De Somno et Vigilia, lib, II, tract. I, cap. v
392 L'HYPNOTISME FRAXC
Ainsi se trouvent approvisionnées des représentations sensibles dont elles ont besoin, l'imagination, la mémoire et l'estimative, — l'imagination surtout, à qui la nature a spécialement confié le dépôt et la garde de ce trésor, « f/tesaitrus qiiùlam forma rum pfr se nsiim arcepfarinn ' )>.
^lais voici qui est plus curieux, quoique moins communément observé : les images des choses, quand elles ont une fois pénétré dans nos sens supérieurs internes, n'y restent pas toujours inertes et à Tétat de forces latentes. Sous l'action de stimulants divers, on les voit tout à coup saillir, pleines d'éclat et de vigueur, remuant, agitant, bouleversant parfois toute notre vie intime : et dans ce cas le déplacement des images et leur mouvement recommence, comme tout à l'heure, mais en sens inverse ; car alors la file des images ou des impressions sensibles, au lieu de remonter des sens extérieurs aux sommets de notre sensibilité interne, redescend de ces hauteurs jusqu'à la sensibilité périphérique. C'est ce qu'il nous faut encore entendre d'Albert le Grand :
c( Les images, dit-il, vont d'abord des sens extérieurs jusqu'au fond de l'âme sensible, jusqu'à l'organe de l'imagination et de la fantaisie ; mais ensuite, quand elles s'éclairent, elles reviennent jusqu'au principe des sens d'où elles étaient parties, a simulacra primo a sensihiis vaiJunt ad fundum (/nimœ se/isibilis, ad on/amim imafjinafionis et jdtantasiœ, et exinde refluunt lucentes et successive venientes ad primum sensitivi princi-