CHAPITRE VI
Pitres (de Bordeaux). « ? »
Dumûntpallier (de l’aris). « Oui. »
Sancrez Uerrero (de Madrid). Oui. »
A. Voisin (de Paris). « Ou peut produire par suggestion hypnotique la congestion, la vésication, récoulement menstruel. »
Beaunis (de Paris). « Oui, chez certains sujets. »
Luys (de Paris). « Oui. »
De Jong (de la Haye). « Congestion, vésication et je crois aussi qu’on peut provoquer l’hémorrhagie par suggestion. » Lajoie (de Nashua-iNew-Hamspire). « Oui. »
Le Menant des Chesnais (de Ville-d’Avray). « Oui. »
David (de Narbonne). « Tous les hypnotiseurs sont de cet avis. » Henrik Petersen (de Boston). « Oui. »
Burot (de Rochefort). « Oui, l’hémorrhagie a été produite dans un cas indiscutable. »
G. Ballet (de Paris). « Oui. »
OcHOROWicz (de Varsovie). « Oui, l’action idéo-plastique ne finit que là où finit l’action du système nerveux, en général, qui est souverain. Mais là aussi c’est l’individualité qui décide et non la théorie.
Baron von Schrenck Notzing (de Munich). « La congestion et la vésication, c’est-à-dire les modifications de la circulation, peuvent être obtenues à l’aide de la suggestion chez les individus prédisposés. »
Tous ces auteurs, sauf Marot, Brémaud et Pitres, admettent la congestion, la vésication et ITiémorrhagie par suggestion, mais tous l’ont-ils observé?
Je ne le pense pas, je crois qu^en dehors des cas publiés (Dumontpallier, Focachon, Bourru et Burot, Mabille), on n a observé ni la congestion ni l’hémorrhagie par suggestion.
« Tous les hypnotiseurs sont de cet avis », dit David, mais bien peu l’ont observé. Pour ma part, j’ai essayé souvent ces expériences, je n’ai jamais pu obtenir qu’un peu de rougeur à l’endroit où je suggérais la modification.
Cependant, dira-t-on, il existe des expériences bien réelles de vésications par suggestion. Oui, mais ont-elles été faites
DISCUSSIONS^ lîT OPINIONS PERSONNELLES.
dans les conditions nécessaires? Si l’on se contente d’appliquer une rondelle de sparadrap sur la peau, en suggérant au sujet que c’est un vésicatoire, et que Ton eulerme ce sujet pendant plusieurs heures à l’abri de tout moyen de communication^ que fera le sujet? Il se mettra inconsciemment à frotter l’endroit indiqué contre tous les meubles environnants et au bout de quelques heures il y aura vésication. J'ai vu des cas semblables, c’est ce qui me rend sceptique à l’égard des expériences de Focachon. Il faudrait, pour bien faire, que l’on maintienne le bras en vue pendant toute la durée de l’expérience, il suffit d’un moment d’inattention pour que le sujet frotte la partie indiquée.
J’ai eu l’occasion d’observer, dans le service de M. Rommelaere, un cas d’hystérie avec troubles trophiques vésiculaires, il suffisait de dire à cette malade sans l’endormir : « Demain vous aurez une ampoule ici, » pour que l’on constate le lendemain une grosse vésicule à l’endroit indiqué; mais rien ne prouvait que, pendant la nuit, la malade n’avait pas, inconsciemment, irrité d’une façon quelconque la peau à cet endroit. Si la vésication par suggestion est possible, ce que je ne nie pas absolument, il faut certes que ce soit dans des cas exceptionnels et chez des sujets spéciaux; je crois que cette expérience ne peut réussir, si elle est possible, que chez des hystériques sujets aux troubles trophiques cutanés et éminemment suggestibles.
J’en dirai autant des hémorrhagies cutanées par suggestion ; certes j’ai pu, à différentes reprises, ramener les règles par suggestion chez des hystériques, mais il y a loin de là à l’hémorrhagie cutanée telle que Bourru et Burot l’ont observée. Je ne nie pas le fait rapporté par ces auteurs, je crois que s’il est réel, c’est qu’ils ont eu affaire à une hystérique, dans le genre de Louise Lateau, qui présentait une disposition pathologique aux hémorrhagies cutanées. Nul doute que l’on aurait pu, par suggestion, amener, chez Louise Lateau, ces hémorrhagies cutanées qu’elle présentait d’elle-méme par autosuggestion.
Ces faits de vésication et d’hémorrhagie par suggestion ne seraient plus à proprement parler des faits hypnotiques,
CHAl'ITUIC VI.
pliysiolog-uiues, ce serait des laits hystériiiues, pathologiques, dont la cause fondameutale résiderait dans un état morbide et dont la suggestion hypnotique ne serait que la cause occasionnelle, comme elle pourrait être la cause occasionnelle d’un accès d’hystérie.
La suggestion mentale.
Voici l’opinion de quelques auteurs à ce sujet ; la question posée est : La suggestion mentale existe-t-elle ? '
Dumontpallier (de Paris). « -le n’ai jamais réussi. »
Marot (de Paris). « ? »
A Voisin (de Paris). « La suggestion mentale n’existe pas. » Brémabd {de Brest). « J’ui cherché la suggestion mentale avec persistance, je n’ai rien su qui me permette de croire par moi-même à son existence. Je ne me pas les expériences des autres à ce sujet, je n’y crois que comme d un point d’érudition ; je fais peut-être plus que douter. Si le sujet ne lit point dans la pensée, il peut saisir et comprendre les moindres différences d’attitude, intonation de paroles, et cette suggestion involontaire peut produire des résultats étonnants. » Pitres (de Bordeaux). « ? »
Leys (de Paris). « Nescio. »
Lajoie (de Nashua-New-Hamspire). « That is au open question » (Je suis dans le doute, traduction littérale). »
Le .Menant des Cbesnais (de Ville-d’.ivray). « J a. vu des expériences publiques de suggestion mentale, je ne les ai pas comprises, et (jiiant à moi, je n’ai jamais réussi dans mes
essais. »
l. Réponses à mon questionnaire.
DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES
De Jong (de la Haye), « Je ne crois pas iV la suggestion mentale. »
G. Ballet (de Paris). « Rien ne la prouve. »
Déjerine (de Paris). « Je ne crois pas à la suggestion mentale, »
Burot (de Rochefort). « Peut-être. »
Sanchez Herrero (de Madrid). « Oui, très exceptionnelle. »
David (de Narbonne). « Elle existe. »
OcHOROWicz (de Varsovie). « Oui, quoique, sur cent sujets, on en trouve à peine un seul capable de la manifester. La suggestion mentale involontaire et retardée est beaucoup plus fréquente, mais alors peu démonstrative. »
JoiRE (de Lille). « Oui. »
Baron von Schrenck Notzing (de Munich). « Bien que j’aie pu observer à diverses reprises un certain nombre de phénomènes appartenant à cette catégorie, ces faits ne sont pas encore suffisants pour permettre de porter un jugement pour ou contre. »
La suggestion mentale mérite l’attention des savants, aussi ai-je cru devoir exposer, avec assez de détails, les expériences qui s y rapportent. Les hommes qui s’eu sont occupés et qui affirment son existence sont trop connus pour que l’on puisse la nier à priori.
^ Cependant j’avoue, quant à moi, u’ôtre pas fixé sur ce point Tous les essais que j’ai faits sont restés infructueux; de plus* les expériences réussies que j’ai rapportées précédemment né me paraissent pas assez concluantes. Je crois, à l’exemple de Brérnaud et de Bernheim, que le sujet peut comprendre la pensée, la flairer, en se basant sur une foule d’indices qui ne nous frapperaient pas, mais qui suffisent à ces sujets ex’ceptionne lement hyperesthésiés pour deviner la pensée. J’ai vu comme Le Menant des Chesnais, de nombreuses expérienceé pubiiques^ de suggestion mentale, mais, contrairement à cet auteur, j ai toujours pu trouver le truc, souvent presque .mpercept.ble, qu, guidait le somuarabule. Ces expleienoës pub .ques ne sont pas sérieuses, elles réussissent giLe ,l un véritable alphabet conventionnel.