‹ L'hypnotisme francChapitre 138 sur 240 · Sum. theolog., I-II, q. 18, a · texte numérisé non relu

Sum. theolog., I-II, q. 18, a

rectement en ligne de compte quand il s'agit de déterminer ce qu'est, par nature, l'hypnotisme, au point de vue de la morale. Si nous devons en faire l'objet d'une enquête — et nous devrons la faire, cette enquête — voici simplement pourquoi : c'est afin de pouvoir établir quel degré de chance ou de probabilité il y a que ces accidents surviennent, et d'inférer de là à quel point la propriété de dangereux convient à l'hypnotisme, mais non pas pour conclure immédiatement et directement à sa nature. Nous ne voulons point renouveler en morale l'argumentation que l'on fit autrefois dans un autre domaine : Le feu a brûlé la maison d'un pauvre : donc le feu est mauvais.

Il est de toute évidence que la même remarque doit être appliquée aux abus dont l'hypnotisme peut être l'occasion. L'abus est étranger à la nature des êtres qu'il profane : il rend les personnes coupables, mais ne rend pas les choses mauvaises. Si vous condamnez l'hypnotisme, parce que d'aucuns en abusent, condamnez aussi le repos, la nourriture, la liberté, la science. Tout peut être à l'homme occasion et instrument de mal. C'est ce fait aussi triste qu'indéniable qu'exprimait saint Thomas par ces belles paroles : « Il n'est rien dont l'humaine malice ne puisse abuser, puisqu'elle abuse même de la bonté de Dieu, Nihil est qiw humana malitia nonpossit ahiti, qnando etiain ipsa Dei honitate ahutitur *. »

Mais le principe que, pour juger sainement la moralité intrinsèque d'une action ou d'une pratique, il faut la considérer en elle-même, dans sa nature, bien dégagée

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