‹ L'hypnotisme francChapitre 121 sur 240 · D»- CULLÈHE. Ihi'l · texte numérisé non relu

D»- CULLÈHE. Ihi'l

Il l'hypnotisa (sommeil profond]. A son réveil, la scmiUlité était restaurée et le malade pouvait rekver la main. Après une seconde séance, les mouvements étaient plus prononcés encore.

Il l'envoya à notre consultation le 30 juin. Nous trouvons la main droite légèrement tuméfiée ; le médius, l'annulaire sont encore infléchis dans la paume de la main sous un angle de 120°. Le malade serre assez bien avec la main, il redresse le poignet, mais avec une certaine difficulté. Pas d'anesthésie.

Après deux nouvelles séances dliypnotisme, le malade ouvre la main très facilement, redresse parfaitement le poignet : la guérison était complète.

Mais voici une autre « observation y> qu'il faut rapporter encore, et tout entière, malgré sa longueur, car elle est souverainement intéressante et suggestive :

Odsef.vatiox LV. — H... C..., quarante-sept ans, est comptable depuis vingt-cinq ans ; il vient pour me voir le 13 novembre 1885 pour une crampe des écrivains. C'est un homme bien constitué, intelligent, nullement nerveux, qui n'a jamais eu de maladie. Il raconte qu'il y a environ trois ans, il a ressenti les premiers phénomènes de sa crampe, se traduisant d'abord par une flexion des cinq doigts, quand il avait écrit cinq ou six lignes ; après un certain temps d'an-êt, il écrivait de nouveau quelques lignes et la crampe reprenait. Ces phénomènes allèrent en augmentant ; il y a deux ans, la crampe se manifestait après trois lignes d'écriture ; il y a un an, il pouvait tout au plus écrire une demi-ligue, et la crampe en flexion survenait. Il attacha alors la plume de tout son long à rindex, et, grâce à cet expédient, il put écrire encore assez bien pendant trois à quatre mois ; mais bientôt les autres doigts s'infléchissaient au point de ce s'incruster dans la chair », dit-il. Depuis six mois, s'il écrivait une adresse, arrivé à J/o«s, la crampe se produisait, les cinq doigts se fer-

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maient ; la crampe disparaissait quand il rejetait la plume, et reparaissait au bout de deux ou trois lettres, avec une intensité telle que la plume perçait le papier.

La fixation de la plume sur l'index ne réussissant plus, il chercha un autre moyen, il tint la plume appuyée par son bout contre l'extrémité du pouce, et sa tige était tenue horizontalement entre les doigts infléchis, l'extrémité passant entre les deux derniers doigts; mais bientôt le pouce, dit-il, appuyait tellement fort sur la plume, qu'il a fallu arrêter. Depuis deux ans, il a dû quitter sa place de comptable pour entrer dans les assurances. Depuis trois mois, il a exercé sa main gauche à écrire.

Le 18, je l'endors ; il est au troisième degré. Je suggère la disparition de la crampe. A son réveil, il écrit deux lignes et demie avant que la flexion des doigts ne l'arrête.

Le 19, nouveau sommeil, troisième degré ; au réveil, il écrit bien huit lignes sans crampe.

Le 20, je le mets en somnambulisme, sans souvenir à son réveil. Il écrit bien à son réveil; à la neuvième ligne seulement se produit une flexion légère des trois derniers doigts qui disparaît par simple aflirmation, mais qui reparaît plus légère à la ligne suivante ; il éprouve aussi une certaine raideur dans le poignet.

Le 21, il me montre une lettre de commerce qu'il avait pu écrire la veille ; il n'a presque plus de crampes, mais toujours de la raideur dans le poignet. — Continuation de la suggestion.

Le 22, la raideur a disparu ; il écrit bien ; il y a encore, quand il écrit, une tendance à la flexion, mais qui n'aboutit pas entièrement : il redresse les doigts immédiatement. De plus, avant la suggestion, il ne pouvait pas écrire un seul chiffre avec un crayon court n'appuyant pas sur la commissure interdigitale entre le pouce et l'index. La flexion était immédiate, aussitôt que le crayon était sur le papier ; il lui fallait le tenir presque horizontalement. Depuis hier, il a pu écrire avec un crayon court.

Le 23, ce résultat se maintient ; il n'a plus ressenti ni crampe ni flexion dans les doigts. — Suggestion quotidienne.

Le 24, il dit que cela va bien, sauf le poignet qui reste immobile; les doigts sont plus souples. Je le fais écrire pendant le sommeil, en suggérant de la souplesse dans le poignet. Les jours suivants, même état; il accuse toujours de l'immobilité dans le poignet, qui se manifeste surtout quand il écrit quelque temps.

Obligé de m'absenter le 30 pendant deux mois, je prie M. Liébeault de continuer les suggestions.

Voici ce que le malade a noté :

« Le 30, j'écris après la séance : le poignet est toujours immobile, il ne fait aucun mouvement, ce qui gêne beaucoup pour écrire ; les doigts vont bien.

« Le l'^'" décembre, le poignet a un peu remué, et il me semble, en ce moment, moins raide.

« Le 2, après la séance, et avant de quitter M. Liébeault, j'ai très bien écrit au crayon, le poignet étant plus mobile ; mais, en ce moment, il redevient moins mobile, et le pouce appuie plus fort que les autres doigts.

ce Le 5, en écrivant très lentement et en pensant toujours qu''il ne faut pas appuyer, cela va mieux ; mais c'est touj ours le pouce qui presse sur la plume. Après avoir dormi, le pouce exerce bien moins de pression sur la plume ; j'écris mieux surtout en écrivant lentement. Le poignet lui-même est moins raide.

a Le 7, il y a certainement du mieux dans le poignet ; le pouce n'a plus qu'une petite tendance à presser la plume. »

Le 8, n... C... dit avoir écrit trois lettres; les deux premières allaient bien, la troisième allait moins bien, et il écrivait de nouveau assez mal. Le poignet fonctionne un petit peu; c'est le pouce qui exerce une pression sur la plume.

Le IG, le pouce continue à appuyer davantage; cependant des spécimens d'écriture de chaque jour, présentés par le malade, montraient qu'il écrivait très bien.

Mais le sommeil hypnotique est moins profond depuis

quelques jours, ce qu'il attribue à ce que M. Liébeault l'endort dans une salle pleine de monde, où il y a beaucoup de bniit, tandis que chez moi il dormait seul et sans bruit dans mon cabinet. Il ne retourne plus chez M. Liébeault et discontinue le traitement jusqu'au 29 janvier, après mon retour à Nancy, La flexion du pouce appuyant sur la plume avait augmenté et entravé l'amélioration.

Le 29, cette flexion avec un moment d'arrêt dans l'écriture se produit assez souvent, tous les trois mots ; les autres doigts ne s'infléchissent plus, mais le poignet est immobile.

Après une nouvelle séance le 29, le pouce ne fléchit plus immédiatement après la séance, dans mon cabinet; mais chez lui la flexion se reproduit.

Le 30, il écrit quatre lignes chez lui et ne peut plus continuer, le pouce et l'index fléchissant tous deux ; la plume lui échappe de la main, 11 essaya en vain de continuer, les lettres n'avaient plus de forme.

1" févi'ier. Il écrit assez bien avant la suggestion, et très bien après.

Le 2, il dit qu'il écrit bien à certains moments; d'autres fois, le pouce et l'index fléchissent et alors il est obligé de s'aiTêter; une fois que ces doigts commencent à fléchir, il sent un picotement dans l'avant-bras ; ce picotement; il l'éprouve aussi surtout le soir quand il est tranquille et sans écrire.

Je le mets en somnambulisme et je le fais écrire dans cet état, les yeux ouverts : il écrit très bien ; je lui suggère la disparition du picotement.

Le 3, il dit n'avoir plus ni douleur ni picotement ; il écrit bien. Mais quand il écrit chez lui, en dehors de ma présence, au bout d'un certain temps le pouce et l'index fléchissent; les picotements douloureux ont cessé.

Le 4, il écrit très bien chez moi. Toujours un peu de flexion dans le pouce chez lui, et sa main devient lourde au bout d'un certain temps.

PROCES DE L'HYPNOTISME. ■2-2ii

Le 5, il a pu écrire chez lui une lettre d'une page et demie; l'écriture se maintenait bonne jusqu'à la fin, mais il sentait une fati,2:ue dans la main. — Il continue à très bien écrire les jours suivants.

Le 8, il accuse encore une flexion du pouce et de l'immobilité dans le poignet. Après chaque suggestion dans mon cabinet, il écrit très bien, sans flexion et sans raideur. Cellasci ne se produisent que chez lui.

Le 11 février, il a pu écrire pendant une heure de suite. A ce moment seulement le pouce commençait à fléchir ; il reposa sa main pendant vingt minutes, et put recommencer sans nouvelle flexion ni raideur.

Je lui suggère que plus il écrit, mieux il écrira, que la main s'assouplit par l'exercice et ne se fatiguera plus.

Cet état continue les jours suivants en s'améliorant graduellement. Le 18, il écrit une heure et demie à deux heures. Au bout de ce temps-là seulement le pouce commençait à fléchir, et il sentait une lourdeur dans la main.

Le 19, il sent la main très légère et dit écrire comme s'il n'avait jamais rien eu.

Le 20, en écrivant le matin, le pouce fléchit encore deux fois, et la plume lui échappe des doigts; cependant son écriture se maintient toujoui-s bonne. Je le fais écrire vite, currenkcalamo, en somnambulisme, les yeux ouverts.

Le 20, dans l'après-midi, il lui fut presque impossible d'écrire; il dut même de nouveau attacher la plume à l'index. Le lendemain, sans suggestion nouvelle, cela allait beaucoup mieux ; mais il ne put écrire longtemps ; après une demi-heure d'écriture, il ne put continuer et il lui fut impossible d'écrire les adresses de ses lettres.

Le 23, il travaille toute la matinée à faire des comptes ; après un certain temps, il ressentait des tiraillements dans le dos du poignet qui l'empêchaient de continuer. Voulant poursuivre, la plume lui échappe de la main; mais il put recommencer, et, ce matin, il ne reste plus aucun tiraillement.

Le 25, il constate encore que, chez moi, il écrit très bien ;

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mais, arrivé à la maison, sa main est plus raide, et il n'écrit plus avec la même facilité. Je suggère qu'il écrive chez lui comme chez moi.

A partir du 27, il n'accuse plus aucune sensation de raideur ni de flexion ; il écrit beaucoup le 26 et le 27, et tout va parfaitement. Il fait des lettres, des comptes, comme avant sa crampe.

Il revient le 2 mars ; puis les séances, quotidiennes jusque-là, sont suspendues jusqu'au 8. Il écrit toute la journée pendant cet intervalle, et ne sent plus absolument aucun phénomène de sa crampe, (c J'écris, dit-il, comme je veux. » Le 8, nouvelle séance. Celles-ci sont plus espacées ; il revient le 11, le 13, le 16, le 22, le 27, et la guérison complète s'est maintenue depuis le 27. Je continue pendant un mois encore à l'endonnir deux fois par semaine, pour réprimer toute tendance à la rechute. Il a repris son état de comptable ; il écrit toute la journée, absolument comme avant sa maladie. La guérison s'est maintenue.

Voici bien encore les Observations XCIX, C, CI, Cil, qui mériteraient d'être entendues : (c Sciatique datant de sept semaines... : guérison par suggestion en six jours. — Sciatique datant de quinze jours... : guérison par la suggestion en deux semaines. — Sciatique datant de trois jours, enlevée par une seule suggestion. — Sciatique datant de trois mois... : guérison en quatre semaines... >> Mais il faut se borner.

C'est pour ce motif que je ne dis rien de tant de cures vraiment remarquables qui se lisent dans les deux livi-es portant même titre : a Thérapeutique sw/f/estive », de M. Liébeault et de ^I. Cullère, ainsi que dans la Revue de

PROCÈS DE l-hypnotis:me.

r Hf/pnotisme de Paris et dans celle de Berlin. Pourtant il se trouve dans cette dernière publication un récit de guérison que je veux traduire ici, ne serait-ce que pour rendre hommage à la persévérance de l'éminent hypnotiste qui accomplit cette bonne autant que belle œuvre, M. leD'Otto^etterstrand... (c Cinquième cas. — Une dame non mariée, quarante-quatre ans. Dès l'âge de seize ans, commença à souffrir de douleurs de tête si violentes qu'elles l'obligeaient souvent à garder le lit. Depuis dix ans est jugée incurable, pour avoir essayé, sans résultat, tous les traitements qu'on peut imaginer. Quand je la vis pour la première fois, elle était extrêmement souffrante et malheureuse. Son hypnotisation fut d'une difficulté extraordinaire, car ses douleurs violentes ne lui permettaient pas de rester un instant tranquille. Enfin, après soixante-dix tentatives, je réussis k l'influencer. A partir de ce moment, son état commença de s'améliorer. Grâce à la suggestion, il s'améliora constamment pendant l'année 1889. En 1890, la guérison était complète ' . »

Mais je trouve tout près, dans la même Revue, un fait qui vaut bien aussi la peine d'être mentionné. Un prêtre dans le ministère, jeune encore — quarantequatre ans — d'apparence exceptionnellement forte et robuste, souffre depuis quelque temps d'une oppression telle que la respiration lui manque à tout instant, quand il marche, quand il mange, quand il est en société. La prédication lui est devenue absolument im-

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