‹ L'hypnotisme francChapitre 144 sur 240 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

PEUT-ON VOULOIR, EX BONNE MOEALE, HYPNOTISER quelqu'un? PEUT-ON VOULOIR ÊTRE HYPNOTISÉ SOI-MÊME ?

Peut-on vouloir, en bonne morale, hypnotiser quelqu'un, peut-on vouloir être hypnotisé soi-même ? Vouloir hypnotiser, ou vouloir être hypnotisé, est-ce bien moralement ? Est-ce mal ?

Posée de la sorte, la question est insuffisamment et incomplètement posée. Saint Thomas va nous apprendre pourquoi. « Si nous considérons les actes humains ', quant à leur moralité spécifique, dit-il, tout acte humain n'est pas nécessairement bon ou mauvais, car quelqu'un peut être indifférent-. » Or, nos lecteurs ne l'ont pas oublié, nous recherchons précisément quelle est la moralité spécifique de l'hypnotisme, c'est-à-dire celle qui lui convient par nature, par essence, et non en vertu de telles ou telles circonstances particulières.

Xotrc question sur la moralité de l'hypnotisme, pour

1 . « J'appelle acte humain celui qui procède d'une volonté délibérée. » De Malo, q. ir, a. 5.

•2. Ibid.

être posée comme il faut, doit donc l'être de la sorte : Vouloir hypnotiser ou être hypnotisé, est-ce, au point de vue de la morale et spécifiquement, un acte bon, un acte mauvais, ou un acte indifférent ?

Mais l'on se demande tout de suite par quoi un acte humain est constitué spécifiquement bon, mauvais ou indifférent. D'où est-ce que l'acte humain tire sa moralité spécifique? L'acte humain, nous répond saint Thomas, comme les puissances et les habitudes de l'àme, comme toute chose qui est essentiellement ordonnée à un autre, tire sa moralité spécifique de ce à quoi il se rapporte directement tout entier, de ce qui fait toute sa raison d'être, de son objet. « L'acte humain, l'acte moral, est spécifié par son objet, comme le mouvement par son terme ^ » Toutefois, quand nous disons que l'acte humain est spécifié dans sa moralité par son objet, il ne faut pas entendre l'objet pris isolément, abstraction faite de tout rapport, mais en tant que les prescriptions de la raison humaine - et de la loi divine '^ le regardent et qu'il y est comparé comme à sa règle. Car il existe deux règles selon lesquelles l'acte humain doit être fait et jugé : l'une, première et souveraine, la raison ou la loi de Dieu, « Lex œferna est quasi ratio Dei » '•, l'autre seconde et subordonnée, simple participation de la première, qui est la raison de Fhomme. Ou si l'on aime mieux n'avoir à

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