N° du 20 janvier
2j56 L'HYPNOTISME FRANC.
une dame de ma connaissance, très intelligente et d'un caractère très énergique^ à qui un magnétiseur, par suggestion, immobilisa le bras en catalepsie, alors qu'elle était parfaitement éveillée, et que jamais auparavant elle n'avait été mise en sommeil hypnotique. Moi-même ayant tenté l'expérience sur quatre personnes, j'ai vu le phénomène se produire dcnx fois. Il est beaucoup moins rare et beaucoup plus facile à obtenir qu'on ne pourrait le croire. Mon collègue, M. le D"" Barth, de Bâle, a souvent recours à ce procédé pour opérer les sujets sans douleur^ quand il s'agit de courtes opérations, — de pratiquer quelques incisions dans la bouche, par exemple. Il prend une simple solution de sel, laisse croire que c'est de la cocaïne, atîirme sans hésiter que l'insensibilisation sera complète, et l'obtient pour les quelques instants qu'elle lui est nécessaire '. );>
Il est bien vrai que ^c beaucoup ne deviennent très suggestibles que par l'effet du sommeil provoqué. Celuici augmente la suggestibilité ou la crée. Aussi cherchet-on en général dans l'hypnose à provoquer le sommeil ou un état aussi voisin que possible du sommeil, pour rendre la suggestion aussi intense que possible. Mais il importe de savoir que les deux j>/(énomè/ies ne sont pas absolument corrélatifs »-.
Le sommeil «i n'est donc pas nécessaire pour obtenir l'état de suggestion, l'état hypnotique. // y a hypnose sans sommeil y> ^. Et ainsi l'on comptera un cas de plus
"2. Beniheim, Premier Congres international, etc., p. 82. 3. Ibid., p. 81.
OÙ, comme cela arrive souvent dans les langues, selon la remarque de saint Thomas, un mot désignant à l'origine une propriété tout accidentelle d'une chose, sera venu à signifier dans l'acception usuelle la chose ellemême ; de telle sorte que autre soit la signification d'origine et autre l'acception reçue et courante, ^c sicut suistantiam lapidis denoïninaimis al> aliqua actione ejus, — quk/ lœdit pedem » '.
Mais à quoi donc va se réduire l'hypnose ? Le voici : l'hypnose est un état de la sensibilité, du système nerveux, ou bien naturel et spontané , ou bien provoqué soit artificiellement et volontairement, soit accidentellement et involontairement, dans lequel une personne se montre suggestible à des degrés fort divers, c'est-à-dire apte à être impressionnée et influencée par une image qu'on lui suggère verbalement, à tel point qu'elle oljjective et réalise plus ou moins parfaitement ce que cette image représente.
J'ai dit : un état du système nerveux, en d'autres termes, de nos puissances ou facultés sensitives, particulièrement de l'imagination, du jugement et de la mémoire des choses concrètes, de l'émotivité. J'ai dit : un état naturel ou provoqué, puisque, comme nous le savons, il peut être le fait de la constitution individuelle et de l'hérédité, ou d'un accident, ou de manœu^Tes appropriées et intentionnelles.
J'ai ajouté que le propre de cet état est qu'une personne se montre apte à être influencée par une image à