Revue de l'hypnot., t. IV, 1890, p
3. « Le véritable auteur du crime est celui qui l'a fait commettre ; c'est lui qui en est seul responsable ; ainsi l'a déclaré
Grasset. (2*' éd.) • 36
délit commis par rauteur principal ; ce qui permet de condamner l'hypnotiseur, tout en reconnaissant l'irresponsabilité de l'hypnotisé \ »
Seulement, il est nécessaire de préciser que pour soutenir l'irresponsabilité complète du sujet dans ces cas il faut adopter la définition étroite et précise delà suggestion, telle que nous l'avons défendue dans tout ce livre, et non la définition large et vaste de Bernheim.
En effet, Bernheim et tous ceux (très nombreux) qui font de la suggestion une influence psychique quelconque sur un autre psychisme étendent par là même énormément l'irresponsabilité ou plutôt la suppriment pour la remplacer par une chaîne continue de responsabilités plus ou moins diminuées, appliquant et développant la phrase de Tarde : la responsabilité absolue et l'irresponsabilité absolue sont des limites idéales que les faits ne réalisent pas^
D'ailleurs, Bernheim a exposé et développé sa doctrine avec autant de netteté que de talent : a la suggestion joue un rôle dans presque tous les crimes » , dit-il ^. Et il la montre dans le crime d'Emile Henry,
la Cour de cassation dans son arrêt du 27 juin i846 » (Pro\l). Berillon ajoute (^Revue de l'hypnot., t. ^ , 1891, p. 166 et 167) que les principes de notre article 64 se retrouvent: dans l'art. 71 du Gode pénal belge, dans l'art. 4o du nouveau Code pénal des Pays-Bas, dans l'art. 5i du Code pénal allemand et dans l'art. 76 du Code pénal hongrois, promulgué en 1878.
1. Ch. Julliot. Rapport cité. 11^ Congrès internat, de ihypnot., 1900, p. ii3.
2. Tarde. Cit. Henri Lemesle. L'évolution de l'idée de responsabilité. Revue de l'hypnot., t. X, 1896, p. 3o4-