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M. Croq eut Lient ôt l'occasion de se convaincre qu'il avait là un moyen sûr d'endormir Joséphine , même contre sa volonté formelle. Un jour que, je ne sais pour quel motif, il avait commandé à sa malade, pendant le sommeil, d'avoir une crise hystérique, la crise eut lieu comme il l'avait ordonné; mais la malade, paraît-il, ne trotiva pas la chose de son goût ; et, le lendemain, le docteur voulant de nouveau l'hypnotiser, elle refusa, net, de s'endormir. « Alors nous avons appuyé sur les régions hypnogènes frontales, et, en qtielques secondes, le somnambulisme s'est déclaré.
(c Grâce à ces faits, conclut M. Croq, nous pouvons éviter les doutes de Pitres, et déclarer que la pression des zones hypnogènes est capable d'endormir le sujet sans qu'il le veuille ' . y>
M. Croq, quand il conclut avec tant d'assurance, a tort, je le crains, d'otiblier cette réflexion de M. Pitres : (( Pour répondre avec certitude à cette question, les expériences du laboratoire sont sans valeur. Le fait seul que les malades se trouvent en présence de médecins ou d'étudiants qui les ont endormis ou qu'ils savent capables de les endormir, suffit pour jeter le doute sur les résultats obtenus'. y> Je ne dirais pas que Texpérience du docteur de Bruxelles est absolument ce sans valeur )>, mais l'observation de M. Pitres m'empêche de lui reconnaître la valeur dêmonstrcftive que son auteur semble lui attribuer.
1, Revue de Vltypnotisme et de la psychologie physiologique, rf de juin 1893.
2. Leçons cliniques sur l'hystérie et l'hypnotisme, II, p. 115.
Que des gens qui ont été souvent hypnotisés, que des malades, plus ou moins déprimés et déséquilibrés, puissent être quelquefois endormis malgré eux, cela se comprend encore, et s'admet sans trop de peine : mais ce qui ne se comprendrait plus, bien sûr ; ce qui, sans doute, ne saurait être admis, c'est qu'un homme qui n'a jamais été soumis aux pratiques des hypnotiseurs, qui est sain et bien constitué, puisse être endormi contre sa volonté, lui, résistant et luttant. Ici, la parole de Braid et de Bernheim, certainement, va se trouver de tout point justifiée.
Avant de nous prononcer, commençons encore par faire une distinction : Ces hommes, dont vous parlez, qui n'ont pas jusqu'ici été hypnotisés, sains et bien constitués, et qui ont juré de ne pas se laisser endormir, ou bien ils se soumettent aux procédés de l'hypnotisation, ou bien ils ne s'y soumettent pas. L'on peut faire cette double hypothèse, en effet. Un homme peut dire : c( Je n'entends pas être endormi, par qui que ce soit ; et, pour être plus sûr que cela ne m'arrive pas, j'évite et je fuis l'hypnotiseur; » ou bien il peut dire : « Je suis sûr de moi, je ne dormirai pas, quoi que l'on me fasse, si je yeux ne pas dormir ; hypnotisez-moi, et apprenez qu'on n'endort pas les gens malgré eux. » Les deux cas peuvent se présenter, et, en fait, se présentent.
"Voyons d'abord ce qu'il faut penser des personnes qui voulant ne pas dormir, acceptent pourtant d'être soumises aux pratiques de l'hypnotiseur.
Il est avéré qu'il leur arrive assez fréquemment, ce qui adviendrait à un homme qui, ne voulant pas s'enivrer, consentirait à avaler quelques fortes rasades, de ce vin ce traître », contre lequel les têtes les plus solides ne se défendent pas toujours victorieusement, ce Parfois, la suggestion, dit un des hypnotistes les plus considérés de notre temps, opère bien vite, bien subtilement, et se rend maîtresse de l'imagination avec une facilité surprenante. Quelques secondes, en certains cas, suffisent pour rendre un homme qui n'a jamais été hypnotisé, comme une poupée sans volonté — WiJhnlose Puppe — entre les mains d'un autre homme. Et j'ai même observé que, par une sorte de contraste étrange, les hommes qui plus volontiers se raillent de l'hypnotisme, et affirment le plus bruyamment que personne ne les hypnotisera, sont justement ceux que, souvent, l'on endort le plus facilement et le plus vite, malgré toute la résistance qu'ils opposent ^ »
Un fait qui démontre d'une façon éclatante que les
ilus vaillants et les plus forts ne se soumettent pas im-
.mément aux manœuvres de l'hypnotisation, c'est
expérience de M. Heidenhein. Un jour, il entreprit
endormir un groupe de soldats allemands, en présence
le leurs chefs, les chefs leur défendant rigoureusement
de céder au sommeil. On croyait bien qu'il ne réus-