‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 20 sur 208 · I.UYS, Sociclé,dc Biologie, 8 novembre · texte numérisé non relu

I.UYS, Sociclé,dc Biologie, 8 novembre

doctrines de l’école de paris.

sujet B, préalablement mis en état de léthargie liypnotitiue et placé dans une chambre voisine. Prescpie instantanément le sujet B perçoit une secousse, comme une décharge électrique, tout son côlé droit devient hémiplégique, et quand on le dirige vers le réveil, suivant les procédés usuels, en le faisant passer en catalepsie, puis en somnambulisme, on constate alors qu’il a pris la personnalité du sujet hémiplégique ; il a la parole embarrassée, il a le bras pendant, il marche en fauchant. En un mot la personnalité morbide du sujet transféreur hémiplégique réel s’est incarnée avec tous ses caractères, sur le sujet transféré avec une véritable précision. Au réveil, cet état disparait instantanément ».

Les couronnes aimantées seraient capables, d après 1 auteur, d’accumuler la force nerveuse morbide. Cette force nerveuse ne se déchargerait pas complètement sur un premier sujet; après une demi-heure et même après deux heures, elle existerait encore sur la couronne, de telle sorte que l’on pourrait obtenir des résultats en appliquant cette dernière sur la tète d’un sujet en léthargie.

Binet et Féré‘ ont surtout insisté sur le transfert des hallucinations unilatérales] contrairement à ce qui se passe pour les contractures, l’hallucination visuelle transférée ne serait pas symétrique ; si, par exemple, on suggère à un sujet qu’il voit, de l’œil droit, un portrait de pro,fil et que le profil est tourné vers la droite, par l’application d’un aimant, riiallucination passe à gauche, mais le profil regarde toujours vers la droite.

Ces auteurs attirent l’attention sur la douleur de transfert : pendant le transfert, le sujet se plaindrait d’une douleur de tète à siège fixe, coïncidant très souvent avec les centres sensoriels de l’écorce cérébrale. Dans le transfert de l’hallucination visuelle, le point douloureux serait situé un peu eu arrière et au-dessus du pavillon de l’oreille, correspondant à la région dont la destruction détermine la cécité verbale et l’hémianopsie ; dans le transfert d’une hallucination de l’ouïe,

1. Binet et Féré, Le transfert psychique, {Rev. philosophique, janvier 188b.)

CIIAPITllE H.

Ja douleur siégerait au milieu de l’espace compris entre la partie antérieure du pavillon de l’oreille et l’apophyse orbitaire externe. Binet et Féré n’explicjuent pas la cause de cette douleur, ils signalent son existence sans en commenter la nature.

Le transfert tel cpie nous venons de l’envisager est toujours unilatéral; on pourrait cependant, d’après les deux auteurs précédents, produire un transfert bilatéral, c’est la polarisation'. On donne, je suppose, à une somnambule l’hallucination bilatérale d’un oiseau posé sur son doigt; pendant qu’elle caresse l’oiseau imaginaire, on la réveille et on approche un aimant de sa tête. Au bout de quelques minutes elle s’arrête tout à coup, lève les yeux et regarde avec étonnement : Foiseau est parti.

A une autre malade éveillée, les auteurs montrent un gong réel, on frappe un coup de gong, la malade tombe en catalepsie; on la réveille et on la prie de regarder attentivement le gong. On approche de sa tête un petit aimant. Au bout d’une minute, elle ne voit plus l’instrument; on frappe le gong k coups redoublés, elle ne l’entend plus.

L’aimant serait donc capable de supprimer, non seulement la vision imaginaire, mais encore la vision réelle; aussitôt que l’on écarte l’aimant, la vision, tant réelle qu’hallucinatoire, reviendrait. y

La polarisation contiendrait encore un élément de plus, elle pourrait produire des phénomènes complémentaires'*; on sait que si l’on regarde attentivement une croix rouge, et qu’on regarde ensuite une surface blanche, il se produit l’hallucination d’une croix verte. Si l’on suggère à un sujet la vue d’une croix rouge et qu’on approche un aimant de sa tête, à son insu, le sujet voit apparaître des rayons verts entre les bras de la croix; peu à peu ces rayons verts s’allongent et la croix devient rose; un instant elle est verte, puis le sujet voit une croix vide, un trou en forme de croix, entouré de rayons verts.

1. Bm'E'T et FÉvdî, La polarisation psychique {Revue philosophique, avril 1885).

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