A. PITRES
AVAi\T-IM{01M)S
Si riiypnolisnie a de tous temps préoccupé les esprits, il faut cependant reconnaître qu’il n’a été accepté par la science oflicielle que depuis une vingtaine d’années, depuis les, recherches de Charcot.
Certes, bien avant 1873, des travaux ayant une réelle valeur scientifique, avaient été publiés sur cette question : sans parler des théories de Paracelse, de Glocenius, de Fludd, de Mesmer, auxquelles on pourrait reprocher un cachet surnaturel et enthousiaste, il ne faut pas oublier que Puységur, Faria, Braid, Grimes, Durand (de Gros), Azam, Liébault, Richet, etc., avaient prouvé, par de nombreuses recherches, l’importance indiscutable de la science hypnologique .
Cependant, malgré ces remarquables travaux, l’hypnotisme avait mauvais renom et ceux qui s’en occupaient étaient considérés comme des parias par le monde scientifique.
C’est à ce moment que Charcot, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine de Paris, médecin à la Salpêtrière, osa se déclarer partisan des phénomènes merveilleux de l’hypnotisme.
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Il SC ül alors un rcviremenl subit dans les opinions : une foule de savants, retenus précédemment par la crainte de compromettre leur situation, se mirent à étudier cette science que Charcot était parvenu cà réhabiliter, grâce à son autorité scientifique.
Le nouveau mouvement suscité par l’éminent neurologue ne fit que s’accentuer jusqu’à l’époque actuelle, au point d’avoir réussi, en vingt années, à ériger à l’état de science bien fondée ce qui autrefois ne paraissait que mystère et charlatanisme.
Il existe bien encore aujourd’hui quelques esprits sceptiques qui ne veulent ni croire, ni expérimenter, se contentant de nier ce qui leur semble ne pouvoir être; leur opinion e.st faite, on leur montrerait les expériences les plus démonstratives qu’ils n’y croiraient pas. A ces sceptiques exagérés et intransigeants, je répondrai avec Mesnet : « Nous vous laisserons, sur de telles affirmations, vieillir dans 1 impénitence finale ! ! ! «
Est-ce à dire qu’il faille accepter, sans contrôle, toutes les affirmations qui ont été émises dans ces dernières années? Non, ü ne faut pas plus se laisser entraîner à nu entliousiasme inconsidéré qu’il ne faut se cantonner dans un scepticisme entêté ; autant je crois qu’il est indispensable que l’on accepte les faits bien démontrés de l’hypnolqgie, autant on doit, à mon avis, se montrer réservé en ce qui concerne les questions épineuses de 1 occultisme.
Il ne faut certes pas rejeter ces dernières comme étant en contradiction avec les données fondamentales de la science
AVANT-PROPOS
moderne, il ne faut pas les écarter sans les avoir étudiées avec soin, mais je crois qu’un enthousiasme trop hâtif pourrait nuire non seulement au crédit scientifique de celui qui l’exprimerait, ce qui ne pourrait être une raison suffisante pour les convaincus, mais pourrait encore retarder considérablement le moment où l’on pourra définitivement considérer les phénomènes occultes comme scientifiques ou fantaisistes.
Il faut donc éviter, avec autant de soin, l’enthousiasme que la négation de parti pris.
Il n’existe qu’un seul moyen de rester invulnérable à ces deux extrêmes qui sont innés à la nature humaine : c’est de ne croire que ce que l’on a cent fois contrôlé, et de ne rejeter aucune donnée, sans avoir des preuves suffisantes de son inanité.
Il est bien facile de tout admettre, il est aussi aisé de tout nier; la difficulté ne naît que lorsqu’on veut séparer l’ivraie du bon grain. C’est là le but idéal, le but que tout chercheur de la vérité doit s’efforcer d’atteindre, c’est aussi le mien.
11 serait téméraire de croire que l’on puisse arriver à ce résultat aujourd’hui; on ne parviendra à la connaissance de la vérité qu’en cherchant longtemps encore avec courage et persévérance.
Un édifice ne peut être construit avec une seule pierre, ni même avec quelques pierres; celles qui doivent constituer la base de l’édifice hypnotique nous sont acquises, mais le monument vient seulement de s’élever au-dessus du sol,
il faudra encore beaucoup de matériaux et de travail pour le terminer.
AVANT-l'UOPOS.
Ma seule anibilion esL d’apporter à cel édiüce une part de travail, qui, considérée isolément, sera peut-être bien faible, mais qui, jointe aux efforts d’autres travailleurs, aboutira sans doute à donner une forme réelle à ce qui n’était que grossièrement ébauché.
I/liypnologie n’est pas seulement une science médicale, elle est encore une science juridique, philosophique, morale et sociale ; à ces différents titres, elle intéresse la presque totalité des hommes.
Aussi voit-on des savants de positions bien différentes entreprendre des études sur l’hypnotisme : en Belgique, dès 1884, Delbœuf, professeur de philosophie à l’Université de Liège, publiait le résultat de ses recherches hypnologiques; en 1888, Masoin, professeur à la Faculté de médecine dn Louvain, provoquait une intéressante discussion sur l’hypnotisme au sein de notre Académie de médecine; en 1890, Boujean, avocat à Verviers, éditait un ouvrage fort remarquable sur l’hypnotisme dans ses rapports avec le droit; en 1893, Nizet, publiciste à Bruxelles, livrait au public une bonne étude critique sur les phénomènes hypnotiques; en 1894, l’abbé de Baets, de Gand, donnait au jeune Barreau de cette ville une belle conférence sur l’Hypnotisme en justice; enfin, la même année, dans des conférences au jeune Barreau de Bruxelles et d’A.nvers, j’exposais mes idées sur l’h^^pnotisme et le crime.
En France, l’étude de l’hypnotisme a également été entreprise par des savants étrangers à la médecine, tels que Liégeois, professeur à la Faculté de droit de Nancy; le colonel de Rochas,
AVANT-iniOPOS.
admiuislraleur de l’École Polytechnique; Focachon, pharmacien à Charmes. Sur quatre-vingt-six membres titulaires de la Société ddlypnologie, résidant en France, il y en a trente qui ne sont pas médecins : parmi eux, je remarque onze avocats k la Cour d’appel, neuf publicistes, deux juges, deux ingénieurs, deux professeurs de philosophie, un professeur de droit, un commissaire de police, un chef de bureau au ministère et un secrétaire de préfecture.
L’Hypnotisme intéresse donc un très grand nombre de personnes appartenant à des milieux tout différents. Mais, parmi tous, le médecin est certes le plus à même d’entreprendre des recherches sérieuses; l’avocat, le magistrat pourront peut-être déduire de leurs expériences des conséquences juridiques plus exactes; le graphologue arrivera sans doute à des conclusions plus précises en ce qui concerne les écrits des hypnotisés; le philosophe, le moraliste, le sociologue parviendront quelquefois à émettre des idées plus belles relativement au côté philosophique, moral et social de l’hypnotisme ; mais aucun d’entre eux n’aura, comme le médecin, un aussi vaste champ d’expérience, aucun ne sera capable d’étudier les phénomènes hypnotiques avec autant de soin et de scepticisme que le médecin, qui, par l’observation journalière et continuelle de l’organisme, tant physique que moral, appréciera, mieux que tout autre, les phénomènes physiologiques de l’hypnose.
La connaissance de l’hypnotisme est intéressante pour tout le monde, mais elle est nécessaire aux médecins et aux avocats, pour l’exercice même de leurs fonctions. Elle est indispensable
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aux médecins pour deux raisons : d’abord, parce qu’il faut que tout praticien soit à même de soulager ses malades par tous les moyens possibles; ensuite, parce qu’il doit pouvoir répondre, en connaissance de cause, à toutes les questions qu’on lui posera fatalement tôt ou tard sur les phénomènes hypnotiques qui préoccupent, en ce moment, tant de monde.
Tout praticien doit être à même de soulager ses malades par tous les moyens possibles, ai-je dit; il est bien certain que l’hypnotisme peut, à ce point de vue, rendre d’éminents services. Sans vouloir appliquer ce moyen à tort et à travers chez tous les malades, il faut pourtant ne pas en restreindre trop la portée; en ne l’appliquant même que dans certains cas dans lesquels le résultat est presque assuré d’avance, on arrive à guérir des malades dont la vie était devenue un fardeau.
Pour ne tirer qu’un exemple de mou observation personnelle, je mentionnerai le cas d’une jeune femme de trente ans, mère de quatre beaux enfants, riche, adorée de son mari, ayant enfin tout ce qu’il faut pour rendre une femme heureuse, qui, depuis deux ans, traînait une existence misérable, voyant tout en noir, se disant folle, n’osant paraître devant ses amis, de crainte de voir sur leur physionomie l’expression de pitié qu’elle devait inspirer. Triste du matin au soir, ne dormant pas, mangeant à peine, cette malheureuse créature voulait s’écarter du monde, vivre seule, pour ne pas être à charge à sa famille. Elle avait consulté une foule de médecins des plus renommés, aucun n’avait pu la soulager; elle avait été à Lourdes sans succès, quoique très dévote.
AVANT-PROPOS
Ayant entendu parler de Luys, cette malade alla consulter
cet éminent neurologue qui me l’adressa.
Eh bien, cette jeune femme fut guérie de sa mélancolie en deux mois, par la suggestion hypnotique! Elle est actuellement heureuse, gaie, choyée par son mari et ses enfants.
N’était-il pas du devoir de tout médecin de prévoir, comme l’a fait Luys, que seule la suggestion pourrait la guérir ?
Un praticien, il est vrai, lui avait conseille ce moyen, mais, ne sachant l’appliquer lui-même, l’avait envoyée à un magnétiseur, qui ne parvint pas à l’endormir !
Est-il admissible qu’un médecin soit forcé, pour endormir un malade, de l’adresser à une personne étrangère à l’art de guérir? Et cependant, je connais plusieurs cas semblables dans lesquels des médecins durent avoir recours à des particuliers pour guérir leurs malades. De tels faits ne devraient plus se produire ; tout étudiant, en obtenant son diplôme de docteur en médecine, devrait connaître l’hypnotisme, ses indications et ses contre-indications. Il ne suffit pas qu’un professeur ait effleuré ce sujet dans une de ses leçons pour que les jeunes médecins soient à même d’appliquer la suggestion dans leur pratique, il faut qu’on leur expose l’hypnologie tout entière, avec ses dangers et ses bienfaits.
Le seul moyen d’atteindre ce but, c’est d’enseigner l’hypnologie dans nos Universités; je me rallie en cela entièrement à l’avis de M. Semai, médecin de l’Asile d’aliénés de Mous, membre de l’Académie de médecine, qui, déjà en 1888, dé-
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clarail liaulcmenl au sein de celte assemblée que « l’hypnotisme devrait trouver accès dans le programme universitaire, seule manifestation décente d’en vulgariser la connaissance. Une prise de possession, bien légitime cette fois, empêchera l’emploi empirique et banal d’un puissant agent thérapeutique, et le maintiendra aux mains des médecins aussi longtemps qu’il existera une loi sur l’art de guérir. »
Tel est l’avis, également, de la plupart des savants français : le Congrès de l’Hypnotisme, tenu à Paris en 1889, vota, à V unanimité moins une voix, la conclusion suivante : « Il est désirable que l’étude de l’hypnotisme et de ses applications soit introduit dans l’enseignement des sciences médicales. »
C’est en partant de ce principe que j’ai résolu, le premier en Belgique, de donner aux étudiants des conférences cliniques d’hypnologie, à l’hôpilal de Moolenbeck ; c’était là une entreprise assez téméraire, eu égard à l’éloignement de cet hôpital, mais je comptais sur la nécessité que sentaient les étudiants d’assister à un tel enseignement. Mes prévisions se réalisèrent et je fus bientôt forcé de changer la disposition de ma salle de conférences, afin de permettre à tous d’y trouver place. Ces cliniques, auxquelles j’ai, du reste, fait de nombreux emprunts pour la confection de mon Rapport, attirèrent •l’attention, de M. le professeur Spehl, de Bruxelles, qui, remarquant, avec beaucoup de raison, une lacune dans notre enseignement médical, résolut de donner cet hiver, à Thôpital Saint-Pierre, des leçons cliniques de psychothérapie.
Si j’ai été le premier, en Belgique, à donner une clinique
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d’Iiypiiologiorfa^iS H/i/io/nto/jjc dois cependant faire remarquer que depuis longtemps déjeà, un enseignement analogue a été entrepris dans d’autres pays.
Depuis 1878, Cdiarcot parlait de " l’hypnotisme dans ses leçons à la Salpêtrière; à partir de 1884, Bernheim et Pitres, professeurs aux Facultés de médecine de Nancy et de Bordeaux, consacraient un certain nombre de leçons cliniques à l’étude de l'hypnologie ; dès 1886, Luys entreprenait de donner hebdomadairement une leçon clinique sur l’hypnotisme à l’hôpital de la Charité; la même année A. Voisin donnait, à la Salpêtrière, la démonstration des effets thérapeutiques de l’hypnotisme dans l’aliénation mentale; en 1887, Bérillon était autorisé à professer, à ,1a Faculté de médecine de Paris, un cours sur les applications thérapeutiques de l’hypnotisme; en 1888, Preyer inaugurait son cours, à la Faculté de médecine de Berlin, par une conférence sur l’hypnotisme et les états analogues; en 1889, Grasset, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, donnait plusieurs leçons cliniques sur le grand et le petit hypnotisme ; en 1890, Dumontpallier, dans ses leçons cliniques à l’Hôtel- Dieu, exposait ses idées sur les applications thérapeutiques de l’hypnotisme; la même année, Déjerine consacrait sa dernière leçon sur les maladies du système nerveux, à la Faculté de médecine de Paris, à l’étude de l’hypnotisme et de la suggestion, et Morselli, professeur à l’Université de Gênes, faisait une série de leçons sur le même sujet; en 1892, Forel, professeur à l’Université de Zurich, consacrait une partie de son enseignement à l’étude de l’hypnotisme et
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Liigallo, professeur à TUniversilé de Palerme, dormait une leçon sur les applications de l’hypnotisme.
Indépendamment de ces leçons officielles, de nombreuses cliniques privées d’iiypnotliérapie se créèrent dans les principales villes de l’Europe.
Qu’arrive-t-il lorsqu’un étudiant veut se mettre au courant de la science liypnologique? Ou bien il est obligé de s’instruire par lui-même, de lire les nombreux ouvrages ayant trait à l’hypnotisme et de tâtonner très longtemps avant de parvenir à l’appliquer convenablement aux malades, ou bien il doit aller à l’étranger, principalement en France, à Paris ou à Nancy, pour y chercher l’enseignement qui n’existe pas dans son pays.
Il n’aura pas toujours l’occasion de trouver des sujets se prêtant à ses recherches ; s’il est interne dans un hôpital, son chef de service ne lui permettra peut-être pas d’endormir ses malades ! Il en sera donc presque toujours réduit à voyager pour acquérir les connaissances pratiques nécessaires à son instruction hypnologique, ce qui lui occasionnera des dépenses que toutes les bourses ne pourront pas se permettre.
Le seul moyen de remédier à cet état de choses serait d’introduire dans le programme universitaire l’étude de l’hypnologie.
Le Rapport que j’ai l’honneur de présenter à M. le Ministre de l’Intérieur et de l’Instruction publique a été fait en excluant, autant que possible, tout enthousiasme et tout scepticisme j il est base sur le principe, si précieux en hypnologie ! ne croire que ce que l’on a pu vérifier par soi-même,
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douter de tout ce que les autres ont observé, ne rien nier de ce qu’on n’a pu exclure par l’expérimentation personnelle.
J’ai voulu, dans ce Rapport, exposer, aussi complètement que possible, l’état de la question et discuter ensuite les nombreux faits si controversés de l’hypnotisme.
A cet effet, j’ai divisé mon travail en six chapitres : le premier contient un court aperçu historique, le second est consacré à la description des doctrines émises par les partisans de l’École de Paris, le troisième comprend la description des doctrines de l’École de Nancy, le quatrième est l’exposé des théories de Durand (de Gros), le cinquième traite de la théorie de Baraduc sur la Force Vitale, enfin le sixième renferme la discussion de tous ces faits et les conclusions qu’on doit, à mon avis, en tirer.
Tel est le programme que je me suis tracé dans le but d’attirer l’attention du Gouvernement et des médecins Belges sur la question de l’hypnotisme, qui mérite d’être étudiée au même titre que les autres sciences.
Bruxelles, le 10 octobre 1894.
D'' Grocq, fils.
GIIAPITÜE PREMIER
APEliÇU HISTORIQUE
L’histoire de l’hypnotisme débute avec le monde ; les peuplades barbares et civilisées de l’antiquité, bien qu’agissant inconsciemment, avaient déjà recours au magnétisme animal.
Depuis plus de vingt siècles, les Fakirs et les Djoguis de rinde font usage de cet agent merveilleux dans le but de s’unifier à Dieu : les Djoguis paraissent avoir possédé des notions approfondies sur le magnétisme bien avant les recherches des savants Européens. Les Pythies du temple de Delphes rendaient leurs oracles sous l’influence hypnotique ; en Italie les Sybilles procédaient de même.
Aucune religion n’échappa aux pratiques magnétiques : le christianisme, comme le paganisme, sut en tirer profit. Que le service divin se passe dans une Mosquée, une Synagogue, un Temple ou une Eglise, tout y est arrangé pour frappei' l’imagination : les gestes des officiants sont des passes magnétiques, l’obscurité, l’éclat de l’or, le son de la musique, l’odeur des parfums, mettent les fidèles dans un véritable état exta-
CnAPlTRE PREMIER.
ti(jue. liientôt lo culte du Diable uarjuit et tit, du xii^ au xv"'® siècle, (le tels progrès, (pi’eu lOOO, il y avait en France près de cent mille sorciers et sorcières; on étudie le diable, ou le connaît, on sait {[u’il hante le corps des malades, on connaît les lormules cpi’il faut employer pour le chasser. Ces procédés agissant par suggestion, soulageaient et guérissaient comme aujourd’hui nous le faisons par l’hypnotisme.
H faut arriver ;\ Paracelse*, en 1529, pour trouver les premières données scientificjues sur le magnétisme animal ; selon l’auteur, chaque individu possède son magnes, sou fluide, émané des astres; le magnes des personnes saines attire celui des personnes . malades et est susceptible d'agir sur leur constitution. Ce système fut appelé système de la sympathie magnétique, il eut bientôt de nombreux adeptes.
Glocenius^ en 1608, Burgraeve® et van Helmont'*, en 1626, se basant sur les données de Paracelse, publièrent des travau.x sur la cure magnétique des plaies.
En 1640, Robert Fludd® rechercha la. cause des vertus magnéticj[ues : d’après lui, le fluide part de l’étoile polaire, il traverse la terre en s’attachant particulièrement aux aimants, l’homme s’en charge parce qu’il est un véritable aimant ayant ses pôles magnétiques. Lorsque les émanations fluidiques de deux personnes se repoussent, l’antipathie se produit, le magnétisme est négatif; si les fluides s’attirent, le magnétisme est positif ; dans ce dernier cas les affections, tant organiques cjue morales, se communiquent. En 1841, le Père Kircher® combattit cette théorie, mais Sébastien Wirdig’ Maxwell® et Santanelli reprirent les données de Fludd et les développèrent.
Ces études servirent de base à la grandeur de Mesmer, qui, en 1766, donnait comme sienne la théorie de Paracelse sur le
’l. Paracelse, Praclica Theophrasli Paracelsi. Nuremberg, 1529.
2. Glogenius, Traclalus de magnetica curatione vulnerum. Marburg, 1609.
3. BurGRAEVE, De magnetica vulnerum nalurali et légitima curatione. 1621.
A. Van Helmont, Disputatio de magnetica vulnerum curatione. Paris, 1621.