‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 139 sur 208 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

iiütique se développe de toutes pièces daus le cerveau de l’hypnotisé.

Le réveil se fait avec une facilité extrême, il suflit de dire au somnambule ; « Réveillez-vous ! » pour le voir aussitôt revenir à l’état de veille ; on peut encore lui dire : « Dans cin<] ou dix minutes, vous vous réveillerez! » et le sujet se réveille exactement à riienre indi(piée. On peut encore rattacher le réveil à un fait quelcont|ue, en disant ; w Je vais compter jusqu’à dix ; lorsque j’arriverai au chitlre dix, vous vous réveillerez ! » ou bien : « Quand je mettrai la main sur votre tête, vous vous réveillerez ! » On peut encore varier l’expérience de mille façons.

Mais ces différents procédés, basés uniquement sur la doctrine suggestive de Nancy, ne peuvent réussir daus tous les états du sommeil; quelquefois, on doit avoir recours à l’insuftlation sur les yeux, pratique qui doit parfois être répétée deux ou trois fois pour amener le réveil.

Les partisans de l’école de Nancy eux-mêmes doivent avoir quelquefois recours à riusufflation , puisque Bernheim et Beaunis recommandent celte méthode daus le cas où l’injonction ne suffirait pas.

L’insufflation serait donc, d’après ces auteurs, une suggestion plus forte que le commandement. Il y a là, me semble-t-il, une contradiction ; il est certain que lorsqu’on a, sans résultat, ordonné plusieurs fois à un sujet de se réveiller, et que, souillant alors sur ses yeux, on provoque immédiatement le réveil, on ne peut attribuer ce dernier à la suggestion.

De même que, comme je l’ai montré précédemment, Bernheim endort quelquefois ses malades par une méthode mixte, combinant la fixation du regard et les passes avec la suggestion, de même il les réveille dans certains cas en employant l’insufflation.

Il est possible, ai-je dit, d’endormir par simple suggestion ; cela est certain, mais tons les sujets ne sont pas sensibles à ce procédé, de sorte qu’en combinant l’injonction avec la fixation du regard, on arrive à des résultats bien plus constants que si l’on se contentait de pratiquer toujours la suggestion seule;

DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES

les mêmes remarques sont applicables au réveil, pour lequel ou est quelquefois oblig’é de recourir A. l’iusuflïation sur les yeu.K.

On ne peut objecter que rinsiifflation sur les yeux est une suggestion inconsciente, puisqu’elle réussit lA, où la suggestion ne réussit pas ; de plus, si l’on endort pour la première fois lin sujet qui ne sait ce qn’on lui veut et qui n’a jamais entendu parler d’hypnotisme, l’insufllation provoque le réveil sans que l’on ait rien suggéré.

Il y a, dans cette insufflation, une propriété particulière A. provoquer le réveil, tout comme il y a dans la fixation d’un objet brillant une propriété particulière à provoquer le sommeil ; si ce dernier procédé possède la vertu de concentrer 1 attention du sujet sur un seul point, le premier possède probablement celle de détourner cette attention sur un autre point et de la ramener ainsi à l’état normal.

Tovl le monde est-il hypnotisable ?

Question importante, au sujet de laquelle nous retrouvons encore l’antagonisme des deux grandes écoles hypnologiques ; Pour Charcot, 1 hypnotisme ne se développe que chez les hystériques ; pour l’école de Nancy, au contraire, le sommeil provoqué est susceptible de se manifester chez tout individu

normal.

Pour résoudre cette question, il faut compareè les statistiques des deux écoles et il faut examiner les conditions dans lesquelles se sont placés les expérimentateurs.

1 our 1 école de Nancy, l’hypnose se rencontre chez presque tous les individus; d’après la statistique de Liébault, 95 sujets pour 100 seraient sensibles au sommeil provoqué. Pour l’école de Pans, au contraire, la proportion des sujets hypnotisables serait d environ 30 pour 100 ; certains partisans de cette école évaluent même cette proportion à 10 pour 100.

Ces divergences proviennent de la conception différente iiue se font les auteurs des états primordiaux de l’hypnose : pour es partisans de l’école de Paris il faut, pour certifier l’existence du sommeil hypnotique, des symptômes somatiques mettant à difficile ««Percherie. A Nancy, on est beaucoup moins

CHA.P1TRK VI.

Quoique admettant avec l’école de Nancy que les sujets normaux peuvent être hypnotisés, je ne puis considérer l’état de certains sujets de Nancy comme appartenant à l’hypnotisme; je crois qu’il faut au moins, pour pouvoir affirmer un sommeil hypnotique, que le sujet présente les phénomènes décrits plus haut comme appartenant au premier degré des états somnambuloïdes, c’est-à-dire un engourdissement manifeste, une sorte d’extase; cet état est assez difficile à décrire, mais lorsqu’on en a l’habitude il dénote indiscutablement la fascination.

D’après mes expériences, je puis porter à éü pour cent le nombre des sujets hypnotisables, mais, parmi ces oO sujets, la plupart n’atteignent que les états superficiels, somnambuloïdes, de l’hypnose ; il n’y a environ que 10 7„ d’entre eux qui présentent le somnambulisme véritable.

La sensibilité aux pratiques hypnotiques varie, selon moi, suivant le sexe et suivant l’àge ; bien que 1 école de Nancy prétende que les hommes sont aussi hypnotisables que les femmes, je crois ces dernières beaucoup plus souvent accessibles au sommeil provoqué.

Les enfants sont plus sensibles au sommeil hypnotique que les adultes, les vieillards le sont au contraire moins, les personnes anémiques ou épuisées par la maladie sont plus facilement hypnotisables que les autres.

ni

Les zones hypnogènes.

Les zones Jnjpnogènes existent-elles? ^

Voici les réponses que m’ont adressées quelques auteurs . David (de Narbonne). « Oui; quand elles n’existent pas, on

peut les créer. »

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