P. Richeh, loc. cil., p. 6b
CHAPITHE II.
Dans l’état cataleptique, la, sensibilité générale est encore complètement abolie^ mais la sensibilité spéciale varie considérablement suivant les sujets : ceidaiiis d’entre eux présentent une impressionnabilité partielle des sens, chez d’autres les sens sont complètement abolis. Le sens musculaire, par contre, conserve toute son activité, c’est par sou intermédiaire que l’on peut, le plus souvent, produire les états suggestii’s remarquables dont nous avons parlé précédemment.
En parlant brusquement, à haute voix, on peut quelquefois produire des suggestions chez les cataleptiques ; par le toucher, on peut leur suggérer des mouvements automatiques; en leur mettant une aiguille, un tricot dans les mains, ils se livrent automatiquement à l’ouvrage qui leur est familier. Par la vue, on produit parfois la fascination : ou regarde fixement la malade, on lui fait fixer le bout des doigts, puis on se recule, le sujet vous suit*; si on fait le geste de poursuivre un oiseau, le cataleptique se met à poursuivre l’oiseau et cherche à le saisir. On peut donc, dans cet état de fascination, déterminer des hallucinations en simulant certains actes, mais aussitôt qu’on cesse l’acte, le cataleptique redevient immobile; si on veut le faire écrire, il faut dicter syllabe par syllabe-.
Si l’on fait de la musique devant un sujet cataleptique, il prend aussitôt l’attitude en rapport avec le genre de musique, il danse ou se jette à genoux suivant que c’est un morceau gai ou religieux.
Pendant le somnambulisme, l’anesthésie à la piqûre persiste, dit P. Richer®, mais l’état des sens varie; certains d’entre eux sont abolis, d’autres sont exaltés. Le fait le plus remarquable a trait aux sens de la température et du toucher : le moindre courant d’air est ressenti à plusieurs mètres de distance.
Le champ visuel et l’acuité visuelle peuvent être doublés ; l’odorat peut être hyperesthésié à ce point que le sujet retrouve les morceaux d’une carte de visite qu’on lui a fait sentir ; l’ouïe
1. Bourneville et Regnard, Iconogr. photogv. de la Salpêtrière, t. 4ll.
2. FÉré, Les hypn. hystériques considérés comme sujets d’expériences en médecine mentale {Arch. de neurol., 1883).