PAS IMMORAL
Contre ceux qui prétendent qu'il ne peut jamais être permis, je soutiens donc que Thjpnotisme, réduit aux seuls phénomènes produits par suggestion verbale, est permis quelquefois, — en supposant bien entendu qu'il n'est pas de provenance diabolique, ce que nous démontrerons plus tard. Pour justifier cette manière de voir, j'ai considéré l'hypnose en général, dans sa nature abstraite, et j'ai cru découvrir que l'hypnose ainsi considérée, au point de vue de sa moralité spécifique, ne doit être rangée ni dans la catégorie des actes bons ni dans celle des actes mauvais, mais compte parmi ces actes que les théologiens appellent indifférents, et qui deviennent louables ou blâmables seulement à cause du but pour lequel on les pose, ou des circonstances diverses au milieu desquelles ils se produisent. Cette opinion, du reste, je ne l'ai émise qu'avec la très grande réserve qui m'était imposée par mon peu de lumières d'abord, et ensuite par la nouveauté et les difficultés du sujet : mais j'ai ajouté que cette théorie fût-elle fausse, et la raison
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qu'elle me fournit, sans valeur, je n'en soutiendrais pas moins la thèse, parce qu'il reste à ma disposition une autre preuve à la fois plus sûre et plus facile.
C'est cette preuve qu'il me faut maintenant exposer.
Est-ce donc qu'un acte mauvais par nature peut jamais devenir permis ?
Avant de répondre, je demande à nos lecteurs la permission de leur mettre sous les yeux une page de saint Thomas, que je vais traduire avec une scrupuleuse fidélité. Elle est empruntée à ce précieux recueil d'opuscules que l'on appelait au moyen âge quodlibetales qu^s- TiONES, et que nous intitulerions aujourd'hui mélanges. La question traitée est celle de savoir : « si posséder en même temps, sans dispense, plusieurs prébendes qui n'ont pas charge d'âmes, est un péché mortel * ». Après avoir fait remarquer qu'une telle question peut relever tout ensemble du droit divin positif, du droit naturel, du droit ecclésiastique, et observé que l'Écriture sainte est muette ou pas suffisamment claire sur ce sujet, le saint Docteur entreprend de la discuter au point de vue du droit naturel, et le fait en ces termes :
« En nous plaçant au point de vue du droit naturel, voici, à ce qu'il semble, ce qu'on doit dire. Il existe