‹ L'hypnotisme francChapitre 214 sur 240 · Le Sommeil, p · texte numérisé non relu

Le Sommeil, p

Il est même des personnes qui possèdent le pouvoir de se procurer, quand elles le veulent, des représentations subjectives périphériques. Tel est le cas pour le docteur Meyer, avec son fameux étrier d'argent. Le docteur, ayant fermé les yeux, appliquait fortement son imagination à se représenter un étrier d'argent ; puis, après quelques minutes, il relevait ses paupières. L'image de l'étrier se trouvait alors devant ses yeux : il l'avait bien réellement évoquée au milieu de son champ visuel obscur. La seule différence qu'il observait entre l'image intracérébrale et l'image périphérique était que celle-ci, au lieu d'être claire comme la première, apparaissait très foncée.

Le simple exposé des faits que nous venons de rapporter, nous permettrait déjà de répondre d'une manière suffisante à l'objection qui nous occupe. Si, en effet, à la suite d'une excitation vive de l'imagination, il peut arriver que nos sens extérieurs, nos yeux en particulier, soient actionnés et impressionnés comme ils le sont à la présence réelle des objets, il est évident que les phénomènes qui accompagnent normalement la perception réelle, accompagnent de même la sensation d'origine subjective, et que, en ce qui concerne spécialement la vision, les lois ordinaires de l'optique entreront tout naturellement en exercice, sans qu'il soit besoin de recourir à un agent préternaturel quelconque. Mais la psychologie et la physiologie pouvant nous donner quelques lumières sur ces événements curieux de notre vie subjective, nous allons en profiter, pour étudier plus à fond les phénomènes et apporter à la difficulté une solution

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plus complète. Si, à cette occasion, je m'accorde un peu de large, mes lecteurs me le pardonneront, j'en suis sûr, quand, outre la satisftiction de se sentir mieux renseignés, ils auront celle de constater que je leur aurai mis sous les yeux une page aussi importante que peu connue de l'histoire des sciences psychologiques.

Aristote a signalé ces images périphériques d'origine subjective. Dans son traité des Songes, après avoir affirmé avec insistance que la représentation des objets se retrouve dans les sens alors même que les objets ne sont plus présents, il ajoute : (c Que notre affirmation soit vraie, et que le mouvement des images provenant de l'imagination se continue l)ien dans nos organes, chacun peut s'en convaincre, s'il veut se souvenir de ce qui nous arrive quand nous passons subitement du sommeil à la veille. Car, qui se réveille de la sorte, surprend parfois dans ses sens les images qu'il contemplait en imagination pendant son repos. Ainsi les enfants, parfaitement éveillés et ayant les yeux bien ouverts, TràuL-rrav oixoXsTrouaiv, voient-ils les fantômes de leurs songes se mouvoir encore dans les ténèbres, au point d être souvent envahis par la frayeur et de se cacher, w^-r' eyxaXuTTTSaOxi ttoXÀ^xk; cpoêouas-

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