Réponses à mon questionnaire
niSCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES.
Henrik Petersen (de Boston). « Je ne connais définitivement que celle de l’ovaire. »
Luys (de Paris). « Oui, chez des sujets prédisposés. »
Pitres (de Bordeaux). « Oui. »
Sanchez Herrero (de Madrid). Elles existent; mais chez de rares sujets, elles sont inconstantes et variables suivant les sujets. »
Burot. « Oui, mais elles sont variables et peuvent changer. » (i. Ballet. « Oui. »
OcHOROWicz (de Varsovie). « Individuellement et par association idéo-organique, mais pas dans le sens propre du mot. » JoiRE (de Lille). « Oui, mais elles sont rares. »
Dumontpallier (de Paris). « Elles sont, quand elles existent, secondaires à la suggestion. »
Marot (de Paris). « Il me semble qu’elles doivent être rapportées à la suggestion. »
Voisin (de Paris). « Les zones bypnogènes n’existent qu’en tant que moyen suggestif. »
Beaunis (de Paris). « Non, je ne le crois pas; quand elles existent, elles /ont été produites par suggestion. »
Brémaüd (de Brest). « J’ai constaté des zones bypnogènes, mais très rarement, toujours- chez des sujets observés par d’autres expérimentateurs. Je me demande si elles ne sont pas le plus souvent le résultat de suggestions inconscientes. » Lajoie (de Nashua-New-Hamspire). « Je n’en ai jamais rencontré sur 169 malades. »
De Jong (de la Haye). « Selon mes expériences, ces zones lypnogènes sont des produits de suggestion. »
Déjerine (de Paris). « Non. »
Baron Von Schrenck Notzing (de Munich). « Les zones bypüogènes ne sont qu’un produit de suggestion consciente ou inconsciente, ou d’auto-suggestion. »
Ce que je puis certifier, et c'est Jà le point le plus iraportaut. c est que j a, rencontré quelquefois, chez les hystériques des zones circonscrites dont la pression provoque le sommeil
CITAIMTRK VI.
Ihi prol)l(>me inléressant consista :Y sc demander s’il est possible d’endormir le sujet sans (pi’il le sache on sans (pi’il le veuille, en comprimant cos zones liypnogènes.
I‘itres s’est posé cette/ipiestion , voici comment il y répond : « Pour répondre avec certitude lY eette question, les expériences du la])oratoire sont sans valeur. Le l'ait seul que les malades se trouvent en présence de médecins ou d’étudiants (pii les ont déjé endormis ou (ju’ils savent capables de les endormir, suffit pour jeter le doute sur les résultats obtenus. La solution du problème posé doit ressortir d’observations accidentelles, réalisées dans des circonstances imprévues, indépendamment de toute intervention des personnes qui pourraient avoir sur les malades une autorité ou une influence quelconque. Je ne coiinais qu’un fait qui réponde à ces desiderata, encore n’est-il
pas absolument irréprochable. »
Pitres ne résoud pas la question, il doute. Cependant, en expérimentant avec Joséphine 1)..., j’ai facilement pu me convaincre que la pression des zones hypnogènes peut endormir le sujet sans qu’il le sache et sans qu’il le
veuille.
'Lorsque j’ai recherché pour la première fois les zones liypnogènes de Joséphine, elle ne savait pas ce qui devait se produire, puisqu’elle n’avait jamais assisté à une expérience semblable ; sans rien lui dire , j’ai appuyé légèrement sur le vertex, ses yeux se fermèrent et elle tomba en somnambulisme. Je l’ai alors réveillée et j’ai appuyé de la même manière au-dessus des seins, rien ne se produisit ; j’ai ensuite pratiqué la pression aux bosses frontales .et la malade s endormit aussitôt. L’expérience étant répétée successivement pour les différentes parties du corps, le sommeil ne se produisit que poulies trois régions indiquées. Ceci prouve bien que l’on peut
endormir le sujet sans qu il le sache.
Mais, peut-ôn l’endormir sans qu’il le veuille? Oui, et en voici la preuve : un jour que Joséphine refusait obstinément de se laisser endormir, j’ai appuyé sur les régions hypnogtiies frontales et, en qiiehiues secondes, le somnambulisme se
déclara.
DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES
Grâce à ces faits, je puis éviter le doute de l’itres et déclarer que la pression des zones hypuogônes est capable d’endormir le sujet sans qu’il le sache et sans qu’il le veuille.
État de la sensibilité et des fonctions intellectuelles chez les hypnotisés.
1° État de la sensibilité'. Faut-il, avec Charcot, Richer, Luys, etc., admettre l'anesthésie cutanée à la piqûre comme caractéristique du somnambulisme profond; ou bien faut-il, avec Bernheim^ croire que cette anesthésie est inconstante, sans aucun rapport avec la profondeur du sommeil?
2° État de la mémoire. Doit-on, avec la plupart des auteurs de l’école de Paris, résumer l’état de la mémoire dans les trois propositions énoncées précédemment; ou bien, doit-on, avec Bernheim, considérer ramnésie au réveil comme peu constante ?
3° Etat des facultés intellectuelles : Doit-on, avec Binet et Féré, admettre que l’intelligence, dans l’hypnose, se développe parallèlement à la sensibilité; ou bien faut-il, avec Bernheim, affirmer que, l’état hypnotique spécial n’existant pas, des suggestibilités diverses pouvant seules se montrer, il n’y a pas d’état psychique particulier à l’hypnose?
4° Sensibilité élective : Enfin faut-il, avec Binet, Féré, Liébault, Beaunis, croire à la sensibilité élective des somnambules ; ou bien doit-on, à l’exemple de Bernheim, en nier l’existence ?
Avant de discuter ces différents points, je dois signaler les réponses de quelques auteurs aux deux questions suivantes :
1“ Quel est l'état de la sensibilité et des fonctions intellectuelles chez les hypnotisés ?
CHAPITHIO VI.
2” Quels sont les caractères de la. mémoire des hypnotisés ‘ ? OuMOiNTPALiEii (de l*ai‘is). « 1” Sensihililé générale amoindrie et anéantie; sensibilité sensorielle sonvenl angineutée, de même que les fonctions intellectuelles. »
2” « Caractères très variables et soumis à la siiggeslion. » Sanchez IIeureho (de Madrid). « I" La fjensibilité est exaltée on accrue, excepté la sensibilité à la douleur, parce qu’elle n'est pas sensibilité.
« 2” La mémoire est augmentée et les autres fonctions psychiques très diminuées, jusqu’au point de ne laisser qu’une sombre volonté. »
Marot (de Paris). « J’ai, dans un cas, observé ce qui a été d’autres fois signalé, un sujet sentant une piqûre d’épingle d’une personne présente et ne la sentant plus lorsqu’on lui avait dit que la personne était partie. »
Azam (de Bordeaux). « 1° Anesthésie et hyperesthésie de la peau et des sens, exaltation des facultés intellectuelles ou hien abolition complète. »
« 2“ Pendant le sommeil hypnotique le patient ignore absolument toute sa vie antérieure, il n’a de souvenir que de ce qui s’est passé pendant les sommeils précédents ; c’est comme une mémoire alternante. »
A. Voisin (de Paris). « 1° Chez les hypnotisés, la sensibilité de la peau et des muqueuses est presque toujours nulle; les organes de l’ouïe, de la vue, sont conservés; les lonctions intellectuelles sont normales ainsi que l’état moral. »
« 2“ La mémoire des hypnotisés est très vive. »
Beaunis (de Paris). « 1° Elles peuvent être abolies, diminuées, augmentées, déviées, suivant les suggestions faites et 1 état du sujet. »
« 2“ Je ne puis que renvoyer au chapitre de la mémoire de mon livre Le somnambulisme provoqué; je u’ai rien a modifier de ce que j’ai dit sur ce point. »
Brémahd (de Brest). « 1“ Chez les individus hypnotisés pai moi seulement, n’ayant jamais été soumis à d’autres expe-