CHAPITRE H
une amnésie, une anesthésie. La première, que les auteurs appellent Forme positive , n’est autre chose (pie la mise en œuvre d’uue association mentale préexistant clans l’esjuit de l’hypnolicjuc. La seconde se comprend plus dilficilement ; peut-être est-elle due à une impression mentale (pii exei'cerait une inhibition sur une des fonctions sensorielles ou motrices, désignée par la suggestion.
La suggestion n’est qu’un rêve évoqué et dirigé par les assistants ; elle n’inüuence pas plus une personne saine que l’ouverture de ses yeux ne la met en catalepsie (Binet etFÉuÉ). 11 faut, pour cpi’elle se réalise, que le sujet soit jeté dans un état de réceptivité spéciale. En cjuoi consiste cette réceptivité? Eu l’inertie mentale, répondent Heidenhain, Richet, Rihot, etc. Chez l’hypnoticpie, le champ de la conscience est vide, l’idée suggérée règne seule sur la conscience endormie.
Binet et Féré n’admettent pas le monoïdéisme comme cause de la suggestibilité, ils croient que cette cause est V hyperexcitabilité psychique. La suggestibilité ue se rencontre pas seulement chez les hypnotiques, mais encore chez les alcooliques, les hystériques, etc.
La simulation et la suggestion inconsciente sont les deux principaux écueils à éviter; il faut expérimenter pour déjouer la simulation, il faut démontrer la réalité de rhallucinatiou suggérée, il faut prouver que cette hallucination est modifiée par les instruments d’optique suivant les procédés que Binet et Féré ont indiqués et qui seront décrits plus loin ; il faut s’efforcer à’ objectiver les troubles subjectifs. Mais la simulation d’un sujet suggestible ne peut-elle pas faire tout ce que fait la suggestion ? Dans certains cas, oui ; mais c’est la rare exception.
La suggestion inconsciente trompe souvent aussi l’opérateur : le sujet hypnotisé est d’une sensibilité excessive, un mot, un geste sont interprétés par lui. Les preuves morales tirées de l’honorabilité du sujet ne servent îY rien puisqu’il n’y a pas de simulation. Pour se mettre à l’abri de la suggestion inconsciente, il faut opérer en silence, devant un petit nombre d’auditeurs, et ne se servir d’un sujet qu’une ou deux fois.