‹ L'hypnotisme francChapitre 2 sur 240 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

compétents pensent qn'il ne sera pas dépourvu d'actualité.

C'est qu'eu effet, parmi les questions agitées à l'heure présente, il en est peu qui préoccupent aussi vivement les esprits que l'hypnotisme. On en parle un peu partout : dans les ateliers comme dans les salons et dans les réunions mondaines, dans les sociétés savantes, dans les écoles, daus la chaire sacrée. L'homme du peuple et l'homme de science, le magistrat, le législateur, le médecin, le prêtre s'y montrent également intéressés ; et il n'y a pas jusqu'aux gouvernements eux-mêmes qui plusieurs fois n'aient cru devoir intervenir, ou n'aient été sollicités de le faire, dans les débats soulevés autour de ce mystérieux phénomène (1).

Car si tous s'occupent de l'hypnotisme, il s'en faut bien que tous soient d'accord sur sa nature et sa valeur. Pour les uns l'hypnotisme doit être compté au nombre des découvertes de notre siècle les plus glorieuses et les plus bienfaisantes : il est destiné à transformer de la façon la plus heureuse la philosophie, la littérature, l'éducation, la méde-

(1) Delbœuf, L'iujpnothme devant les Chambres législatives belges . — A "Washington, le sénateur Midchell, de l'Orégon, proposait, le 3) djcembre 1892, uu bill portant peine de mort, — ddeath penalty D — contre quiconque se livre aux pratiques du magnétisme, du mesmérisme, de l'hypnotisme.

« Yoici venir, nous dit M. Albert Moll, le savant hypnotiste berlinois, un jeune homme de seize ans, qui demande que je Tendorme. Il a déjà été hypnotisé plusieurs fois. Aussitôt, et sans préambule, je lui dis de me regarder fixement dans les yeux. Après qu'il m'a ainsi regardé pendant quelque temps, je le prends par la main et fais quelques pas avec lui. Puis je le lâche, ses yeux restant toujours fixés sur les miens. Je lève alors ma main droite : il lève sa main droite. Je lève ma main gauche : il fait de même... ^ » Le jeune homme dort. Comme on le voit, ce procédé ne diffère pas de celui qu'employaient les magnétiseurs des derniers temps, et que M. Teste décrivait comme il suit : « Yous vous asseyez vis-à-vis de votre sujet. Tous l'engagez à vous regarder le plus fixement qu'il pourra, tandis que de votre côté vous fixez sans interruption vos yeux sur les siens. Quelques profonds soupirs soulèveront d'abord sa poitrine, puis ses paupières clignoteront, s'humecteront de larmes, se contracteront fortement à plusieurs reprises, puis, enfin, se fermeront -. »

Mais tout le monde ne s'endort pas aussi facilement que le jeune homme dont nous venons de parler : et c'est une fatigue pour l'hypnotiste de fixer longtemps son sujet. L'on a donc été naturellement amené à rechercher si l'on ne pourrait pas influencer autrement le regard des personnes à endormir. Et effectivement, on a trouvé des moyens.

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