‹ L'hypnotisme francChapitre 10 sur 240 · Premier Congrès, etc., p · texte numérisé non relu

Premier Congrès, etc., p

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elles entendre. M. le docteur Roth, de Londres, protesta au nom de riioméopathie, M. le docteur Dumontpallier, au nom de la métallothérapie, M. Pierre Janet, au nom de la psychologie, M. Gilles de la Tourette objecta que les phénomènes qui accompagnent l'hypnose étant soumis à un déterminisme constant, non moins que les phénomènes des autres affections nerveuses, ne peuvent avoir pour cause la suggestion avec tous ses caprices. Mais l'interprète le plus éloquent de l'opposition fut certainement M. Guermonprez, l'éminent professeur de médecine à l'Université catholique de Lille.

c( M. Bernheim, dit-il, nous affirme que toutes les pratiques hypnogènes se ramènent à la suggestion... Eh bien, je le demande : comment est-il possible d'admettre la suggestion, lorsque l'hypnose est produite chez les animaux ? lorsqu'elle est obtenue chez les poulpes, les seiches, les crabes, les homards, les langoustes, les écrevisses, les grenouilles, les crocodiles, les serpents et les cobayes ? L'hypnotisation de ces divers animaux est cependant un fait acquis... Et chez les enfants ? M. Bernheim a eu la bonté de nous apprendre dans une autre enceinte comment M. Liébault (de Xancy) arrivait à une hypnotisation réelle, même chez les enfants à la mamelle. Il lui suffit d'appliquer une main sur le ventre, et l'autre sur le dos du petit sujet... S'il croit que ces manœuvres peuvent encore être qualifiées « suggestives », j'ai le regret de lui dire que, malgré sa grande autorité, il m'est impossible d'accepter son opinion'. »

] . Premier Congrès etc., p. 101.

L'habile contradicteur rappelle ensuite qu'il existe des faits dans lesquels des agents physiques ont déterminé le sommeil hypnotique sans que le sujet eût été prévenu, sans qu'aucune suggestion fût en cause. C'est ainsi qu'un coup de fusil, un son de gong ou de tamtam, une lumière intense a fait tomber des malades, pour la première fois , en catalepsie hypnotique. Il invoque l'histoire de cette hystérique qui s'introduisit furtivement dans un cabinet de la Salpêtrière avec le dessein d'y dérober une photographie. Elle était en train d'accomplir son larcin ; le tiroir était ouvert, elle mettait la main sur la photographie convoitée, et brusquement elle était tombée en catalepsie. Est-il possible d'admettre qu'elle se soit suggéré l'hypnose pour un pareil moment? Est-il vraisemblable qu'elle ait voulu se faire prendre en flagrant déUt de vol ? Enfin il emprunte un dernier argument aux accidents de l'hypnotisme.

« Ils ne sont pas niables, et les médecins eux-mêmes n'en sont pas exempts. On connaît bien des faits de sujets pourvus de quelque tare héréditaire et qui étaient en imminence morbide au moment où on tentait sur eux les pratiques de l'hypnose. Ces sujets n'avaient eu antérieurement ni une attaque d'hystérie, ni une attaque d'épilepsie. Par un procédé ou par un autre, on amve au sommeil provoqué, et brusquement survient une première attaque d'épilepsie ou d'hystérie, brusquement, au grand désespoir de l'hypnotiseur et de tout l'entourage ! Croyez-vous qu'on puisse supposer le malade lui-même assez insensé pour être l'auteur des accidents par une

auto-suggestion?... Mettrez-vous en cause l'hypnotiseur lui-même ou quelque personne de l'entourage ?... Non, Messieurs, la suggestion n'a rien à faire dans ces infortunes, dans ces accidents, dans cesmalheui-s de l'hypnotismc...^ »

L'on serait curieux d'apprendre quelle fut l'impression produite sur la docte assemblée par ces deux plaidoyers contradictoires de M. Guermonprezet de M. Bernheim. ^lalheureusement le compte rendu de la séance n'en laisse rien soupçonner. Ce que je sais bien, par exemple, c'est que l'illustre apôtre de la suggestion ne fat pas le moins du monde ébranlé dans ses convictions par tout ce qu'on put lui dire.

Près de trois ans plus tard, en avril 1892, ayant eu l'honneur d'être admis à accompagner M. Bernheim dans sa clinique de Thôpital civil de Xancy, je lui demandai s'il pensait toujours que les pratiques hypnogènes se ramènent à la suggestion. « Plus que jamais, répondit-il, la chose est trop claire. » Et comme je lui objectais quelques raisonnements de ses adversaires, en particulier la théorie et les expérience de M. Pitres sur les zones hypnogènes : « Des zones hypnogènes ? reprit-il vivement, mais on les crée par suggestion; tenez, je vais vous en créer tant que vous voudrez : suivez-moi. 5) Et il me conduisit près du lit d'une jeune poitrinaire. Il commença par lui toucher du doigt plusieurs points de la tête : la jeune malade ne présenta aucun phénomène nouveau. Il dit alors : « Je vais toucher légèrement la tempe du côté droit, et

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