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possible, et, le mal se montrant rebelle à tout traitement, il se voit à la veille d'abandonner le service des âmes. M, le D"" Briigelmann, un hypnotiste distingué de sa connaissance, soupçonnant que la maladie a une cause nerveuse, lui parle de l'hypnotisme et lui conseille de se soumettre à Thypnotisation. Pour ne pas négliger une dernière chance de salut, le prêtre y consent... « Après vingt séances, écrit le docteur, il me quitta guéri et plein d'entrain. Et, après quatre ans, rencontrant ces jours derniers son frère, qui est lui-même médecin, j'ai eu la satisfaction d'apprendre que l'abbé se porte à merveille et supporte sans peine les fatigues de sa profession \ »

L'hypnotisme exerçant une telle influence sur le système nerveux, il était tout naturel qu'on cherchât à utiliser l'anesthésie hypnotique pour pratiquer les opérations chirurgicales. Et, en effet, l'hypnotisme, sous ce rapport, a donné les plus précieux résultats. Si l'on veut se faire une idée des services qu'il a déjà rendus, et surtout qu'il est appelé à rendre dans l'avenir, que l'on veuille bien prêter quelque attention à cette communication de M. le D'" Fort au Congrès de l'hypnotisme de 1889 :

ce Le 21 octobre 1887, un jeune Italien, employé de commerce, âgé de vingt ans, Jean Marabotti, se présente à moi et me demande de lui faire l'extraction d'une loupe siégeant à la région frontale, un peu au-

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dessus du sourcil droit. La tumeur a le volume d'une noix.

c( Reculant devant l'emploi du chloroforme, que le malade désire, je me livre sur lui à une courte expérience d'hypnotisation. Voyant que j'ai affaire à un sujet hypnotisable, je lui promets de lui faire l'extraction de sa tumeur sans douleur et sans employer le chloroforme.

« Le lendemain je le fiiis asseoir sur une chaise et je le plonge dans le sommeil hypnotique par la fixation du regard, ce qui a lieu en moins d'une minute.

« Les docteurs Triani et Colombo, médecins italiens, présents à l'opération, constatent que le sujet a perdu toute sensibilité et que ses muscles conservent toutes les positions qu'on leur donne, comme dans l'état cataleptique. Il ne voit rien, il ne sent rien, il n'entend rien; son cerveau reste en communication avec moi seul.

(( Dès que nous eûmes constaté que le malade était complètement plongé dans le sommeil hypnotique, je lui dis : « Vous dormirez 2wndant un quart cT heure, » sachant que l'opération ne durerait pas plus longtemps. Il resta assis, parfaitement immobile. Je fis une incision transversale, de 0°,06 de long ; je disséquai la tumeur que j'enlevai entière, je pinçai les vaisseaux avec les pinces hémostatiques de Péan, je lavai la plaie et j'appliquai le pansement. Je ne fis pas une seule ligature. — Le malade dormait toujours. — Pour maintenir le pansement, j'enroulai une bande autour de la tête. Je disais au malade : « Baissez la têle, levez la iête, jienchez

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la tête à droite, à gauche y> ; il obéissait avec une précision mathématique.

ce Lorsque tout fut terminé, je lui dis : « Réveillezvous ». Il se réveilla, déclara qu'il n'avait rien senti, qu'il ne souffrait pas ; et il se retira à pied, comme s'il n'avait pas été touché.

« L'appareil fut enlevé cinq jours après ; la cicatrisation était complète ^ »

Une fois la voie si brillamment ouverte, les opérateurs, comme cela devait arriver, s'y sont engagés à l'envi, et Texpérience a prouvé que, en beaucoup de cas, l'hypnose a sur le chloroforme de sérieux avantages -.

L'hypnotisme a soulagé dans une large mesure les douleurs humaines, et guéri bien des infirmités corporelles. N'eût-il fait que cela, que déjà il mériterait nos sympathies ; mais il a fait davantage. Outre les infirmités du corps, il y a celles de l'âme, souvent plus humiliantes et plus cruelles. Sur ce domaine, si vaste hélas! l'hypnotisme exerce encore une influence glorieuse à force d'être bienfaisante. Tenons aux preuves :

Voici ce que racontait M. le D"" Briand, médecin en

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