'existence du schéma je ne me sers pas seulement des hystériques ^.

Cependant, à la lin d'une critique, d'ailleurs fort bienveillante, A. Binet'^ dit: « Ce sont là encore des questions bien obscures et il faudra bien, un jour, se décider à mettre de côté les hystériques et à étudier ces phénomènes sur des individus normaux sachant s'analyser exactement. »

L'analyse psychologique la plus fine des sujets normaux dissociera difficilement les centres de la vie automatique et des centres de la vie psychique supérieure. Chez l'homme sain, il faut la distraction intense touchant à la névrose pour opérer cette dis-

somatique un automatisme psychique. De même qu'il y a des réflexes bulbomédullaires, de même il y a aussi des réflexes cérébraux, psychiques... » Le polygone n'est que la réunion des centres de cet « automatisme psychique «.

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