Voir Liébeault. Ihid., t. ITI, 1889, p
l'hypnotisme au point de vue thérapeutique /joy
traire susciter FelTort, favoriser l'cclosion des bons germes et faire avorter les mauvais. »
Liégeois répond qu'il ne faut pas voir dans l'hypnotisme un procédé d'éducation, mais seulement un moyen de réformer des natures viciées.
Malgré ce, il emploie un peu plus loin, comme Berillon, des expressions d'éducateur ; il admet pour l'hypnotisme un « but de moralisation et d'éducation » et il demande même au Congrès d'émettre un vœu dans ce sens.
On voit que, dès le premier jour, s'établit une confusion des plus regrettables (et dont nous souffrons depuis quinze ans) entre l'éducation du centre 0 (la véritable éducation) à laquelle l'hypnotisme ne peut rien et l'éducation du polygone ou plutôt le redressement du polygone malade, ce qui est absolument du domaine et de la compétence de l'hypnotisme.
Et alors Leclère, avocat à la Cour, s'étonne qu'un professeur de philosophie invoque la liberté morale de l'enfant alors que lui, professeur de philosophie, « ne fait pas autre chose que de violer cette liberté morale, pour peu qu'il s'efforce de lui faire accepter, par son enseignement, les doctrines philosophiques imposées par le programme. A ce compte, tout professeur qui inflige la moindre punition morale à un enfant qui refuse de travailler serait accusé encore avec plus de raison de porter atteinte à sa liberté morale » .
Voilà, apportées dans la pratique, les idées de Bernheim sur la définition trop vaste de la suggestion : toute idée imposée à l'esprit, toute influence d'un psychisme sur un autre.
Le président de la section, Félix Hement, inspecteur
4o8 HYPNOTISME ET SUGGESTION
général de F Université, remet mieux les choses au point, en disant qu' « il ne s'agit pas d'une méthode d'éducation à employer d'une manière générale, mais d'un traitement, d'un moyen curatifk appliquer à des intelligences ou à des natures vicieuses )).
Néanmoins, la question est mal lancée. Il faut bien reconnaître que le premier tort a été de faire cette communication à la section de pédagogie, alors que c'est une question de pédiatrie appartenant à la seule section des sciences médicales.
De cette confusion résTiltent des contradictions véritables comme dans le livre de Binet et Féré * où l'on voit d'abord la suggestion en pédagogie assimilée à un moyen d'éducation, à l'art de convaincre, de persuader— et, immédiatement après, la suggestion présentée comme un moyen dangereux dans l'éducation, puisqu'avec ce moyen « on risquerait fort de faire (des enfants) des automates, ce qui n'est pas précisément le but de l'éducation ».
Berillon s'efforce bien, dans ses communications ultérieures, de réserver la suggestion aux enfants malades. Il parle ^ exclusivement d'enfants « vicieux », « impulsifs », de « sujets mauvais, vicieux ou malades » et il ajoute expressément « que l'emploi de ce procédé devrait être surtout réservé pour les cas où tous les autres moyens rationnels d'éducation auraient échoué et qu'il ne devrait être appliqué que sous la direction de médecins compétents et exercés » .
Mais Bernheim^ élargit de nouveau la question. Il