B0N.T0UR, de Lausanne. Ibid., t. XII, 1898, p
10, Paul Joire, de Lille. Ibid., t. XIII, 1899, p. 39.
11, Bourdon, de Méru. Ibid., t. XIV, 1900, p. 176.
12, Théodore Potter. The med. rec. {Revue de l'hypnot., t. IV, 1890, p. 125).
i3. Auguste Voisin. Soc. d'hypnoL, 22 juillet 1891. Ibid., t. VI, 1892, p. ii4.
l'hypnotisme au point de vue thérapeutique /io5
par le chloroforme à la production du sommeil hypnotique chez les aliénés et les obsédés ».
Enfin Gibert ^ a pu faire des suggestions à une parturiente endormie par le chloroforme.
Donc, la chose est aujourd'hui bien démontrée, la suggestion intra ou posthypnotique est un bon moyen de produire l'anesthésie chirurgicale ou obstétricale.
Mais il va sans dire que ce moyen ne peut pas devenir une méthode générale à mettre en parallèle avec l'anesthésie par le chloroforme ou Féther, surtout pour cette raison qu'il ne peut être employé que chez les sujets très hypnotisables, connus comme tels et déjà entraînés : ce qui constitue une exception dans le personnel des services de chirurgie ou d'accouchements.
6. Un dernier paragraphe doit être consacré aux applications de l'hypnotisme et de la suggestion à la pédagogie, à cause des très nombreux travaux qui ont paru, depuis vingt ans, sur cette question et de la nécessité où l'on est (au moins à mon sens) de mettre les choses au point et de bien préciser les indications de cette méthode thérapeutique dans la puériculture: en pédiatrie plutôt qu'en pédagogie.
On peut reconnaître à Durand de Gros le mérite d'avoir préA^u et indiqué, sinon décrit et analysé,
I. Gibert, du Havre. Normandie médicale {Revue de Vhjpnnt., t. VII, 1898, p. 179).
/io6 HYPNOTISME ET SUGGESTION
cette application de Thypnotisme et de la suggestion.
Ce médecin écrivait en effet en 1860 : « le braidisme nous fournit la base d'une orthopédie intellectuelle et morale qui certainement sera inaugurée un jour dans les maisons d'éducation et dans les établissements pénitentiaires \ »
Mais c'est bien réellement Berillon qui a scientifiquement lancé la question au Congrès de l'Association française de Nancy en 1886- .
Il rappelle comment, entre les mains d' Auguste Voisin, l'hypnotisme s'est montré « un agent moralisateur de la plus grande efficacité » . un modificateur du caractère. Ces expériences sur l'adulte, Liébeault les a faites avec le même succès chez les enfants ^ qui sont tous suggestibles, d'après Bernheim. Dumont de Nancy a recueilli également un certain nombre de faits du même ordre. Enfin, on peut agir aussi par suggestion à l'état de veille.
Les conclusions de ce premier travail de Berillon soulèvent immédiatement une grosse discussion.
Blum, professeur de philosophie, ne croit pas qu'on puisse accepter aussi facilement « l'emploi d'une méthode qui portera atteinte à la liberté morale de l'enfant )>. « L'éducation ne doit pas tendre à transformer l'homme en une machine ; elle doit au con-
1. Durand de Gros. Cit. Bernheim. Revue de l'hypnot., t. I, 1887, p. 129. — Voir aussi Durand de Gros. Lettre à la Soc. d'hypnoL, 16 déc. iSgô. Be^'ue de l'hypnot., 1896, t. X, p. 337.