‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 34 sur 218 · Grocq. Loco cit., p · texte numérisé non relu

Grocq. Loco cit., p

3. Pitres. Leç. clin, sur l'hyst. etChypnot., 1891,1. II, p. 94.

dent cliapitre fait prévoir la position que je vais prendre dans ce débat.

11 est impossible d'identifier l'hypnotisme à l'hystérie comme le voudraient certains élèves de Chaucot.

Sans généraliser le dire de Beiullon cité plus haut, ni celui de Bitot^ qui, sur 22 hystériques mâles, n'a trouvé qu'un seul sujet hypnotisable, il est certain que tous les hystériques ne sont pas hypnotisables ' et que beaucoup de sujets hypnotisables ne présentent d'autre part aucun signe d'hystérie.

En même temps, contre l'Ecole de Nancy, on ne peut pas dire quel'hypnose soit un état absolument physiologique et, pour déclarer hypnotisables les gS pour 100 des sujets, il faut compter des états tellement légers et peu accentués que leur catégorisation est réellement douteuse.

Je me rangerai volontiers, sur ce point, à la conclusion de Crocq, quand il dit : « d'après mes expériences, je puis porter à 80 pour 100 le nombre des sujets hypnotisables ; mais, parmi ces 80 sujets, la plupart n'atteignent que les états superficiels, somnambuloïdes, de l'hypnose; il n'y a environ que 10 à i5 pour 100 d'entre eux qui présentent le somnambulisme véritable. »

Donc, tout le monde n'est pas hypnotisable.

2. Dès lors, une seconde question se pose: quels sont les sujets hypnotisables'^

1, BiTOT. Mercredi médical, 21 janvier 1891.

2. « GuiNON, Grasset, Pitres, etc., ont souvent rencontré des malades, atteints de la grande névrose, chez lesquels il était impossible de produire l'hypnose » (Crocq, loc. cit., p. 72).

KTIOLOGIK DE L KTAT DE SlJGGESTllUMTE QO

Ici, je ne crois pas qu'il y ait grande discussion possible : les liypnolisables sont les nerveux, les névropathes, les sujets à désagrégation suspolygonale facile.

c( Bien que l'Ecole de Nancy prétende que les hommes sont aussi hypnotisables que les femmes, je crois, dirai-je avec Grogq, je crois ces dernières beaucoup plus souvent accessibles au sommeil provoqué. Les enfants sont plus sensibles au sommeil hypnotique que les adultes, les vieillards le sont au contraire moins ; les personnes anémiques ou épuisées par la maladie sont plus facilement hypnotisables que les autres. »

Cette prédisposition des enfants à l'hypnose est contestée par Heidetvhaim, qui les croit difficiles à endormir, parce qu'ils sont incapables d'attention soutenue.

Mon collègue Vires * a très bien résumé les prédispositions des sujets à l'hypnose.

(( Héréditaires, elles se marqueront parfois par ses tares physiques, des signes extérieurs de dégénérescence, des tics, d'autres fois par des stigmates psychiques de dégénérescence : elles élèveront les aptitudes nerveuses et les héréditaires subiront avec une facilité exceptionnelle, l'influence hypnotique. Acquises, elles seront causées par des intoxications chroniques, des infections, des toxi- infections, toutes les causes de chagrin, des émotions profondes, des perturbations mentales... Cette aptitude variera suivant les types intel-

I. Vires. L'hjpnot. et les suggest. hypnot. Nouveau Montpellier médical, 1901, p. 82 du tir. à part.

Icctuels. Les- gens du peuple, les cerveaux dociles, les anciens militaires, tous les cerveaux plies à Tobéissance passive ou encore à l'état de pâte molle, tels celui des enfants et de nombre d'adultes, sont plus aptes à la suggestion que les cerveaux raisonneurs et raffinés, que les intellectuels, les gens de commandement, d'énergique activité... »

En somme, sont hypnotisables les sujets dont le polygone est malléable, déjà à Tétat normal.

L'éducation et la suggestion interviennent aussi puissamment pour créer cette malléabilité polygonale et faciliter l'hypnose.

« Le sommeil nerveux, dit Pitres, s'établit plus facilement chez les personnes qui ont assisté antérieurement à des expériences d'hypnotisme.., le sommeil se produit d'autant plus facilement et d'autant plus rapidement que les sujets ont été plus souvent hypnotisés. Il y a une sorte d'éducation hypnotique en vertu de laquelle la sensibilité aux influences hypnogènes augmente à mesure qu'on répète les séances d'hypnotisation. »

Voilà les causes prédisposantes de l'hypnotisme, les circonstances qui développent chez le sujet la tendance à rhypnose, la possibilité d'être endormi.

3 . Peut-on reconnaître les sujets hypnotisables et à quels signes ?

OcHOROwicz, en i884, a présenté à la Société de Biologie un hypnoscope qui permettrait de reconnaître les personnes hypnotisables. C'est un aimant entre les branches duquel on place le doigt (de ma-

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nière à toucher les deux pôles à la fois). En deux minutes, les sujets présenteront divers phénomènes subjectifs (souffle froid et chaud, fourmillements et picotements, sensation de gonflement dans la peau, d'engourdissement dans les muscles, de douleur, lourdeur, etc.) et objectifs (mouvements involontaires, insensibilité, paralysie ou contracture^).

Ces effets suggestifs de l'anneau d'OcHOROw^icz ne sont pas constants. De plus, j'ai montré" que quand il réussissait, un anneau identique, non aimanté, pouvait produire absolument les mêmes effets. Cet appareil est abandonné.

Il pourrait seulement servir à tâter la suggestibilité des sujets à l'état de veille : on l'appliquerait, aimanté ou non ; on annoncerait les effets et on verrait ceux qui les éprouvent réellement.

« Dans l'état actuel de nos connaissances, dit Pitres avec raison, rien ne permet de reconnaître a priori si telle personne déterminée doit s'endormir facilement et telle autre ne pas s'endormir du tout. »

Il n'y a donc qu'un moyen de se rendre compte de la chose et de savoir si un sujet est, ou non, hypnotisable : c'est d'essayer.

Et encore faut-il se rappeler ce que j'ai dit plus

T. Voir aussi la communie, du même auteur sur la sensibilité hypnotique au Congrès de psychol. physiol, de 1889, in Bulletin nié die, 18 août 1889.

2. Note sur l'hypnoscope d'OcHOROwicz. Eevue de l'hypnotisme, 1887, p. 3i6 et Leçons de clin, médic, t. I, p. 670. — Dans le même volume de la Revue de rhypnotisme est (p. 870) une Note de Delbœuf qui aboutit absolument à la même conclusion.

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haut de l'influence de l'éducation : un sujet peut ne pas s'endormir à la première tentative et s'endormir à la deuxième ou à la troisième. Righet en cite un bel exemple \

BiNEï ^ a consacré d'intéressantes études à cette question : peut-on, à l'état de veille et sans aucune pratique d'hypnotisation, déterminer le degré de suggestibilité de chacun P

Nous citerons, en étudiant la suggestion à l'état de veille, plusieurs de ses expériences qui sont intéressantes.

Seulement je suis obligé de noter dès à présent que BiNET donne au mot suggestibilité le sens très général que lui donne Ber^jueim et que nous avons combattu : au fond il n'exige pas la désagrégation de 0 et du polygone, au contraire, et par suite il étudie l'impressionnabilité des sujets aux insinuations, l'impressionnabilité du psychisme entier, 0 et polygone ensemble.

Ainsi il fait écrire à des enfants la couleur de divers cartons qu'il fait passer sous leurs yeux ; à un certain moment, quand un carton vert passe, avant que l'enfant l'ait écrit, il lui souffle bleu. Souvent l'enfant écrit 6 /^li en effet, ou bien il hésite ••• (p. 21 5).

Est-ce là de la suggestion vraie? Non, au sens que je maintiens au mot. L'enfant n'est pas en état de

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