CHAPITRE VI
(lu singe on la vision réelle du hanc disparaissent au moment où j’approche l’aimant; c’est encore que mon sujet saitcecju’il doit faire, c’est qu’il possède l’hyperesthésie spéciale qui lui indique l’approche d’un coi'ps quelconque de son tégument cutané.
D’ailleurs, si, au lieu d’approcher l’aimaut, j’ajiproche mes poings, ma canne, etc., la polarisation s’ell'ectue tout aussi bien.
Ces remarques sont applicables aux phénomènes complémentaires décrits par Binet et Féré : la croix rouge devient rose, verte, etc., aussi bien avec mes poings et ma canne qu’avec l’aimant.
Quant à la visibilité des effluves magnétiques, bleus au pôle négatif, rouge au pôle positif, les premiers attirant le malade, les seconds donnant, au contraire, une sensation de répulsion, je dois dire que le sujet que j’ai vu à la Charité présentait ces phénomènes d’une manière frappante : pour réaliser ces expériences, on se sert ordinairement d’un barreau aimanté droit; il suffit de présenter subitement, après l’avoir caché derrière le dos, le pôle négatif de l’aimant pour voir aussitôt, sans un moment de réflexion, le sujet fasciné s’élancer sur ce pôle, le caresser et le regarder avec délices. Si, au contraire, on présentait le pôle positif, le sujet était subitement pris d horreur, il allait se cacher pour ne plus voir les effluves rouges. M, Luys réussissait ces expériences; j’ai voulu me
convaincre de la réalité de ces phénomènes, et je dois dire qu’au début de mes essais avec le sujet de M. Luys, j’ai parfaitement réussi : je cachais l’aimant et lu’usquement je lui présentais un pôle quelconque ; j’enregistrais les phénomènes, puis je regardais à quel pôle j’avais affaire et toujours je réussissais.
Le barreau aimanté était composé de trois parties métalliques, retenues en contact par un ruban bleu ; je crus remarquer un jour que ce ruban avançait un peu plus d’uu côté que de l’autre ; je le remis bien au milieu et subitement je présentai le pôle négatif au sujet ; il manifesta une profonde horreur et s’enfuit : il avait donc vu des effluves rouges ; or il
DISCUSSIONS ET OPINIONS PEDSONNELLES
aurait dû voir des effluves bleus, il aurait dû être attiré. Ma ; convictiou fut dès lors fortement ébi'anlée, et de retour à Bruxelles, je m’empressai de répéter ces expériences. N’ayant pu trouver un sujet qui présentât la visibilité spontanée des effluves magnétiques, j’imaginai d’en créer un : je suggérai j à Joséphine qu’elle verrait d’un côté de l’aimant des effluves rouges, de l’autre des effluves bleus.
Cette Joséphine était un sujet hystérique très sensible, qui présentait une hyperesthésie sensorielle analogue à celle de Léon ; cette malade, que j’ai du reste eu l’honneur de montrer à la Société, présentait une pseudo-extériorisation artificielle de la sensibilité; elle sentait, comme Léon, Rapproche d’un corps quelconque à une distance de quelques centimètres de la peau. Eh bien. Messieurs, Joséphine réalisa très bien la visibilité des effluves magnétiques ; je lui présentais subitement un pôle quelconque de l’aimant : elle devinait souvent juste ; quelquefois cependant elle se trompait, plus souvent certainement que le sujet de Luys, mais je ne l’avais dressée que pendant une quinzaine de jours ; Luys connaissait son sujet depuis des années.
Comment Joséphine s’y prenait-elle pour se tromper si rarement? Je crois qu’on peut encore expliquer ce phénomène par cette espèce d’hyperesthésie que manifestent certains sujets hypnotisés; les barreaux aimantés présentent généralement de petites taches, la couleur qui recouvre le milieu du barreau , offre certaines éraillures, les deux bouts de l’aimant peuvent avoir des formes différentes, etc. ; nous distinguons à peine ces particularités qui sont des indices certains pour des sujets ! hyperesthésiés.
C’est donc toujours cette espèce de flair que possèdent cer- ! tains sujets, qui les met à même de réaliser ces expériences j merveilleuses que l’on peut, je crois, qualifier toutes de suggestives. »
Quant à l’hypnoscope d’Ochorowicz, je n’ai jamais observé d’action bien constante ; tout a toujours dépendu de l’antosuggestion : les malades qui s’imaginaient devoir ressentir j quelque chose réagissaient parfaitement, les autres ne présentaient aucun phénomène.