‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 13 sur 208 · Richer, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Richer, loc. cit., p

DOCTBINES DE l'ÉCOLE DE PARIS.

peut être si fine qu’une conversation peut être entendue à un étage inférieur.

b. La mémoire est souvent exaltée pendant le somnambulisme : « J’endors V, dit Iliclier, je lui récite cpielques vers, puis je la réveille. Elle n’en a conservé aucun souvenir. Je la rendors de nouveau, elle se rappelle parfaitement les vers que je lui ai récités. Je la réveille, elle a oublié de nouveau. »

Une autre somnambule chante parfaitement l’air du deuxième acte de l' Africaine^ elle ne peut en retrouver une seule note à l’état de veille.

L’hypnotisme exalte particulièrement la mémoire de rappel, la mémoire de conservation restant à peu près identique (Binet et Féré).

Si l’on compare la mémoire pendant le sommeil provoqué à celle de l’état de veille, on voit que :

1“ Les personnes hypnotisées se rappellent, dans l’état de sommeil, tout ce qu’elles ont appris antérieurement, lorsqu’elles étaient à l’état de veille ;

2® Les personnes qui ont été hypnotisées ne conservent aucun souvenir de ce qu’elles ont fait ou appris pendant qu’elles étaient en état de sommeil hypnotique ;

3® Les personnes en état de somnambulisme spontané ou provoqué se souviennent de tout ce qu’elles ont appris, soit dans l’état de veille normale, soit dans les états hypnotiques antérieurs.

c. Binet et Féré ont entrepris l’étude de l’état intellectuel des hypnotisés; ils croient que, d’une manière générale, l’intelligence se développe parallèlement à l’état de la sensibilité. La léthargie s’accompagne d’un état psychique presque nul, c’est à peine si l’on peut produire quelques suggestions élémentaires : « cependant il se pourrait que la léthargie suspendit seulement le pouvoir de réagir, et que derrière le masque inerte de la léthargique un reste de pensée veillât encore. »

Dans la catalepsie, l’esprit se laisse manier avec docilité, c est 1 automatisme ; les suggestions ont un caractère fatal, il n’existe pas de moi cataleptique (Binet et Féré).

CHAl'iniK II.

Le somnambule n’est plus un automate, il a son caractère, il existe un moi somnambulique ; il n’y a pas de différence bien tranchée entre la vie somnambulique et la vie normale, les fonctions intellectuelles s’accomplissent parfaitement et souvent le somnambule résiste aux suggestions.

A l’état mental des hypnotisés se rattache une question de la plus haute importance au point de vue juridique ; les sujets endormis peuvent-ils mentir ? Pitres résoud cette question affirmativement : « Les sujets, dit-il, peuvent, pendant le sommeil hypnotique, mentir volontairement et sciemnient. Interrogés sur des faits qu’ils connaissent, sur des actes dont ils ont le souvenir précis, ils peuvent faire des réponses contraires à la vérité. » L’auteur cite à l’appui de son opinion l’exemple d’une femme à laquelle il fit commettre un crime pendant son sommeil ; interrogée dans un sommeil ultérieur, elle n’avoua son crime qu’après avoir été pressée de questions. »

cl. Les phénomènes de sensibilité élective peuvent acquérir un grand développement pendant le somnambulisme : l’expérimentateur a seul dans ce cas le pouvoir de produire des contractures et de les détruire, lui seul peut suggérer. C’est l’état décrit par Binet et Féré sous le nom de somnajnbulisme électif ; cet électisme manque souvent, le sujet présente alors le somnambulisme indifférent. Certains sujets présentent l’électivité, d’autres ne la présentent pas, sans qu’il soit possible d’en donner la raison.

Il est probable que cette électivité dépend d’une sensation de contact (Binet et Féré).

Cause du sommeil hypnotique.

Comment peut-on expliquer la production du sommeil hypnotique, à quelles modifications organiques ou fonctionnelles correspond-il? Telle est la question que se sont posée

DOCTUINES DE l’kCOLE DE PARIS.

de nombreux auteurs : pour Kunipt’, il dépend de perturbations de la circulation cérébrale, d’hyperémies ou d’anémies cérébrales; pour Pii«yer^ l’hypnose résulte de la concentration de la pensée sur une seule idée, cette monoidéisation déterminant une hyperactivité des cellules cérébrales, amenant comme conséquence la formation anormale de produits oxydables qui, enlevant l’oxygène de la substance cérébrale, produiraient l’engourdissement des cellules. Garpenter* croit que la fatigue et la contention intellectuelle laisse le champ libre aux nerfs vaso-moteurs, qui déterminent une anémie cérébrale et un affaiblissement ou même la cessation de certaines fonctions cérébrales.

Iledenhain s'était d’abord rallié à la théorie de l’anémie cérébrale, mais, ayant constaté, à l’examen ophthalmoscopique que les vaisseaux rétiniens ne sont pas contractés pendant l’hypnose, il abandonna ses idées premières et adopta la théorie de Brown-Séquard*, dite de l’inhilition : « l’inhilition est l’arrêt, dit l’auteur, la cessation, la suspension, ou, si l’on préfère, la disparition momentanée ou pour toujours d’une fonction, d’une propriété ou d’une activité (normale ou morbide) dans un centre nerveux, dans un nerf ou dans un muscle, arrêt ayant lieu sans altération organique visible (au moins dans l’état des vaisseaux sanguins), survenant immédiatement, ou à bien peu près, la production d’une irritation d’un point du système nerveux plus ou moins éloigné de l'endroit où l’effet s’observe. L’inhilition est donc un acte qui suspend temporairement ou anéantit définitivement une fonction, une activité. . . L’acte initial lui-même, à l’aide duquel un individu est jeté dans l’hypnotisme, n’est qu’une irritation périphérique (d’un sens ou de la peau) ou centrale (par influence d’une idée ou d’une émotion) qui produit une diminution ou une augmentation de puissance dans certains points de l’encéphale, de la moelle épinière ou d’autres parties, et le braidisme ou

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