Hédon, ibid
]\I. le professeur Ch. Debierre, ne retentit pas seulement sur les ganglions moteurs, mais elle retentit aussi sur les ganglions sensoriels. De même «jue l'idée est éveillée par les impressions sensorielles, de même aussi l'idée réagit sur les centres sensoriels, au point de produire dans certaines circonstances des illusions et des hallucinations. L'idée d'une odeur nauséabonde peut exciter la sensation au point de produire le vomissement; l'image vue dans un rêve peut persister quelque temps après qu'on a ouvert les yeux. Certaines personnes, en se figurant mentalement l'image d'un objet qui n'est pas présent aux sens, le voient comme passer devant elles dans son costume changeant. Ainsi Dickens entendait positivement les voix de ses personnages; ainsi Flaubert causait avec les siens et était affecté par eux^ »
Le savant professeur de physiologie à l'Académie impériale de Médecine de Saint-Pétersbourg, prince Jean de Tarchanoff, écrit de même : « La physiologie nous apprend qu'au fond des phénomènes de l'excitation des centres nerveux, qu'il s'agisse des centres purement moteurs ou des centres de sensations ou de représentations, se trouve une forme particulière de mouvement moléculaire vital qui, en se propageant excentriquement, vers les muscles, provoque le mouvement, et, en se propageant vers les appareils périphé-
1. La Moelle épinière et l'EncipTiale, p. 421. Compar. James Sully, Les illusions des sens et de l'esprit, p. 80-83, p. 132, ce Arrièrerêves )>.
riques sensitifs, provoque la projection de sensations et de représentations déterminées '. »
En tenant un tel langage, nos maîtres d'aujourd'hui paraissent bien croire qu'ils expriment une vérité nouvelle, et ne pas soupçonner qu'ils ne font que reproduire une thèse d'Aristote et des scol astiques de la grande époque. Quoi qu'il en soit, l'accord de la psychologie antique et de la physiologie moderne réduit à néant l'objection qu'on nous avait opposée, et nous permet de procéder, en sécurité parfaite, à l'achèvement de notre théorie de l'hypnose.
Le moment est venu d'aborder les phénomènes qu'on pourrait appeler transcendants de l'hypnose. Les autres me semblent suffisamment expliqués soit par ce que j'ai dit, soit par ce que nous avons entendu dire dans le procès de l'hypnotisme, où adversaires et défenseurs nous exposèrent tour à tour leurs raisons-; mais il reste ces faits étranges, dont le récit a ému si fort l'opinion , et jeté un certain trouble même dans des esprits réputés fermes. L'on se souvient de l'expérience de M. Focachon sur Élisa F...: un simple papier de timbre-poste gommé produisant en quelque vingt-quatre heures tous les effets d'un vésicatoire véritable, rougeur intense , gonflement de la peau, phlyctènes, suppuration''; et des expériences,
1. Hi/pnotisme, suggestion, et lecture des pensées, traduit du russe par Ernest Jaubert,p, 20.