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Réponses à mon queslionuairo

DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES. 389

Luys (de Paris). « Probablement. »

Lajoie (de Nashiia-New-Hamspire). « Dans certaines conditions, oui. »

Le Menant des Chesnais (de Ville-d'Avraj). « Il n’est pas douteux pour moi que certains sujets peuvent accepter et exécuter des crimes. Ces sujets, néanmoins, ne doivent se rencontrer que dans la classe des dégénérés, des malbonnétes, que l’on aurait pu entraîner par la suggestion à l’état de veille et chez lesquels le sommeil hypnotique n’a été qu’un seul moyen secondaire pour les amener plus rapidement à obéir. Bien des faits relatés par Bernheim et d’autres paraissent le bien prouver. »

De Jong (de la Haye). « Le crime suggéré est possible, je crois, chez quelques sujets. »

David (de Narbonne). « Oui. »

Henrik Petersen (de Boston). « Oui. »

Déjerine (de Paris). « Je le crois possible, mais chez certains individus seulement. »

Burot (de Rochefort). « Un rien imprévu peut l’empêcher. »

Masojn (de Louvain). « Oui. »

Persag (de Paris). « Oui. »

Beaunis (de Paris). « Oui. »

OcHOROwicz (de Varsovie). « Probablement, seulement chez des sujets dont la conscience n’est pas difficile. »

Pitres (de Bordeaux). « ? »

Marot (de Paris). « Je ne connais que l’expérience de Charcot avec un couteau à papier. Il faudrait, je crois, des sujets encore plus exceptionnels que pour le vol, c’est-à-dire que pratiquement il ne faut pas s’en inquiéter beaucoup. »

Brémaud (de Brest). « Le crime de laboratoire est facile. Je ne crois pas au crime réel accompli par un hypnotisé en état de sommeil, dans les occupations ordinaires de la vie de jour devant témoins; l’attitude de l’auteur du crime indiquerait immédiatement son état.

« Dans certaines circonstances difficilement réalisables, .le crime est possible, je crois à la possibilité d’un meurtre commis

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de nuit, dans sa maison, sur un individu, sans défiance, endormi, par un hypnotisé.

« Je crois surtout à la dépravation facilitée par les pratiques hypnotiques; par les suggestions sur des êtres faibles, qu’on peut transformer en criminels. L’habileté de l’hypnotiseur dans les cas de ce genre est tout, le sujet rien ou peu de chose. »

G. Ballet (de Paris). « Rien ne le prouve jusqu'à présent. » JoiRE (de Lille). « Non. »

Baron von Schrenck Notzing (de Munich). « ün crime peut

sans doute être suggéré, et dans des circonstances particulièrement favorables, exécuté si l’hypnotisé s’y prête et s’il est devenu un automate somnambule. Mais il n’a pas une plus grande signilication pratique que tentative et tout au plus peut-il être mis plus facilement en évidence. »

Aux expériences décrites plus haut, ajoutons celle que rapporta en 1888 M. le professeur Masoiu à l’Académie de médecine : « A quelques jours de distance, le même impressario (on ne dit pas de qui il s’agit) hypnotisait le même sujet et lui disait : « Demain, à midi, vous irez rue Bosquet, 80, vous entrerez; vous pénétrerez dans une chambre, dans cette chambre il y a un lit, dans ce lit un homme, c’est le roi d’Angleterre ; à côté de ce lit une table de nuit, sur celle-ci un revolver, vous vous eu saisirez et vous tirerez trois coups sur l’homme’ du lit. » A l’heure dite, l’homme arriva; toute la scène se déroula ainsi qu’elle vient d’être indiquée; puis l’assassin figuré prit possession de ses esprits ; vingt personnes assistèrent à ce réveil et à la stupéfaction du sujet, s’éveillant au milieu d’un cabinet de travail et d’une assemblée dont

aucun visage ne lui était connu. »

Auguste Voisin, clans une leçon faite à la Salpêtrière, en 1891, a rapporté quekiues exemples de suggestions criminelles Une de ses expériences, faite devant trois magistrats, consistait il ordonner à un sujet, d’aller après son réveil, frapper d'un coup de couteau une malade dormant dans son lit Les magistrats se cachèrent derrière un rideau et le sujet alla frapper un grand coup de couteau sur un mannequin représentant une femme couchée. Voisin avait suggère 1 amnésie

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fl

et les magistrats ne purent obtenir de lui l’aveu de l’acte, ni le nom de l’hypnotiseur. Depuis, Voisin a ordonné à ce même sujet d’aller à Passy, dans un hôtel particulier, à une distance 1 très éloignée de sa propre demeure, mettre le feu à un tas de copeaux placés contre la maison; la suggestion se réalisa au jour indiqué.

"t Le jour de la conférence. Voisin suggéra à ce sujet d’aller mettre le feu à l’une des petites cabanes qui avaient été construites a cette intention dans le jardin de la Salpêtrière ; il obéit, immédiatement apres son réveil, il se leva comme mû 1, par un ressort, se rendit dans le jardin et mit le feu à des copeaux qui remplissaient l’intérieur de la cabane;

A la suite de ces expériences. Voisin conclut que ces faits méritent d’appeler l’attention des criminalogistes et des médecins légistes.

" Gilles de la Tourette admet parfaitement les crimes expérimentaux réalisés par suggestion, mais il pense que, pratiquement, ces crimes sont difficilement réalisables.

, Les divergences d opinions ne sont donc pas aussi grandes ^ , que 1 on veut bien le dire entre les partisans de l’École de

: Nancy et ceux de l’École de Paris ; tous admettent la possibi-

| ; lité des crimes suggérés expérimentalement, mais tandis

I que ks uns déduisent de ces expériences la possibilité

^ de faire commettre un véritable crime par suggestion, les

autres croient que, pratiquement, les crimes suggérés ne peuvent se réaliser, soit qu’ils admettent, avec Gilles de la Tourette, que le coupable serait immédiatement découvert, soit qu’ils se rangent à l’avis de Delbœuf et qu’ils croient que le somnambule auquel on suggère un crime sait parfaitement qu on lui demande de jouer la comédie.

Je ne m’arrêterai pas à relater des expériences qui ne feraient que confirmer les vues des auteurs précédemment cités ; cp’il me suffise de dire que la résistance aux suggestions d’assassinats, de suicides, d’empoisonnements, de coups et blessures, obéit aux mêmes lois que les autres suggestions : on peut rencontrer des somnambules comme M”® X., Léonie et Léon de ï., qui obéissent aveuglément à tous les ordres, on

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peut avoir affaire à des sujets, comme Adrienne qui obéissent à toute sug-geslion dans l’exposition verbale de laquelle rien ne révolte le sens moral; on peut encore observer des personnes qui, comme .loséphine D,, ne réalisent que les suggestions agréables.

La figure 84 (pl. XXXI) est prise au moment où Léonie boit un breuvage .noirâtre qu’on lui présente comme étant du poison ; peu de temps après cette ingestion, elle ressent de violentes coliques (fig. 85) ; on peut l’amener facilement à se tirer, à la tempe, un coup de revolver; le bruit de la déflagration de l’amorce ne l’émeut pas (fig. 86, pl. XXXII) ; la figure 78 (pl. XXVIII)-représente cette somnambule donnant un coup de couteau à un interne; enfin, la figure 87 (pl. XXXII) indique l’attitude de la malade au moment où elle brûle la cervelle à un interne.

Il ne doit persister aucun doute sur la possibilité de réaliser expérimentalement un crime par suggestion ; mais ce qu’il est plus important de discuter, c’est de savoir si, pratiquement, ces crimes sont réalisables. Il est certain que l’on ne peut, sous prétexte d’expérimenter, faire assassiner quelqu’un pour savoir si l’on peut convertir un somnambnle en assassin ; d’autre part, aucun crime suggéré n’est connu jusqu’à présent, il faudra donc que nous nous basions sur les expériences pour trancher la question.

a. Crimes intra-hypnotiques. — Il est aisé de comprendre que l’on peut réaliser bien plus facilement une suggestion criminelle pendant le sommeil hypnotique qu’après le réveil ; c’est là un fait sur lequel j’ai attiré déjà l’attention dans l’étude des suggestions en général et qui dépend de 1 état d’automatisme "inhérent à l’état hypnotique. Nous avons vu à quel point certains somnambules sont automates, agissant sans contrôle, sans se rendre compte de leurs actes; il me parait certain que ces sujets pourraient réaliser, pendant leur sommeil, un crime véritable, tel qu’un assassinat, un empoisonnement, etc.

Mais un crime commis dans cet état ne pourrait être exécuté sans faire courir de grands risques à l’hypnotiseur cou-

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