‹ L'hypnotisme francChapitre 30 sur 240 · De la suggestion mentale^ p · texte numérisé non relu

De la suggestion mentale^ p

d'hystériques, puissent être endormis contre leur gré, nul homme de science n'osera le révoquer en doute. Les faits parlent trop haut, et sont trop connus. Qui n'a lu, dans les ouvrages spéciaux, l'histoire de cette pauvre jeune fille, qui ne pouvait ni coudre ni broder, parce que, sitôt qu'elle fixait son ouvrage, le sommeil la prenait ? et l'histoire de cette femme qui s'endormait en regardant son miroir ? et de cette autre qui tombait en catalepsie, pour avoir fixé la glace polie et ensoleillée d'une pièce d'eau ? et les femmes qui, comme Ton dit, « perdent connaissance », au milieu de la foule, quand éclatent les premières fusées d'un feu d'artifice, une fanfare militaire, un coup de tam-tam ? et les sujets que l'on endort, en projetant sur leur visage un rayon de lumière électrique, ou en approchant de leur peau un aimant ? Évidemment, tout ce monde sera à la merci d'un hypnotiseur, pour peu qu'il ait du savoir-faire et de l'audace. C'est parce qu'elle était <r exceptionnellement disposée par son tempérament nerveux » * à entrer en état hypnotique, que l'infortunée Joséphine Hughes fut la victime de cet ignoble Castellan. Par ses étranges simagrées et par son regard, il boulevei-sa et influença cette jeune fille, naïve et impressionnable, au point de la mettre en somnambulisme. Après quoi, usant de la suggestion, il l'oblige, cette innocente paysanne, cette jeune fille jusque-là estimée et respectée de tous, à le suivre pendant quatre jours, malgré la répugnance qu'il

1. Affaire Castellan, cour d'assises du Yar^ rapport des D^^ Auban et Jules Roux, cité par M. Liégeois : De la suggestion et du somnamhulisvie , p. 544.

lui inspire, lui, le mendiant, « laid, mal vêtu, portant de longs cheveux noirs et une barbe inculte, affligé en outre d'im pied bot » ', jusqu'à ce que quelques braves gens arrachent au séducteur la malheureuse fugitive et la ramènent à la maison paternelle, pour y cacher, et y pleurer, son déshonneur.

C'est parce qu'il avait la sensibilité trop développée, que M. AYalker, le compagnon de M. Braid, s'endormait en voulant endormir les autres. M. Braid nous le raconte lui-même ; ce qui parait piquant à l'excès, après que le célèbre médecin nous a dit, peu auparavant : « L'état hypnotique ne peut être déterminé, à aucune de ses périodes, sans le consentement de la personne opérée... Personne ne peut y être soumis, à aucune période, à moins de consentement libre 3) . Yoici donc ce qui arriva à M. "Walker :

(( Après ma conférence dans « Hanover Square Kooms » à Londres, le 1^^ mars 1842, — c'est M. Braid qui parle — une personne vint dire à M. AYalker, qui était avec moi, qu'elle désirait m'entretenir, et qu'elle me priait d'essayer si je pourrais l'hypnotiser. Elle souhaitait fort de pouvoir être affectée, et tel était aussi le souhait de ses amis ; mais ni M. Lafontaine, ni d'autres qui avaient fait la tentative, n'avaient pu réussir à l'endormir. M. "Walker répondit au visiteur que j'étais occupé et le pria de s'asseoir, lui disant qu'il allait l'hypnotiser lui-même dans un instant. Je vins dans la chambre peu après, et je pus observer ce qui se passait.

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