‹ L'hypnotisme francChapitre 32 sur 240 · Voir plus haut le chapitre : ce Comment on hypnotise j · texte numérisé non relu

Voir plus haut le chapitre : ce Comment on hypnotise j

« La solution du problème, dit fort justement M. Pitres dans une de ses leçons, doit ressortir d'observations accidentelles, réalisées dans des circonstances imprévues, indépendamment de toute intervention des personnes qui pourraient avoir sur l'imagination des malades une autorité ou une influence quelconque. Or, poursuit-il, je ne connais qu'un fait qui réponde à ces desiderata; encore n'est-il pas absolument irréprochable. Je vous le donne tel que je l'ai recueilli :

«: La nommée Élisa G..., que je vous ai montrée il y a quelques mois quand nous étudiions ensemble les spasmes rythmiques hystériques, a, sur différents points du corps, des zones hypnogènes. On en trouve en particulier de très actives sia- Us plis du coude et sur les creux poplités. Élisa est une fille peu intelligente, mais très honnête )). Après avoir dit comment il s'en était assuré, M. Pitres continue ainsi son histoire : « Elisa était sortie de l'hôpital en même temps qu'une autre malade très vicieuse nommée Thérèse : « Quand nous arrivâmes place (( d'Aquitaine, dit-elle, nous rencontrâmes deux mes- (c sieurs qui connaissaient Thérèse et nous invitèrent à « déjeuner. Je ne voulais pas accepter, mais à force de ce prières je me laissai aller. Xous arrivâmes dans un « petit restaurant hors de la ville. Un des messieurs (( voulut m'embrasser : je me fâchai vivement, et on se « mit à déjeuner sans qu'il renouvelât ses tentatives. (( Quand le déjeuner fut terminé, Thérèse me laissa f( seule avec lui. Il voulut encore m'embrasser, je le recc poussai, le menaçai de crier et pris une chaise pour me « défendre. Il s'élança alors sur moi et me saisit le hras.

(( Ahrsjej^erdis Irusquement connaissance, et je ne sais « pas ce qui s'est passé. Quand je revins à moi, réveil- « lée par Thérèse, nous étions tous les quatre dans le <L restaurant et c'était le moment départir '. » La pau- Tre fille, hélas! devait trop tôt apprendre ce qui s'était passé !

M. Pitres fait suivre ce récit des réflexions suivantes :

Connaissant la malade comme je la connais je suis convaincu qu'elle est sincère, mais je ne pourrais pas en fournir de preuves matérielles. Dans tous les cas, son histoire doit éveiller notre attention sur la possibilité de provoquer le sommeil hypnotique chez certains malades, à leur insu ou contre leur volonté formelle, par la pression de zones hjpnogènes -. :>)

L'attention des savants, en effet, a été éveillée. Ils ont repris la question, et M. le D"" Croq (fils), de Bruxelles, a même cru la résoudre définitivement, par l'obseiTation que lui a fournie une de ces malades.

Ayant reçu dans son service une hystérique, Joséphine D..., il procéda, sur cette malade, à la recherche des zones hypnogènes. Joséphine n'avait jamais assisté à une expérience semblable, et n'avait pas l'idée de ce qui devait se produire. Sans prononcer une parole, le docteur appuya d'abord légèrement sur le vertex : aussitôt les yeux se fermèrent et la malade tomba en somnambulisme. Il la réveille ; et, après un moment, pratique la pression aux bosses frontales : le sommeil se produit encore instantanément. L'existence des zones était constatée.

1. Leçons cliniques sur l'hf/stcrie et l'hypnotisme, t. II, p. llô.

Page 1