‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 63 sur 218 · I. Charles Richet. Loco cit., p. i · texte numérisé non relu

I. Charles Richet. Loco cit., p. i

sur des polygones, également désagrégés, mais doués d'une activité propre (psychique) beaucoup plus e:rande.

L'effet que nous obtenions sur un mouvementdans les cas précédents, on peut le rechercher et l'obtenir sur une attitude ; on peut, par suggestion kinesthésique, provoquer la continuation d'une attitude, comme nous avons provoqué la continuation d'un mouvement : c'est la catalepsie suggestive, très bien étudiée par Bernheiim.

Nous avons vu que c'est à ce groupe qu'appartiennent la plupart des phénomènes observés dans l'hypnose des animaux.

Chez l'homme, on réussit par des suggestions plus ou moins simples, suivant les sujets.

Ainsi chez l'un il suffit de lui élever le bras, pour qu'il le maintienne dans cette position ; à un autre, il faut le maintenir un certain temps dans la position qu'on veut lui voir garder. Enfin chez d'autres il faut nettement suggérer qu'ils ne peuvent plus modifier l'attitude imprimée à leur membre.

Il y a aussi des variétés dans le degré de la catalepsie obtenue.

« Entre la catalepsie que le sujet peut rompre et la catalepsie complètement irrésistible, on observe tous les degrés, et ce degré est à mes yeux, dit Bernheim\ une des meilleures mesures pour juger la profondeur

I. Berxheim. Hypnotisme, suggestion, psychothérapie . Etudes nouvelles, 1891, p. io5.

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de l'influence suggestive, pour apprécier jusqu'à quel point la volonté est paralysée ou impuissante », pour apprécier, dirons-nous, le degré de la désagrégation suspolygonale.

Insistant sur ces variétés cliniques de la catalepsie, Bernheim ajoute * : « tantôt la catalepsie est flasque, si je puis dire ; le membre fixé en l'air retombe à la moindre pression exercée sur lui. Tantôt la catalepsie est plus ferme, sans être rigide, catalepsie cireuse. Les membres obéissent aux mouvements imprimés, se laissent étendre et fléchir docilement comme une cire molle (flexibilitas cerea) ; on peut étendre certains doigts, fléchird'autres, plier une cuisse, étendre Fautre, asseoir le malade, incliner la tête sur une épaule, communiquer aux divers segments du corps les attitudes les plu-^ bizarres ; elles restent figées, comme un mannequin articulé, dans la position communiquée ; ils suivent le mouvement donné, sans le dépasser. Tantôt enfin la catalepsie est rigide, s'accompagne d'une vraie contracture qui ne se résout que par la suggestion. Je lève par exemple un bras verticalement; il reste fixé, contracture. Si on veut le baisser, il oppose une grande résistance à la main qui cherche à le réprimer ; si on a vaincu cette résistance et qu'on abandonne ce membre, il reprend comme un ressort la position première verticale en l'air. C'est une vraie catalepsie rigide que j'appellerai catalepsie tétanique. Aussitôt le sujet endormi, je lève bras et jambes, sans rien dire ; ils se fixent immédiatement, comme tétanisés dans l'attitude communi-

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