LWvenij- de Vhypnose, p
saurait provenir que d'un agent préternaturel, — trop justement suspect.
Après avoir de la sorte exposé son objection, M. Gombault continue ainsi :
<( M. l'abbé Méric, qui constate avec impartialité
le phénomène, croit pouvoir en donner dans ces
termes la raison : a Le sujet croit voir sur une feuille blanche un carré rouge qui n'existe pas, son imagination surexcitée rapporte extérieurement à cette feuille le carré imaginaire, voilà le fait sur lequel sa pensée s'égare ; mais c'est un fait particulier, en dehors duquel le sujet voit comme vous et moi. Or, si vous enlevez brusquement un carré rouge sous les yeux d'un homme sain à l'état de veille, il accusera aussitôt la sensation du vert ; le somnambule ne fait pas autre chose, et le rouge imaginaire étant réel pour lui, il lui est évident qu'il doit accuser la sensation du vert quand vous enlevez brusquement la feuille blanche et que vous la remplacez par une autre. -»
(L Qu'est-ce qu'un rouge imaginaire réel, si ce n'est un rouge imaginaire affectant la membrane rétinienne par la vivacité de la représentation et produisant l'image subjective réelle qui s'extériorise par l'organe ainsi halluciné? — S'il n'y avait pas modification de l'organe, comment y aurait-il superposition des couleurs et couleur résultante ? — M. l'abbé Méric nous a avoué que le sujet ignore la théorie des couleurs complémentaires ; alors comment peut-il imaginer cette couleur résultante ? l'ignorant ne la verra pas, si son organe n'est pas le siège d'une impression produite par la couleur suggérée.
« Sa pensée la voit, dit rauteur cité. — C'est impossible, s'il ne connaît pas la théorie des couleurs complémentaires. Cela ne suffirait nullement, et n'expliquerait pas comment l'organe visuel voit réellement une couleur résultante ' . »
Cette objection par laquelle on prétend établir le caractère préternaturel de l'hypnose, nous amène à étudier un des points les plus intéressants de notre vie subjective, et à faire l'exposition d'une des théories les plus habilement conçues de la psychologie aristotélicienne et thomiste : évidemment nous sommes mis en demeure de parler des images sulijectîves jièriijlièrîques ^ d'établir leur existence, et d'en expliquer, s'il se peut, l'origine et les propriétés. Du reste, n'est-ce pas une bonne fortune, d'avoir à entretenir nos lecteurs d'un sujet qui a vivement piqué l'attention de savants renommés, tels que J. Millier, Burdach, Herschell, Tarchanoff, etc., et qui est encore relativement peu connu ?
D'abord, les faits :
Le plus souvent, quand il se produit en nous des hallucinations, soit durant le sommeil, soit même pendant que nous sommes éveillés, nous avons conscience que ces hallucinations ont leur siège dans nos appareils intra-cérébraux ; mais il n'en est pas toujours ainsi et, parfois, les apparitions subjectives se développent dans les parties périphériques de l'organisme sensoriel. Le cas peut se présenter pour chacun de nos sens ; bien que peut-être