‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 177 sur 218 · ScHRENCK NoTxiNG. Rapport cité, p · texte numérisé non relu

ScHRENCK NoTxiNG. Rapport cité, p

4. Voir, pour tout ce paragraphe, le Rapport cité de Schrenck.

NOTZING, p. 23.

I\fl8 nip\OTiSM[<: et suggestion

été l'objet d'un procès. Si on veut endormir le sujet à voler, on préfère le chloroforme*.

Laurent mentionne un cas dans lequel un avortement fut provoqué par la suggestion au sujet qu'elle éprouverait les symptômes de l'avortement dans un temps donné. « D'autre part, depuis que l'hypnose est employée contre les douleurs de l'accouchement, il est devenu possible d'opérer une substitution d'enfant, de remplacer une lille par un garçon, etc. ».

« On pourrait supposer aussi par exemple qu'un individu se fasse suggérer une maladie ou des blessures volontaires pour échapper au service militaire. 11 serait de même, semble-t-il, possible de provoquer un suicide par la suggestion hypnotique... )).

En somme, tout cela n'a pas grande importance en dehors des attentats aux mœurs.

2. On peut prévoir les difficultés de la mission du médecin expert dans des affaires de ce genre : une femme accuse un individu de l'avoir endormie et de l'avoir violée dans l'hypnose, alors qu'elle était inconsciente.

D'après tout ce que nous venons de dire, l'expert dira facilement que la chose est possible ; mais cela ne suffit pas et il faut dire si la chose est vraie ou vraisemblable.

Or, le principal témoin sinon le seul c'est Faccu-

I. (( Nous ferons d'abord remarquer qu'il serait bien [)lus facile à un criminel d'endormir sa victime avec du bromure d'éthvle ou de la morphine que de l'h^'pnotiser. » Paul Joire. Rapport au 11^ Contres internat, de l hjunot., i()00, p. i34.

HYPNOTISME ET SUGGESTION DEVANT LA JUSTICE /| /l Q

sateiir ; et cet accusateur, suspect déjà par lui-même, le devient encore plus dans l'espèce par ce fait que c'est, un sujet hypnotisable ou qui dit l'être, c'est en tous cas un sujet nerveux, impressionnable, le plus souvent hystérique.

Nous étudierons plus loin les mensonges et les faux témoignages dans l'hypnotisme. Dès à présent, nous devons envisager ici deux circonstances auxquelles l'expert doit toujours penser : le sujet peut tromper volontairement le juge et l'expert soit pour dissinuder la vraie cause et le véritable auteur de sa grossesse, soit pour faire chanter celui qu'elle accuse du crime — ou bien le sujet peut se tromper, c'està-dire chercher inconsciemment à tromper le juge et l'expert, croyant elle-même à la réalité du crime, d'ailleurs faux, qu'elle attribue à Taccusé.

a. Le sujet cherche volontairement à tromper le médecin et le juge.

Nous avons observé \ avec Rauzier, un cas bien curieux dans lequel une jeune fille enceinte nous fit croire pendant un certain temps qu'elle avait été violée dans le sommeil hypnotique par un colporteur. Et le colporteur existait, l'avait vue seule, un jour, chez elle ; seulement c'était deux mois après la conception. Sans quoi il eut pu être condamné.

« D'après Schauenstein, sur i 200 plaintes de ce genre déposées en France de i85o à i85/i, 5oo étaient

1. Le roman d'une hystér. Histoire vraie pouvant servir à l'hlst, médico-légale de l'hystérie et de l'hypnot. Leç. de Clin, méd., t. I, p. 4oi.

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injustifiées. En Angleterre, sur une moyenne de 12 plaintes, une seule est fondée ^ »

Comment le médecin doit- il conduire son expertise dans ces cas où il soupçonne une accusation volontairement fausse ?

Il doit d'abord s'éclairer des circonstances du fait ; ce qui est souvent important : conduite antérieure, moralité du sujet ; rapports connus avec l'accusé, situation de celui-ci...

Puis il faut étudier le nervosisme du sujet, ses stigmates et les symptômes actuels ou passés d'hystérie ou de toute autre névrose.

Il est ensuite nécessaire de savoir si le sujet est hypnotisable et facilement hypnotisable, si elle l'est dans les conditions où elle prétend avoir été endormie. Pour cela, il faut rechercher soigneusement les commémoratifs, savoir si elle a été sûrement endormie dans d'autres circonstances, de quelle manière, à quel degré, si elle a assisté à des séances d'hypnotisme, où, comment, combien de fois... Enfin on doit, si elle y consent, l'hypnotiser (si les magistrats autorisent) non pour lui extorquer la vérité (nous retrouverons ce point au chapitre deV hypnotisé témoin^, mais pour voir si elle est hypnotisable, quel genre et quel degré d'hypnose elle a réalisé, si elle le réalise facilement ^.

Enfin il faut bien noter le récit que fait le sujet de

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