Résumé et conclusions
I. Pour comprendre l'état de suggestibilité et par suite pour analyser, au point de vue psychophysiologique, l'hypnotisme et la suggestion, il est indispensable de bien connaître d'abord ce que l'on appelle V automatisme supérieur ou psychisme inférieur.
6 HTP^OTLSMK ET SUGGESTION
C'est une fonction automatique qui n'est pas l'arc réflexe ordinaire, puisqu'elle aboutit à des actes coordonnes, intelligents, spontanés dans une certaine limite.
C'est une fonction psychique, dont les centres sont dans l'écorce grise cérébrale, et qui doit être cependant soigneusement distinguée de la fonction psychique supérieure, siège de l'intellcctualité supérieure, de la personnalité pleine et vraie, de la conscience entière et morale, de la liberté et de la responsabilité.
De cette double caractéristique dérivent les deux expressions par lesquelles on désig-ne cette fonction : automatisme supérieur, psychisme inférieur.
L'analyse et Tétude en sont toutes récentes. C'est en partant des beaux travaux de Pierre Jainet^ et en les commentant que j'ai 'déjà exposé la question en
D'une manière générale, un acte est dit automa-
I. l^jjERRE Janet. L'autonialisDie psychologique ; essai de psychologie expérimentale su?^ les formes inférieures de l'activité humaine. Thèse dé doctorat es lettres, 1889; 2<= édition, in Bibliothèque de philosophie contemporaine, in-8", iSg'i. — Etat mental des hystériques ; les stigmates mentaux iw Bibliothèque Charcot Debove, 1898. — Etat mental des hystériques • les accidents mentaux. Thèse de doctorat en médecine et Bibliothèque Charcot Debove, iSgS.
3. De raulomatismc psychologique (psychisme inférieur; polygone cortical) à l'état physiologique et pathologique. Leçons recueillies et publiées par le D'' Vedel. Nouveau Montpellier médical, mars 1896 et Leçons de Clinique médicale, t. III, 1898, p. 122.
tiqiie^ quand il présente tous les caractères de la spontanéité et qu'en même temps il n'est pas voulu librement.
La spontanéité complète et vraie est un non-sens scientifique, tout mouvement étant une transformation d'un mouvement antérieur ; mais dans le mouvement automatique il y a apparence de spontanéité parce qu'il n'a pas besoin d'une impulsion extétérieure actuelle pour être réalisé. — C'est ce qui le distingue de l'acte réflexe simple comme le soulèvement de la jambe par le choc du tendon rotulien.
D'autre part un acte n'est automatique que quand il n'est pas voulu librement, quand il est fait involontairement, sans réflexion, machinalement ; il est, comme dit Janet, « soumis à un déterminisme rigoureux sans variations et sans caprices ». — C'est ce qui le distingue de l'acte psychique supérieur.
Les actes automatiques supérieurs ont donc des centres distincts, d'une part des centres psychiques supérieurs, de l'autre des centres réflexes.
Ces centres ne sont ni dans l'axe bulbo-médullaire (réflexes) ni même dans les centres basilaires et mésocéphaliques (réflexes supérieurs, automatisme inférieur). Ils sont dans l'écorce cérébrale, mais se distinguent des centres du psychisme supérieur, également situés dans cette écorce cérébrale.
Pour ex])rimer cela clairement et en faciliter l'exposition, je me sers habituellement, dans mon enseignement, du schéma ci joint.
I. \oir llicHET. Article Automatisme in Dictionnaire de Physiologie.
HYPNOTISME ET SLGGESTIO.N
c^ nv /C-
a^ Cf
FiG. I. — Schéma géoéral du centre psychique supérieur O et des centres psychiques inférieurs (automatiques supérieurs).
O : centre psychique supérieur de la personnalité consciente, de la volonté libre et du moi responsable : écorcc cérébrale du lobe préfrontal (?)
AVTEMK : polygone des centres psychiques inférieurs ou de l'automatisme psychologique.
A : Centre auditif : écorce des circonvolutions temporales.