DOCTRINES DE J, -P, DURAND
sa part de travail est au moins aussi grande que celle de Faria, c’est pourquoi Durand désigne le procédé de la suggestion sous le nom de Fario-Grimisme.
Faria endormait par le simple commandement, il s’adressait à Vobédivité; Grimes procédait par affirmation, il s’adressait il la créditivité.
Faria tâchait d’obtenir le sommeil, Grimes semblait vouloir l’éviter, il cherchait à prouver que l’état hypnotique ou de suggestionnabilité peut se cacher sous les apparences de l’état de veille.
Faria subjuguait, écrasait la volonté du sujet, il le rendait passif; Grimes respectait cette volonté, il prouvait que le mécanisme psychique de la suggestion est autre chose que la disparition de la volonté. « Et Grimes a raison, dit Durand, car si je vous affirme que vous ne pouvez bouger de votre chaise et que, pour me démentir vous faites un impétueux effort auquel vos membres n’obéissent pas, ce n’est pas votre volonté qui vous manque, elle réagit; vous trouvez bête et ridicule de ne pouvoir bouger, vous n’avez donc pas la conviction intime de votre impuissance.
« L acte capital, dans l’action Fario-Grimique, c’est l’Impression suggestive, c’est l’idéoplastie/. »
Pour que la suggestion s’effectue, il faut que l’esprit du sujet soit fortement frappé, mais cette impression morale n’est pas perçue consciemment par le sujet. Gomment expliquer deux vérités si contradictoires? « C’est, a dit Durand il y a bientôt un demi-siècle ^ qu’il n’y a pas qu’un seul individu psychologique, qu’un seul moi, dans l’homme, il y en a une légion; et les faits de conscience avérés comme tels qui restent néanmoins étrangers à notre conscience, se passent dans à'autres consciences asservies à celles-ci dans l’organisme humain en une hiérarchie anatomiquement représentée par la série des centres nerveux céphalorachidiens et celle des centres nerveux du système ganglionnaire. »
P Durand, loc. cit,, p. 148.