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XV. Suggestions par plusieurs sens a la fois

Si l’on attire le regard d’un sujet cataleptique sur un objet dont l’image lui est connue, il exécute aussitôt l’acte pour lequel l’objet est destiné : si on lui donne un chapeau, il le place sur sa tète ; un pardessus, il l’endosse ; un balai, il balaye,

etc.

Y. __ Suggestions verbales.

Richer divise l’étude des suggestions verbales en quatre chapitres : illusions et hallucinations, x^Lénomènes d’amnésie provoquée, paralysies psychic[ues et idées fixes, impulsions

irrésistibles. .

a. On peut produire des hallucinations verbales pendant la

c.atalepsie, on voit alors se produire de véritables scènes mimées et parlées : on dit à une cataleptique qu’elle est dans un jardin rempli de fleurs, elle s’anime : « Qu’elles sont belles, dit-elle, » en se baissant pour en cueillir.

DOCTIUNKS DE l’ÉCOLE DE l’AlUS.

On peut produire des hallucinatious de tous les sous chez les catalepticpies ; au luoiueut de riialluciiiation, l’état cataleptique cesse, laissant toute liberté aux mouvements, mais aussitôt riiallucination dissipée, riinniobilité reparaît.

Pendant le somnambulisme, on peut produire absolument les mêmes hallucinations, mais, d’après Richer, elles sont moins fatales que pendant la catalepsie; le sujet les raisonne, les discute.

Les hallucinations suggérées entraînent des modifications ' dans l’état des organes des sens : si Ton suggère à un sujet i de regarder un oiseau au sommet d’un clocher, la pupille se I dilate; si l’on fait approcher l’oiseau, elle se rétrécit, ce qui montre jusqu’à quel point ces hallucinations prennent un caractère réel (Féré)’.

i Inversement, certaines modifications des organes des sens I entraînent des perversions dans les hallucinations suggérées : un œil achroinatopsique ne peut plus voir une hallucination colorée, alors que l’autre œil distingue parfaitement les couleurs suggérées ; si l’on suggère l’hallucination d’un arlequin, en fermant l’œil normal, le sujet le dépeint couvert de carreaux gris, blancs ou noirs.

Rien n’est cependant constant; il n’est pas toujours nécessaire qu’un sens soit normal pour pouvoir provoquer des hallucinations ; certains sujets dont l’odorat, le goût, sont insensibles, peuvent présenter des hallucinations de ces sens.

Les hallucinations peuvent être unilatérales : un bruit, une odeur, une vision peuvent exister d’un seul côté du corps.

Le mélange des couleurs imaginaires produit le même résultat que le mélange des couleurs réelles : ainsi le rouge et le vert donnent du blanc.

I Si l’on attire l’attention d’un somnambule sur un sujet , quelconque, un livre par exemple, et qu’on place un écran devant cet objet, le sujet affirme quelquefois voir encore le livre; si l’on place un prisme devant un œil du sujet, l’autre

1 . Féré, Mouvements de la pupille et propriétés des prismes dans les hallucinations provoquées chez les hystériques. (Soc. de Biologie, décembre 1881).

CirAlMTRE II.

œil élant fermé, le soiniuiniliule déelare voir deux objets, eonforméineiil. aux lois de la pliysiijue.

Les mêmes phcuomènes se rencontrent pour riiallucination : si l’on interpose un corps opaque entre l’endroit de l’hallucination et les yeux du somnambule, ce dernier continue fjuelquefois à voir l’hallucination.

Si l’on suggère à un somnambule qu’il voit un portrait sur une carte blanche et qu’on place un prisme devant un de ses yeux, l’autre étant fermé, le sujet déclare voir deux images’ ; une lorgnette rapproche ou éloigne l’objet imaginaire, suivant qu’on ^ place directement, devant l’œil du sujet, l’oculaire ou l’objectif, et à condition que la mise au point ait été faite^; un miroir réfléchit l’objet imaginaire, il suffit, pour produire ce phénomène, de réfléchir le point de l’espace qui est le siège de l’hallucination ; de plus, l’image réfléchie est symétrique de rhnage hallucinatoire primitive. Si l’on approche une loupe d’un portrait imaginaire, le "sujet déclare qu’il s’agrandit; si l’on place le portrait i\ une distance double de la distance focale, il est vu renversé ; si l’on crée l’hallucination d’un portrait sur une photographie quelconque, et qu’on présente au sujet une seconde épreuve de cette photographie, il y verra le même portrait, sans suggestion nouvelle ; et même, si l’on photographie un carton blanc sur lequel on a suggéré un portrait, le sujet pourra quelquefois y reconnaître l’imago suggérée sur le carton blanc (Binet et Féré).

Tous ces phénomènes, qui paraissent si étranges, peuvent s’expliquer facilement par cette supposition que l’hypnotique associe l’image hallucinatoire, née de la suggestion, à une impression venue de l’extérieur, et que c’est en agissant sur le point de repaire sensoriel qu’on produit consécutivement des modifications correspondantes dans l’image : ainsi le prisme dédouble et dévie ce point de repère, la lorgnette le rapproche ou l’éloigne, le miroir le réfléchit (Brémaud, Binet).

L’hallucination peut aussi développer des phénomènes de contraste chromatique, tout comme la vision réelle : un carton,

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