DOCTUINES DE [/ÉCOLE DE PARIS
L’École de l’aris ii’a certes pas ignoré le moyen de produire l’hypnose par suggestion, elle n’a pas non plus méconnu que l’on peut réveiller le sujet en al'lirmant le réveil; mais ces procédés ps;/chiques out été plutôt le propre de l’h^cole de Nancy, c’est pourquoi nous en réservons la description pour plus tard.
Les partisans de l’École de Paris admettent parfaitement que l’on peut produire le sommeil par simple suggestion, mais ils soutiennent que l’hypnose peut encore être obtenue, en dehors de toute suggestion, par les procédés physiques décrits précédemment : pour eux, bien que la suggestion soit un des phénomènes principaux de l’hypnotisme, il peut cependant y avoir sommeil hypnotique sans suggestion. Nous verrons bientôt qu’à Nancy on pense tout autrement.
Tout le monde est-il hypnotisable? Pour Charcot, Richer, Gilles de la Tourette, Babinski, Pitres, etc., l’hypnotisme ne se développe que chez les hystériques et la proportion des individus hypnotisables serait d’environ 30 “/oi les femmes sont en général, pour les mêmes auteurs, plus sensibles que les hommes au sommeil hypnotique. Tous les hystériques ne sont cependant pas hypnotisables : Guinon, Grasset, Pitres, etc., ont souvent rencontré des malades, atteints de la grande névrose, chez lesquels il était impossible de produire l’hypnose.
Il en est, d’après Pitres, des aptitudes hypnotiques comme de tous les symptômes hystériques : aucun n’est constant. Les manœuvres hypnotiques ne font, en définitive, que mettre en évidence certaines prédispositions morbides, elles ne créent rien.
Le sommeil se manifeste plus ou moins vite chez les différents sujets, mais un fait constant, signalé par Richer, c’est la facilité de plus en plus grande de provoquer l’hypnose à mesure que les expériences sont plus souvent répétées : nn sujet que l’on endort une première fois en vingt minutes, sera hypnotisé une seconde fois en dix minutes, puis en cinq, en deux minutes, puis instantanément; c’est une véritable éducation hypnotique.
CHAPlTRlf: II.
Des zones hypnogènes.
Charcot et Richer ont observé que la pression du vertex est susceptible de transformer l’état léthargique en état somnambulique; Dumontpallier a vu que cette pression est capable de provoquer d’emblée le sommeil hypnotique, mais c’est surtout Pitres qui, il y a peu de temps, s’est occupé de cette question : « Je désigne^ dit Pitres', sous le nom générique de zones hypnogènes, des régions circonscrites du corps, dont la pression a pour effet, soit de provoquer instantanément le sommeil hypnotique, soit de modifier les phases du sommeil artificiel, soit de ramener brusquement à l’état de veille, les sujets préalablement hypnotisés. »
Les zones hypnogènes peuvent se rencontrer, d’après l’auteur, à toutes les régions du corps et en nombre plus ou moins grand; la peau qui les recouvre est absolument normale; elles sont souvent symétriques et ne sont nullement en rapport avec les anesthésies cutanées. Leur étendue est ordinairement restreinte, quelquefois, cependant, elle atteint plusieurs décimètres carrés ; leur action se manifeste quelquefois par simple frôlement, mais, la plupart du temps, il faut une compression assez forte pour provoquer les efiets voulus.
D’après la nature des effets qu’elles provoquent, Pitres a divisé ces zones en hypnogènes proprement dites et en hypnofrénatrices ; les unes provoquant le sommeil, les autres le faisant cesser brusquement. Dans le groupe des zones hypnogènes proprement dites, il distingue :
1“ Les zones hypnogènes simples qui, comprimées à l’état de veille, déterminent invariablement une phase constante;