Charles Richet. L'homme et rintellig., i884, p
2. BiNET. La suggestibilité. Bihlioth. de pédagogie et de psychoL, 1900.
KTIOLOGIE DE 1. ETAT DE SCGGESTIBILITE Q^
désagrégation suspolygonale ; il s'applique à reconnaître les couleurs avec son centre 0. Etla suggestibilité de 0, Timpressionnabilité de 0, la timidité et la méfiance de lui-même de 0 ne sont pas du tout la suggestibilité vraie, la suggestibilité du polygone désagrégé.
La meilleure des preuves de la différence de ces deux états est que, comme le fait très justement remarquer Binet, ses expériences développent le centre 0 aux dépens de l'automatisme, tandis que l'hypnotisme développe l'automatisme aux dépens de O
Et il conclut, non moins justement (p. 2^2) : « Les différences de degré ont en pratique une importance énorme et il y a véritablement un abîme entre notre suggestion pédagogique qui influe seulement sur l'appréciation d'une longueur de ligne ou d'une nuance de couleur, et la suggestion médicale ou hypnotique qui peut faire manger à un malade des pommes de terre crues qu'il prend pour des gâteaux. Dans ce dernier cas, nous avons une tentative d'asservissement d'une intelligence, et c'est là ce que WuNDT considère comme une immoralité ; le sujet devient la chose de l'expérimentateur ; on pèse sur lui jusqu'à ce que sa résistance soit vaincue et sa servilité complète ; et le résultat de cette tentative est de le rendre plus suggestible, plus servile pour une autre occasion. Dans nos expériences scolaires, au contraire, l'effort que nous faisons pour influencer le sujet est cent fois plus discret; il a pour but non de l'asservir, mais d'éprouver son degré de résistance, n'est-ce point là toute autre chose ? »
Grasset, (a*^ éd.) 6
Ce sont là bien réellement deux choses différentes et cela pvouve bien, contre Bernheim, que la suggestion n'est pas toute insinuation de l'idée d'un individu dans le cerveau d'un autre et que l'état de suggestibilité vrai suppose la désagrégation, suspolygonale, des centres psychiques supérieurs 0 et des centres psychiques inférieurs polygonaux \
II. Le consentement du sujet est-il nécessaire pour qu'il puisse être endormi?
En général, on peut répondre : oui.
Non seulement il est beaucoup plus facile d'endormir quelqu'un qui s'y prête, qui y consent et le désire, mais encore il est le plus souvent impossible d'endormir quelqu'un sans son consentement.
Cependant le principe n'est pas absolu et je ne crois pas que l'on puisse dire avec Bernheim' que les divers modes d'hypnotisation ne peuvent réussir que si le sujet auquel ils s'adressent est prévenu de ce qu'on attend de lui,
La meilleure des preuves que le consentement du sujet n'est pas indispensable est fournie par les faits dans lesquels on a pu transformer le sommeil naturel en hypnose chez des sujets non prévenus, ignorants de la manœuvre et par suite non consentants^.
1. C'est dans le même ouvrage (p. 11) que Bimît dit que j'ai « montré l'inconvénient que peut présenter la schématisation à outrance des phénomènes de suggestion » et ajoute (p. 12) qu' « il n'y a point de séparation nette entre la vie psychique supérieure et la vie automatique » .