‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 97 sur 218 · Biis'ET. Année psychoL, 1897, t. 111, p. G · texte numérisé non relu

Biis'ET. Année psychoL, 1897, t. 111, p. G

une condition mentale, tantôt dans une autre ? Peuton dire que l'une de ces existences est une vie automatique (polygonale, sans association de 0), et que Fautre de ces existences est une vie complète (avec le polygone et 0 synthétisés) ? Évidemment non ; et l'embarras de Grasset à s'expliquer sur ce point montre le défaut de la cuirasse qui existe dans sa théorie. »

Le « non » ne me paraît pas si a évident » à la question posée par Binet.

Comme je viens de l'exposer, je crois au contraire que tout individu n'a qu'une personnalité physiologique, vraie et normale, formée de l'ensemble et de la synergie de tous les centres nerveux, jusques et y compris ses centres polygonaux et son centre 0*.

Quand, dans des circonstances ou pour des causes diverses, on voit, chez un sujet, surgir, pour un temps plus ou moins long, une ou plusieurs personnalités nouvelles, ce sont des personnalités pathologiques, anormales, incomplètes, apparentes.

Dans ces cas, s'il n'y a pas d'aliénation mentale, c'est-à-dire si 0 n'est pas malade en lui-même, ces personnalités morbides sont constituées par de la désagrégation suspolygonale et par des états divers, mais spéciaux, du polygone, plus ou moins complètement émancipé de son 0.

I, Rapprocher ce que Paulhan dit(/oco cit., p. I24 et suiv.) de la personnalité et du mol: « ... il est assez naturel que l'on appelle personnel un acte, une croyance oîi la personne entière a pris part... le moi semble... se tenir à part comme un être qui persiste, tandis que ses états paraissent et disparaissent tour à tour, qui juge, qui choisit, qui décide... »

Donc, dans tous ces faits de suggestion de personnalité et en général dans les symptômes de personnalité il n'y a pas une objection contre le polygone. Au contraire, le polygone aide à les comprendre dans une certaine mesure. Il laisse encore bien des points dans l'ombre, mais il n'aggrave pas l'obscurité de ces questions.

De plus, ces mêmes faits, si bien analysés dans tous ces derniers temps, de troubles, spontanés ou provoqués, de la personnalité contribuent puissamment à développer nos connaissances sur ce psychisme inférieur, qui est à proprement parler la fonction du polygone.

E. — Suggestions dans les appareils habitae lie ment soustraits à la volonté.

Ceci paraît d'abord irrationnel, impossible et paradoxal. La suggestion revenant à l'action du centre O de l'hypnotiseur sur le polygone désagrégé du sujet, comment ce centre 0 peut-il avoir une action plus étendue que 0 du sujet à l'état normal et influencer (.les fonctions sur lesquelles, à l'état normal, le sujet n'a pas d'action volontaire ?

Déjà, dans le second chapitre, pour montrer que l'état de suggestibilité et de suggestion n'est pas un état normal, j'ai annoncé que dans l'hypnose le centre 0 de l'hypnotiseur prend possession du polygone du sujet, même dans des parties normalement soustraites à O du sujet (Myers) et j'ai rapproché l'hypnotisé de ces hystériques décrits par SouLiERqui, subsconcients et anesthésiques, peuvent faire contracter

volontairement leurs muscles lisses, non soumis normalement à Faction de leur volonté.

D'ailleurs la chose n'est pas aussi paradoxale que ce qu'elle paraît au premier abord.

I. A l'état physiologique déjà, 1 écorce cérébrale n'est pas sans action sur les grandes fonctions involontaires : circulation, sécrétions, digestion, respiration . . .

Il s'agit de démontrer non pas que dans l'écorce résident les centres ordinaires de ces fonctions automatiques, mais que dans l'écorce il y a des centres qui exercent xme certaine action sur ces centres automatiques de la fonction involontaire.

La chose est démontrçe d'abord par l'influence, bien connue, des émotions, des passions et en général des fonctions psychiques sur les grandes fonctions de circulation, digestion, sécrétions...

Une émotion, une secousse morale ou un effort font rougir, uriner, aller du corps, ou arrêtent une digestion, aussi bien que les mêmes actes psychiques feront couler les larmes ou couvriront le corps de sueurs d'angoisse. . .

Par la Aolonté on agit sur les sphincters ou on refoule ses larmes, on suspend ou on modifie sa respiration.

Certaines personnes ont une influence volontaire sur la fréquence des battements de leur cœur.

(( Prêter dit avoir vu des personnes qui avaient la faculté d'arrêter volontairement leur pouls et le phy-

siologisteWEBER prétendait pouvoir, à volonté, interrompre les battements de son cœur en arrêtant sa respiration parla compression de la poitrine... Un étudiant de Strasbourg, nommé Ed. Weber, possédait aussi la faculté d'arrêter son cœur en faisant une aspiration profonde, suivie de Tocclusion de la glotte et de la contraction énergique des muscles expirateurs \ ))

Targhanoff"' a publié l'histoire d'un jeune homme qui (( possédait la faculté d'accélérer volontairement la fréquence de son pouls en faisant un effort analogue à ceux qui sont nécessaires pour la contraction des autres muscles de l'économie ». D'ailleurs a ce sujet possédait un pouvoir du même genre sur d'autres muscles et groupes musculaires déterminés qui d'ordinaire ne sont pas soumis à l'innervation volontaire. Tels les muscles du pavillon de l'oreille. L'accélération volontaire du pouls atteignait 20 à 35 pulsations par minute ».

Enfin les physiologistes ont bien déterminé dans ces derniers temps l'existence, le siège et l'action des centres corticaux sur les fonctions involontaires '.

En 1874, Danilewsky note « une légère élévation de la pression sanguine avec ralentissement du pouls après une excitation exclusivement localisée à la cir-

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