I. Bernheim. De la suggestion, 3^ édit., 1891, p
ÉTUDE Ai\AL\ TIQUE DES SUGGESTIOINS 189
qiiée... Chez quelques sujets, tout le corps peut être ainsi immobilise et tétanisé, si bien qu'on peut mettre la tête sur une chaise, les pieds sur Fautreet peser sur le corps sans rompre la contracture. »
Ces faits sont très intéressants parce qu'ils montrent les différences de réaction des divers polygones. Des suggestions analogues" ou même identiques déterminent une liyperkinésie polygonale très diverse suivant les sujets, sur lesquels on opère.
4. Dans tous les groupes précédents, la suggestion, dite positive, avait pour aboutissant un mouvement. Il nous reste à parler des suggestions motrices né(jatives, c'est-à-dire celles qui aboutissent à l'absence, à l'impossibilité d'un mouvement, à une paralysie.
Déjà, dans les suggestions motrices positives, on peut saisir une action inhibitrice. Car, dans tout mouvement, si certains muscles se contractent, d'autres se relâchent. On conçoit donc l'action suggestive diminuant ou supprimant la motricité dans certains muscles ou certains groupes musculaires.
La suggestion motrice négative n'est que le plus haut degré de cette suggestion inhibitrice.
La transition de la suggestion positive à la suggestion négative apparaît d'ailleurs nettement par les expériences dans lesquelles on arrête un mouvement suggéré.
A un sujet qui marche par suggestion, Ber>heim dit : « Vous ne pouvez plus avancer » ; immédiatement, il s'arrête et fait des efforts inutiles pour avancer, il reste cloué sur place. — ■ « Vos jambes ne peuvent
igO HYPNOTISME ET SUGGESTION
plus VOUS porter » ; il tombe, comme paralysé. — « La jambe droite seule est paralysée »; il traîne la jambe droite...
On peut suggérer que cette paralysie survivra au sommeil et le sujet présente une paralysie persistante au réveil, que nous retrouverons au chapitre des suggestions posthypnotiques.
Ces paralysies suggérées ont été rapprochées par Charcot des paralysies psychiques, paralysies dépendant d'une idée de Ri ssell Reynolds (1869), paralysies par imagination d'ERB (1878).
Voici par exemple un fait de Reïnolds qui peut bien être rapporté à Tautosuggestion.
Une jeune fdle ' « vivait seule avec son père qui avait subi des revers de fortune et qui, à la suite de chagrins prolongés, devint paralytique. Elle subvenait aux besoins du ménage en donnant des leçons qui la forçaient de faire de longues courses dans la ville. Sous Finfluence de la fatigue déterminée par ces marches, Tidée lui vint qu'elle pourrait devenir paralysée elle-même et qu'alors la situation serait terrible. Sous l'influence de cette idée persistante, elle sentit ses membres inférieurs s'affaiblir ; et au bout de peu de temps, la marche devint complètement impossible... ».
C'est à une autosuggestion du même genre que Charcot attribue toutes les paralysies de Thystérotraumatisme.
L'Ecole de la Salpêtrière ' a fait, des caractères de