Sum. Theoîoff., III, q. 53, a. S, ad
de tout ce qui n'est pas elle, nous amène à une troisième observation que voici : pour être assuré d'avoir l'hjpnose en quelque sorte pure et sans mélange, l'on ne doit pas s'adresser à des hommes qui, à raison de leur profession, de leur intérêt, de leur caractère, peuvent être soupçonnés d'employer concurremment avec le sommeil artificiel d'autres pratiques, de faire appel par exemple à la prestidigitation, aussi bien qu'au spiritisme et à l'occultisme, de fausser et d'outrer intentionnellement les expériences, pour exciter l'opinion, provoquer les applaudissements, attirer les foules, et faire de grosses recettes. L'on doit s'adresser, et nous nous adresserons au contraire à ces hommes d'une honorabilité reconnue, qui, étudiant l'hypnose dans un but scientifique et thérapeutique, ont le même désir que nous d'en découvrir la vraie nature, j travaillent d'après une méthode rationnelle, respectent le cours normal des phénomènes et poursuivent comme but principal l'avancement du savoir et le bien de l'humanité. Ceux qui, pour établir leur jugement sur la moralité de l'hjpnotisme, invoquent les hauts faits de Donato, de Hansen, de Pickmann, etc., me représentent un homme qui choisirait les pièces des faux monnayeurs pour apprécier la valeur des espèces ayant cours dans un pays, ou un chimiste qui voulant étudier la nature et les propriétés du vin irait acheter ses échantillons dans un cabaret de faubourg. Accorder la même confiance aux aventuriers de tréteaux qu'aux savants de laboratoire, ne serait pas seulement blesser la justice et les convenances, ce serait encore méconnaître les lois élémentaires de toute recherche sérieuse.
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Mais quels sont ces éléments essentiels de l'hypnose, ou qui du moins ne s'en séparent pas ? En première ligne il faudra mettre, sans doute, le sommeil? Eh bien, non, ce serait une erreur. Bien que le sommeil l'accompagne ordinairement, l'hypnose, en dépit de son nom, peut exister sans sommeil. Le fait est constant, comme nous Talions voir.
M, Bernheim l'affirmait déjà, au premier congrès
INTERNATIONAL DE L'hYPNOTISME EXPÉRIMENTAL ET
THÉRAPEUTIQUE DE Paris, en 1889. « Certains sujets, disait-il alors, c'est l'exception, mais ils ne sont pas rares, sont si faciles à impressionner, qu'un simple mot suffit à provoquer chacun des phénomènes de l'hypnose avec ou sans sommeil. Dès la première fois et sans qu'il ait assisté à aucune expérience de ce genre, je lève le bras d'un tel sujet, et je lui dis : « Vous ne pouvez plus le baisser. » Il ne le peut plus. Je dis : « Votre corps est insensible. )> Et je le pique sans qu'il manifeste aucune douleur. Je dis : a Vous êtes obligé de vous lever et de marcher. » Et il marche sans pouvoir résister, i Tenez ! voici un gros chien qui aboie. )^ Il le voit et recule épouvanté. J'ajoute: ce Dormez! » Il ferme les yeux et dort, j)ar-dessus le marché. Tout cela s'exécute, chez lui, le plus simplement du monde. Ce sont là des snggestibles, des somnambules, sans artifice de préparation ^ »