Summa Thcolog., I, q. 78, a
pium ' ». Et cela n'a rien qui doive surprendre. Pourquoi les images ne feraient-elles pas une seconde fois, bien qu'en sens inverse, le chemin qu'elles ont fait une première fois? Qui peut aller d'Athènes à Thèbes, ne pourrait-il donc aller de Thèbes à Athènes? L'expérience le montre, et Aristote l'avait déjà observé, certains regards peuvent ternir la surface très pure d'un miroir. « Si le regard peut exercer une telle action sur un objet étranger avec lequel il ne forme pas corps, à plus forte raison un de nos organes extérieurs peut-il subir une influence de nos parties organiques centrales, similiter facile et celer iter moveri ^mtest organum sensus a parliculis intra, puisque ces parties et nos sens extérieurs forment un tout continu, et qu'un nerf va sans interruption des centres à chacun de nos organes de la périphérie, cum illœ siat in organis sensimm conjunctœ, in eodem suljecto, et continuus sit nervus al) interioriljus ad organa veniens -. »
Et que va-t-il se passer à la suite de ce retour de l'image dans les sens ? On le devine sans peine : les sens étant impressionnés comme ils l'avaient été à la présence de l'objet, « eodem modo... sicut ex 2)riiis accejyta forma motus in organo ^ », entrent en activité et sont déterminés à l'acte de leur perception spécifique, l'œil voyant, l'oreille entendant, le goût savourant, comme s'ils étaient sous l'action des objets réels, à l'état de
1. De Somno et VlgUl'i, lib. Il, tract, II, cap. ii. Cf. ibid. tract. I, cap. ir.