‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 5 sur 218 · V : Centre visuel : écorce de la région caicarinienne · texte numérisé non relu

V : Centre visuel : écorce de la région caicarinienne

T : Centre tactile (sensibilité générale) : écorce de la région périro- 1 landique. I

K : Centre kinétique (mouvements généraux): écorce de la régiori périrolandique.

M ; Centre de la parole : écorce du pied de la 3" frontale gauchcj

E : Centre de l'écriture: écorce du pied de la 2' frontale gauchtf

aA, uV, <T : voies centripètes de l'audition, de la vision, de la sens/ bilité générale...

Ee, Mm, K/c: voies centrifuges de l'écriture, de la parole, des rao' vements...

EA, EV, ET, ME, MK, MV, MA, MT, KV, KA. KT...; voj intrapolygonales.

LE PSYCHISME IISFKRlEt H 9

Kn 0 est le centre psychique supérieur formé, bien entendu, d'un grand nombre de neurones distincts : c'est le centre du moi personnel, conscient, libre et responsable.

Au-dessous est le polygone (AVTEMK) des centres automatiques supérieurs : d'un côté les centres sensoriels, de réception, comme A (centre auditif), V (centre visuel), ï (centre de sensibilité générale) ; de l'autre, les centres moteurs, de transmission, comme K (centre kinétique), M (centre de la parole articulée), E (centre de l'écriture).

Ces centres, tous situés dans la substance grise des circonvolutions cérébrales, sont reliés entre eux de toutes manières par des fibres transcorticales, intrapolygonales, reliés à la périphérie par des voies souspolygonales, centripètes («A, /'V, ^T) et des voies centrifuges (Ee, Mm, T/) et reliés au centre supérieur 0 par des fibres suspolygonales : les unes centripètes (idéosensorielles), les autres centrifuges (idéomotrices).

On peut avoir, ou non, conscience des actes automatiques, suivant que l'activité automatique est communiquée ou non au centre 0, qui est le centre de la conscience personnelle.

La conscience ou finconscience ne doit donc pas figurer dans les caractères essentiels des actes polygonaux ou automatiques supérieurs : ils ne deviennentconscients que par l'addition de l'activité de 0 à l'activité propre du polygone.

Mais les actes polygonaux sont des actes psychiques, parce qu'il y a de la mémoire et de Tintellectualité dans leur fonctionnement.

lO HYr^OTISME ET SUGGESTION

Un exemple, emprunté à la physiologie du langage, rendra très claires ces notions, un peu arides dans leur forme synthétique.

• Un sujet lit à haute voix. S'il fait allcntion à ce qu'il lit, y pense, continue volontairement sa lecture, l'interrompt par des réflexions personnelles, c'est que f son centre 0 est compris dans le cercle ï'YOMm. Si au contraire il dicte ce qu'il lit ou s'il lit à une autre personne sans penser à ce qu'il lit, s'il lit automatiquement, le cercle ne comprend plus 0, il ne comprend que yMMin ; c'est im acte purement polygonal et avec 0 il peut penser à autre chose.

Si on parle avec un sujet, ce sujet peut répondre consciemment et volontairement et alors 0 intervient ; ou bien il répondra automatiquement sans se donner le temps d'y penser et d'y réfléchir et alors il parle avec son seul polygone sans intervention de 0.

2. A l'état normal et physiologique, tous ces centres interviennent en général tous ensemble, leurs actions s'intriqucnt et se superposent. De là, les difficultés qu'on a à 'bien étudier la fonction automatique supérievu^e. Pour l'analyser sérieusement il ftuit la dégager, il faut tâcher de réaliser le fonctionnement isolé du polygone.

Dans la vie courante, on ne peut discerner l'automatisme qui est aux ordres du psychisme supérieur. Il faut donc trouver des états psychologiques dans lesquels il y ait une certaine dissociation entre 0 et le polygone, une sorte de désagrégation mentale suspolygonale, qui permette d'étudier à part le

Iniicliuiincmcnt du polygone, sans perturbation de 0.

Ces conditions se trouvent réalisées dans la distrac- , lion et le sommeil, qui sont de bons états psychologiques pour étudier l'activité automatique.

Un homme est distrait quand, à un moment donné, il pense à une chose et en fait une autre. Le fait se produira, soit quand 0 sera faible, fatigué, mobile, abdiquera la direction qu'il doit exercer normalement sur les centres polygonaux, soit au contraire quand 0 sera fortement fixé, absorbé par une préoccupation ou par une idée. Dans les deux cas, 0 est dissocié du polygone ; chacun d'eux bat sa marche ; la collaboration habituelle est rompue ; il y a désagrégation psychique entre les centres psychiques supérieurs et les centres .psychiques inférieurs.

Quand Archimède sort dans la rue en costume de bain, il marche avec son polygone et crie Eurêka avec son 0. Xavier de Maistre a gracieusement dépeint les actes de son polygone qui le conduit chez l\[me ^g Hautcastel quand 0 voudrait aller à la Cour, qui fait et prend le café, se brûle les doigts en faisant griller le pain et, sans M. Joannetti, mettrait ses bas à l'envers ou sortirait sans épée.

Les actes du distrait ne sont pas volontaires et libres, par conséquent ne dépendent pas de 0 ; ils sont coordonnés, intelligents et spontanés, par conséséquent sont psychiques. Ces actes sont d'ailleurs des actes que nous avons Vhabitiide de ftiire ; ils sont bien spontanés, mais ne sont pas nouveaux, les centres polygonaux ne se formant ou plutôt ne se meublant que par l'habitude.

Un débutant ne pourrait pas jouer du piano et

chanter correctement à côté de son serin agonisant, et en suivant douloureusement toutes les phases de son agonie comme l'actrice dont parle Darwin.

CoNDiLLvc distinguait en lui le Moi d'habitude et le Moi de r.éflcxion: le premier est polygonal, le second en 0.

Ces actes automatiques de distraction sont d'ailleurs conscients ou non, suivant le degré de fonctionnement des fibres suspolygonales : on peut reconnaître sa distraction à un moment donné et même alors 0 peut retrouver dans son polygone une impression qui s'y était déposée à son insu. De même, la volonté prendra, abandonnera ou reprendra, suivant les moments, la direction des actes polygonaux de distraction.

Les actes d^habitade, d'instinct, de passion sont de même, dans beaucoup de cas, des actes automatiques accomplis par le polygone pendant que 0 est distrait.

C'est encore dans le même groupe que je placerai V entraînement grégaire, dont certains font de la. suggestion à l'état de veille. Nous en reparlerons dans notre dernier chapitre des limites de l'hypnotisme.

La distraction est donc la première preuve de l'existence de l'automatisme supérieur à l'état physiologique et en même temps c'est le premier exemple de désagrégation mentale, de dissociation fonctionnelle entre les centres psychiques supérieurs et les centres psychiques inférieurs, chez un sujet absolument normal et sans maladie.

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