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CHAPITRE III

lyjmo ^0 ci’iminel, elle l’eüteiulit; tout se passa comme

Liégeois l’avait ordonné ; le môme jour, elle alla faire sa déclaration au bureau de police, où l’on n’avait rien remarqué de particulier à sa physionomie.

M. Focachon, ayant endormi la tille X., lui suggéra qu’elle lui avait volé un bracelet; après une légère résistance, elle accepta la suggestion. Alors M. Focachon lui dit :

« J’ai à me venger de quelqu'un. Voulez-vous m aider?

— Tout de suite.

— Vous savez que M. Z. est mon ennemi.

— Je crois bien.

Alors vous allez le dénoncer. Aussitôt éveillée, vous

écrirez au juge de paix de Charmes pour lui dire que vous avez été accusée ici du vol d’un bracelet, mais que vous êtes innocente; que le coupable est M. Z. et que vous lavez vu commettre ce vol.

Mais ce sera faux, puisque c’est moi qui ai pris le bracelet.

N’importe, vous écrirez cela.

— Soit, mais ce n’est pas vrai.

c’est vrai ; car vous êtes une trop honnête fille pour

avoir volé. Ce n’est pas vous... Vous entendez bien! Ce n’est pas vous, je vous dis que ce n’est pas vous !

— Mais non, ce n’est pas moi..

C’est M. Z. qui est le voleur! Vous l’avez vu.

— Oui, je l’ai vu, c’est lui.

— Vous allez écrire au juge de paix.

Tout de suite ! Il faut bien que je le dénonce. »

Dès son réveil, M“'’ T. écrivit ce qui suit :

Charmes, le 5 octobre.

« Monsieur le Juge de paix.

,< Je viens m’acquitter d’un devoir. Ce matin, il a chez M. Focachon, à l’heure d'une heure, un bracelet. J ai été un moment accusée, mais bien injustement, je vous le jure.

DOCTRINES DE l’ÉCOLE DE NANCY.

car je suis tout à lait iunoceute. Le voleur, je dois vous le noninier, car je l’ai vu, c’est M. Z... Voilà comme cela s’est passé. Il s’est introduit dans le salon de M. Focachon à une heure, il est passé par la petite porte de la rue du Four et il a volé le bracelet de M‘“® Focachon, qui se trouvait dans une armoire, près de la fenêtre. Je l’ai vu. 11 l’a mis dans sa poche et ensuite il est parti.

Je vous jure que cela est tel que je le déclare. 11 est le seul voleur et je suis toute disposée à l’avouer devant la justice. »

[Signature.)

M. Liégeois dit à P... qu’elle a, dans un moment de colèi*e, tué l’amie qui l’avait, quelques jours auparavant, accompagnée chez M. Liébault. Le juge d’instruction près le tribunal de L... se trouvait là par hasard, M. Liégeois prévint ÎVr*" P... qu’il allait l’interroger, que ses réponses devaient être exactes.

— « Pourquoi avez-vous tué votre amie ?

— J’étais fâchée contre elle, à la suite d’une querelle.

— Avec quel instrument avez-vous commis le meurtre ?

— Avec un couteau.

— Où est le corps de la victime?

— On le trouvera chez elle.

— Vous savez ce qui vous attend, après un pareil crime?

— Parfaitement, mais cela m’est égal. »

On peut donc, tant par suggestion directe, que par hallucination rétroactive, faire faire un faux témoignage.

« Je suppose, dit Liégeois, un crime effectivement commis ; un homme a été assassiné, par exemple. Je me renseigne exactement sur toutes les circonstances du fait, et je donne à quelques-uns des somnambules que fournit chaque jour la clinique du docteur Liébault, une hallucination identique. Je leur fais voir, à tous successivement, les différents actes du drame; ils voient l’assassin guettant sa victime; ils assistent à la lutte; ils entendent les cris, les appels désespérés, les excla-

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mations suprêmes ; ils sont terrifiés par le spectacle qui se passe devant eux; mais surtout je leur montre le cri’mme/ dans raccomplissement même de son forfait, et ce criminel sera pour eux la personne qu'il me plaira de désiqner ! lÜ tous iront déposer devant la justice, feront des récits concordants, prêteront serment de dire la vérité, et, en leur âme et conscience, ils la diront, puisqu’ils ne raconteront que ce (pi’ils auront vu et entendu.

« Quelle situation que celle qui serait faite â un homme contre qui de pareilles charges seraient accumulées, et qui serait, pour une raison ou une autre, dans 1 impossibilité d’invoquer un alibi!!! »

Liégeois admet également la possibilité du faux témoignage par hallucination rétroactive ; il s’est efîorcé de diminuer la difficulté que présente, dans le cas d’amnésie suggérée, la recherche du coupable. 11 croit avoir trouvé le moyen de faire dénoncer le coupable par le somnambule ; il a réussi si souvent dans ses expériences, qu’il croit tenir un moyen presque assuré de déjouer la suggestion de l’amnésie. Ce procédé consiste à faire dénoncer 1 auteur de la suggestion non pas directement, mais indirectement, par des actes dont il ne comprendra pas la signification, ou même par des démai ches auxquelles on donne une apparence de protection et de défense pour le criminel lui-même.

On lui dira : quand vous verrez entrer « l’auteur, quel qu’il soit, de la suggestion », vous ne pourrez vous empêcher de

dormir pendant deux minutes.

On lui inspirera l’idée de se rendre chez l’auteur de la suggestion, pour le protéger contre les agents de la force publique et de le prendre dans ses bras, de le couvrir de son corps ou bien de le prévenir par lettre que des soupçons s’élèvent contre lui, qu’il doit prendre des précauUons.

« Je ne sais si je me fais illusion, dit Liégeois^ mais, je crois qu’il y a là un moyen presque assuré de déjouer la suggestion de l’amnésie, faite par celui qui aura suggéré à un

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