‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 98 sur 218 · Crocq. Loco cit., p. i3g · texte numérisé non relu

Crocq. Loco cit., p. i3g

2. Tarchanoff. Neurul. CentrabL, i884. Cit. Julks Sourv, p. 1260.

3. Voir, pour tout le paragraphe qui suit. Jules Soury. Le système nerveux central, 1899, p. n85 et suiv.

convolution suprasyl vienne d'Owen... la stimulation des mêmes régions de l'écorce fut suivie d'un ralentissement de la respiration avec inspirations plus profondes et expirations plus ralenties selon le degré d'intensité du stimulus )).

La même année, Hitzig constate que « consécutivement aux extirpations de l'écorce cérébrale, une élévation de la température se produit sur la moitié opposée du corps ; la chaleur est assez intense pour être sentie par la peau ».

En 1875, BocHEFONTATNE et Lepine démontrent « que la faradisation de l'écorce cérébrale, et en particulier du gyrus sigmoïde, fait sécréter les glandes sousmaxillaires comme les glandes parotides, et sans doute les glandes sublinguales, bref, toutes les glandes salivaires... Pour ces savants, le territoire cortical en rapports fonctionnels avec la sécrétion salivaire s'étendait des régions antérieures des hémisphères jusqu'au centre du facial de Hitzig inclusivement )).

« Chez l'homme, l'hypersécrétion salivaire, la salivation abondante, le crachement incessant (sialorrhée, ptyalisme) sont des symptômes connus de certaines affections mentales et nerveuses... Esquirol, Fodéré, etc. avaientdéjàdécritcesphénomèneschezlesaliénés. »

Et, dès cette même année 1876, Tamburini rapprochait ces faits cliniques des faits expérimentaux : (( le travail morbide, disait-il, qui envahit les cellules corlicales, organes de la pensée, doit léser celles dont l'irritation influe sur la sécrétion salivaire. »

Pour BocHEFONTAiNE (1876) « tous Ics poiuts du cerveau, qui ont une action sur les mouvements des différentes parties du corps, ont également de Faction

sur les mouvements respiratoires du thorax» et François Franck professait uue opinion analogue.

Dans ces expériences « sur l'influence exercée par la faradisation de l'écorce cérébrale sur les fonctions de la vie organique » , Bochefontaine « a vu les contractions de l'intestin grêle et du gros intestin, consécutives à l'excitation, varier d'intensité dans les différentes parties du tube digestif. .. »

Le même auteur « a observé des contractions intenses, extrêmement nettes, de la rate en excitant quatre points de la partie antérieure du cerveau... ».

Pour le foie et le pancréas, l'excitation faradique du cerveau arrêtait, au lieu de provoquer, leur sécrétion. (( La faradisation de la circonvolution cérébrale qui entoure le sillon crucial » a sur ces organes « une action d'arrêt, une influence modératrice ».

Le même auteur « a déterminé quatre points au moins de la circonvolution entourant le sillon crucial dont l'excitation faradique agit sur l'appareil urinaire ». L'animal urine plus ou moins abondamment. « La vessie, le plus ordinairement, ne se vide pas complètement, d'vm seul coup, sous l'influence de l'excitation faradique passagère du cerveau. A chaque contraction qui se produit, elle se débarrasse seulement d'une partie de l'urine qu'elle contient. Il faut deux, trois, quatre faradisations, suivies de contractions de la vessie, pour que ce réservoir se vide de l'urine qu'il renferme. »

Enfin, dans une expérience, Bochefontaine constate que « la faradisation du gyrus autour de l'extrémité externe du sillon crucial fait contracter les trompes utérines » .

Au même moment (1876), Elle.nburg et Landois démontrent « qu'il existe dans la région dite motrice de l'écorce, des centres thermiques ou thermogènes, probablement distincts des aires motrices elles-mêmes, dont la destraction provoquait, dans les parties correspondantes du corps, du côté opposé, une dilatation vasculaire et une élévation de la température ; V excitation, électrique ou chimique, des mêmes régions un léger abaissement de la température ».

Ces aires corticales, ajoutaient ces mêmes auteurs, sont « peut-être destinées à servir, d'une part, à la transmission des influences psychiques sur les voies nerveuses vaso-motrices, d'autre part aussi peut-être, à la production de la conscience des changements locaux de température et de circulation par l'intermédiaire de systèmes d'association corticaux » .

En 1882, BoKAY concevait et montrait « la régulation thermique du corps par l'écorce cérébrale ».

La même année, Bechterew étudie les perturbations thermiques chez les mélancoliques, les maniaques, les déments et les idiots, et il ajoute : « Ce côté obscur de la psychopathologie de l'homme s'éclaire peu à peu et la lumière nouvelle que jettent sur ce domaine les récents travaux touchant les rapports constatés entre les lésions de l'écorce cérébrale et telles ou telles modifications thermiques, nous permettent déjà d'expliquer les différents troubles de la régulation thermique chez les aliénés. »

La même année encore, Munr « en plaçant les électrodes sur la convexité du lobe frontal. . . provoqua un arrêt de la respiration en inspiration profonde du thorax et en contraction tétanique du diaphragme. ..

Si les électrodes étaient portées à la face inférieure du lobe frontal, vers le milieu, l'excitation était suivie soit d'une expiration intense par l'effet d'une forte contraction tétanique des muscles abdominaux, soit de contractions extraordinairement fréquentes, saccadées, de ces muscles, mais toujours de peu d'amplitude et du retour à leur position de repos du diaphragme et du thorax ».

En 1886, Stricrer « par l'excitation électrique de la région motrice du cerveau et la mensuration sphygmographique simultanée de la pression sanguine, vit la pression sanguine s'élever ».

La même année, Bechterew et Mislawsri ont établi « scientifiquement l'existence des fonctions vaso-motrices d'une partie considérable de la surface des hémisphères du chien » .

Les mêmes auteurs ont montré que l'excitation de l'aire motrice de l'écorce cérébrale entraîne une accélération notable du pouls.

En 1888, les mêmes auteurs établissent que « la région corticale dont l'excitation provoque nettement une contraction de la vessie est étroitement localisée : elle est limitée à la partie interne du segment antérieur et postérieur du gyrus sigmoïde ».

La même année, Unverrtcht détermine « un point circonscrit de l'écorce cérébrale dont l'excitation avait seule une action évidente et typique sur les mouvements de la respiration... La modification apportée dans la respiration par la stimulation électrique de ce point consistait dans un ralentissement des mouvements de cet acte, de sorte que la durée de la phase de l'expiration était plus longue » .

Grasset. (^2^ éd.) 16

Ces laits ont été contrôlés et vérifiés par « Munk,

PrEOBUASCHENSKY, ClIRlSTIANl, J]ECHTEUE^^, OSTAN- KOW, SCHUKOWSKI ».

En 1888 aussi, Bechterew et Mislawski ont étudié, sur des chiens curarisés, l'influence de l'écorce cérébrale sur la sécrétion salivaire et ont précisé le siège de ce centre, en dehors de la zone motrice.

En 1889, Ott étudie expérimentalement et cliniquement les différents centres de vasoconstriction et de vasodilatation du névraxe tout entier. Il y comprend la région périrolandique et la région périsylvienne. « La fièvre a son origine dans un trouble fonctionnel des centres de régulation thermique. Les antipyrétiques, tels que l'antipyrine, agissant en diminuant l'excitabilité de ces centres. »

La même année, Horsley réunit 18 observations cliniques avec différence de température dans les deux côtés du corps par suite de lésion cérébrale et il localise les lésions dans le plan qui va « à la surface de l'écorce en passant par la circonvolution frontale ascendante » .

Encore en 1889 Openchowski publie le résultat de ses recherches, commencées depuis longtemps sur l'innervation du tube digestif et conclut que « chaque hémisphère cérébral possède un centre cortical du nervus dilatator car dise au voisinage du sulcus cruciatus : l'ouverture du cardia a été provoquée, quoique faiblement, par la stimulation de cette région ».

Bechterew et Mislawski (toujours en 1889) montrent l'action de l'écorce cérébrale (gyrus sigmoïde et 1^' circonvolution adjacente) sur la musculature intestinale. « Sous Faction de ces centres corticaux

rinlestin grélc et le gros intestin se contractent ou se relâchent... La rapidité avec laquelle se produit Tépuisement de Fécorce est remarquable. »

En i8go, Semon et Horsley établissent l'action de certains points de l'écorce sur le larynx, et spécialement sur les mouvements d'adduction des cordes vocales (mouvements phonateurs).

La même année, Bechterew et Mislawski étudient Faction de l'excitation de la surface des hémisphères cérébraux sur l'activité de l'estomac. « Les électrodes portées sur la partie postérieure et externe, en partie aussi antérieure, du gyrus sigmoïde, renforcent les mouvements rythmiques de la pars pylorica, en même temps qu'ils déterminent souvent une contraction générale de cette région, suivie de mouvements plus faibles, voire de cessation complète des mouvements rythmiques... Au contraire, ces mouvements se ralentissent ou s'arrêtent même tout à fait, en même temps que cette région, la pars pylorica, participe à une faible contraction générale de l'estomac, suivie d'un renforcement des mouvements rythmiques de la partie pylorique, si les électrodes sont appliquées sur divers points du segment antérieur du gyrus sigmoïde... )>

En 1891, les mêmes auteurs établissent que « la région dont l'excitation détermine la sécrétion des > larmes se trouve surtout localisée aux parties internes des circonvolutions antérieure et postérieure du gyrus sigmoïde... La stimulation de ces centres est très rapidement suivie d'un flux de larmes abondant des deux yeux, quoique presque toujours plus fort du côté opposé à l'excitation. Cette sécrétion cesse immé-

diatement avec celle de l'écorce cérébrale et, si Ton dessèche l'œil avec du papier brouillard, il recouvre son degré d'humidité normal. La sécrétion lacrymale provoquée parla stimulation de l'écorce s'accompagne d'une dilatation marquée des deux pupilles, de la saillie des deux globes oculaires et du retrait des troisièmes paupières, phénomènes plus précoces et plus nets sur l'œil opposé que sur l'œil du côté correspondant ».

Ils montrent, encore la même année, que la stimu-j lation des centres corticaux peut également exciter oui inhiber l'activité du vagin. Chez la lapine, chez la chienne, ils constatent une augmentation plus ou! moins accusée de la fréquence des mouvements et] quelquefois de la force des contractions. On peut distinguer, sur Técorce, des territoires d'incitation et des territoires d'arrêt... Le siège respectif de ces territoires peut d'ailleurs varier, parfois même sur le même animal.

En 1892, (( Sherringtox a démontré expérimentalement que l'excitation électrique de la portion postérieure du lobus paracentralis du singe provoque des contractions du sphincter anal. Outre le centre anospinal, il existe donc, dans l'écorce cérébrale, un centre de l'anus, un centre anocortical ».

La même année, J. Meyer circonscrivait aussi, chez les mammifères inférieurs, « le territoire cortical dont l'excitation faradique est suivie, après une courte période latente, d'une contraction du sphincter ani, laquelle persiste aussi longtemps que le courant continue d'agir » .

En 1898, Becuterew et Ostanrow étudient un

centre cortical de la déglutition et en précisent le siège. L'excitation de cette région détermine non seulement le mouvement de déglutition, mais encore un bruit caractéristique. Ce centre est très rapproché des centres de Ferrier pour les mouvements de l'angle de la bouche et pour les mouvements des mâchoires et de la langue et tout à fait à proximité du centre de l'expiration.

Rethi a confirmé les mêmes descriptions.

La même année Koranai et, en 1894, Féré notent, chez les épileptiques, (( le flux considérable de salive que peuvent sécréter ces malades, soit au commencement des attaques, soit sous forme d'équivalents de ces accès ». L'un de ces malades était atteint d'épilepsie partielle ou corticale et Koranyi en conclut l'existence de centres corticaux de la salivation.

On peut rapprocher de ces observations cliniques l'étude expérimentale faite, chez Bechterew, parOssipow, « sur les rapports de la musculature lisse, en particulier de celle de l'estomac, de Fintestin et de la vessie avec l'attaque d'épilepsie », provoquée, par exemple, « par l'irritation, au moyen de courants d'induction, de la zone motrice du chien. »

En 1894, Schiller étudie un centre thermique cortical sur la région postérieure de la deuxième frontale : la destruction (clinique) « de cette région serait accompagnée d'une élévation de la température de toute la moitié opposée du corps, et non pas seulement, comme chez les animaux, des extrémités ».

La même année, Spencer étudie les centres corticaux de la respiration et conclut, d'un important

282 inP.NOTlSME ET SUGGESTION

mémoire, que Ton peut, chez les carnivores et le singe, obtenir sur la respiration « des effets constants de la stimulation des mêmes points, exactement circonscrits, de récorce cérébrale. »

En 1896, Gustave Maîsis provoque, par des excitations corticales limitées, des mouvements de défécation et de miction.

En 1897, ^CHucHOw^SRi détermine trois centres corticaux de la respiration et admet que « ces centres corticaux ne sont pas des centres réflexes, mais qu'ils sont très vraisemblablement subordonnés à la volonté, et qu'ils prennent part en outre aux états affectifs qui sont accompagnés d'un changement dans le rythme cl le caractère de la respiration ».

La même année, TrapesiMkoav complète l'étude du centre cortical de la déglutition, décrit par Bechterea^ etOsTANKOw, StepmexPaget localise également dans l'écorce (à l'extrémité antérieure du lobus temporosphenoïdalis) les centres de la faim et de la soif, et Teuscher applique à certains cas d'hyperhydrose unilatérale la notion des centres corticaux de la sécrétion sudorale.

En 1898, Ossipow étudie les centres corticaux du gros intestin et Ducceschi le centre anocortical \..

J'ai donné quelques développements à cet exposé (entièrement fait d'après le bel ouvrage de Jules

I. Voir encore, sur cette question : Paul Solliek et Hemvv Delagemère. Le centre cortical des fondions de l'estomac d'après un cas d'abcès du cerveau d'origine traumatiquc. liesiie

KTl DE A^AI.YTIQLiE DES SUGGESTIONS 283

Solry) parce que tous ces faits ne sont pas encore classiques et qu'ils ont une réelle importance pour démontrer que Técorce joue un grand rôle dans l'activité des appareils normalement soustraits à la volonté et que par suite tout l'élément physiologique des émotions n'a pas nécessairement son siège et son centre exclusifs dans les régions basilairc et mésocéphalique.

En somme, les physiologistes ont complètement abandonné l'ancienne dichotomie du système nerveux en système cérébrospinal (avec le cerveau pour organe essentiel) pour les actes conscients volontaires et le système grand sympathique pour les phénomènes inconscients involontaires.

Comme le dit très bien Morat^ <( TefTet moteur de l'excitation de l'écorce cérébrale ne se borne pas à la contraction des muscles du squelette. Cette excitation retentit également sur les mouvements de la circulation (cœur et vaisseaux), sur ceux de l'intestin (vessie urinaire), ainsi que sur les organes sécréteurs euxmêmes. En somme, aucun organe n'échappe à l'influence cérébrale )). Cela explique qu'aucun organe n'échappe à la suggestion.

Sans doute l'écorce n'intervient pas constamment

neurol., 1901, p. iioo. — Pussep (Neurol. centrahl., 1902, p. 1019) vient d'étudier le centre cortical de l'érection et de l'éjaculalion. — Voir aussi le très récent et très complet travail de l^ARHON et GoLDSTEiiN. Contribut. à l'étude du rôle du cerveau dans l'innervation des organes de la vie végétative à propos de deux cas d'hémiplégie. L'evuc neurol., 1902, p. 972. I. MoRAT. Fonctions d'innervation, in Tiaité de Phxsiol. de Movat et Doyon, 1902, p. 1^95.

dans la vie physiologique de ces appareils qui restent des appareils automatiques inférieurs. Son action n'est donc pas nécessaire. Mais elle est efficace, c'està-dire que, dans certaines conditions, cette action peut s'exercer*.

Cela suffit pour enlever leur allure paradoxale aux suggestions qui portent sur des appareils normalement soustraits à la volonté.

La possibilité de ces suggestions étant ainsi établie, nous allons maintenant établir leur réalité.

2. Le premier fait" signalé de suggestion circulatoire et trophique paraît dater de i8/io et a été signalé par Ferrari qui l'a trouvé dans le Journal de magnétisme animal de Ricard.

« Le D"" Louis Pregalmini (d'Intra, en Piémont) ayant endormi une malade, lui suggéra qu'il lui ap-

1. « .. Les muscles lisses, considérés jusqu'ici comme échappant à l'action de la volonté, lui sont au contraire soumis. Tous mes sujets anesthésiques ont pu agir sur les mouvements de leur estomac et de leurs intestins. Cette action ne peut s'exercer que lorsque les organes sont atteints d'anesthésie et cesse au contraire dès que leur sensibilité est normale... l'hystérique subconscient et anesthésique peut faire contracter volontairement ses muscles lisses, non soumis normalement à l'action de sa volonté. » Paul Solliek. Genèse et iialure de l hystérie, t. I, 1897, p. /j74.

2. Voir, pour tout ce paragraphe, l'ouvrage de Binet et FiÎKÉ et surtout celui deCaocQ. Nous ne citons ici que les suggestions expérimentales. Dans le chapitre vu on trouvera des exemples de suggestions thérapeutiques du même ordre, qui peuvent être ajoutés à ceux-ci pour la démonslrgilion delà thèse.

pllquait un vésicatoire ; au lieu d'appliquer un emplâtre vésicant, il plaça tout bonnement le papier sur lequel il avait écrit Fordonnance. Une fois réveillée, Prégalmini dit à la malade qu'il ne lui avait appliqué que l'ordonnance, elle répondit que ce papier n'opérerait point ; malgré cela, la vésication eut lieu et la plaie suppura pendant dix à douze jours. Cette expérience fut répétée avec le concours du D"" de Bouis, qui fournit lui-même le papier ; le résultat fut le même. »

Le mouvement contemporain, et vraiment scientifique, de la question, date de i88/|.

FocACHON, pharmacien à Charmes, suggère à une femme qui soulTre au-dessus de l'aine gauche qu'il se formera une cloche au point douloureux : « le lendemain l'ampoule y était. » « Un autre jour, comme elle se plaignait d'une névralgie de la région claviculaire droite, il lui fit une suggestion semblable et il se produisit des brûlures en tout semblables à des pointes de feu bien formées et laissant des escarres réelles. ))

Avec FocAciiON, Liébeault, Bernheim, Liégeois et Beaunis renouvellent l'expérience et constatent « dans l'étendue de 4 à 5 centimètres l'épiderme épaissi et mortifié d'une couleur blanc jaunâtre ; seulement l'épiderme n'était pas soulevé et ne formait pas de cloches ; il était épaissi, un peu plissé, et présentait, en un mot, l'aspect et les caractères de la période qui précède immédiatement la vésication proprement dite. Cette région de la peau était entourée d'une zone de rougeur intense avec gonflement ayant environ un deniicentimètre de largeur )).

286 inPiNOTlSME ET SUGCESTION

Enfin, FocAciioiN a fait la contre-expérience et, appliquant en des points différents trois morceaux du même emplâtre vésicant, il a empêché, par suggestion, Tun de ces morceaux de prendre.

Beaunis\ qui a présenté à la Société de psychologie physiologique des photographies d'un sujet de Fo- CA.CHON, a fait vaiier par suggestion la fréquence des battements du cœur chez les somnambules en enregistrant ces battements avec le sphygmographe à transmission de Marey. Il a obtenu 6 à i3 pulsations de différence à la minute par des suggestions de ralentissement ou d'accélération.

Le même auteur a fait, toujours par suggestion apparaître une tache rouge en un point donné de la peau : la rougeur augmente peu à peu, persiste lo minutes, un quart d'heure au plus (suivant la suggestion) et disparaît ensuite graduellement.

Dumontpallier (i885) suggère à un sujet qu'il lui applique un vésicatoire ; toute la journée et la nuit suivante, il éprouve une sensation de brûlure à l'endroit indiqué; « le lendemain, on constate une élévation de température de 4 degrés sans vésication » et, en même temps, un abaissement de température sur la région symétrique du corps.

Bourru et Burot- disent à un sujet endormi : « ce soir, à quatre heures, tu te rendras à mon cabinet, tu

I. Voir Beknheim. De la suggestion, etc., p. iii. 3. Bourru et Burot. Congrès de Grenoble, i885.

ÉTIDE ANALYTIQUlv DES StJGGESTlO^JS 287

te croiseras les bras et tu saigneras du uez » ; réj)istaxis eut lieu. — Une autre lois, ils tracent son nom avec un stylet mousse sur ses deux avant-bras et lui disent : (( ce soir à quatre heures, tu t'endormiras et tu saigneras aux bras sur les lignes que je viens de tracer. » Le soir, sur le côté paralysé, rien ne se produit. Mais sur le côté sain les caractères se dessinent en relief et en rouge vit" sur le fond pâle de la peau et même des gouttelettes de sang- perlent sur plusieurs points. « Trois mois après, les caractères étaient encore visibles, bien qu'ils eussent pâli peu à peu. «

Mabille * a déterminé par suggestion, une série d'hémorragies cutanées, en dessinant ainsi les lettres de son nom sur un bras, sur une cuisse ou sur le front.

A la Salpêtrière, Gharcot et ses élèves, disent Binet et Féré, « ont produit fréquemment chez les hypnotiques des brûlures par suggestion » après quelques heures d'incubation et Féré (i883) a montré, au moyen de procédés analogues à ceux de Mosso, que « par le seul fait qu'une hystérique, même à l'état de veille, fixe son attention sur une partie de son corps, cette partie change de volume ».

Debove et Flamand^ dévelojipcnl, par suggestion alternante, l'anorexie et la boulimie chez les mêmes sujets.

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