Pitres, lac. cit., p
CIIAPITIIK II.
La suggestion mentale.
Bien que l’étude scientifique de la sug-gestion mentale soit de date récente, il faut reconnaître que depuis longtemps déjà les magnétiseurs avaient attiré l’attention sur des faits semblables. C’est ainsi qu’en 1784, Puységur, en parlant d’un somnambule, disait : « Je n’ai pas besoin de lui parler; je pense devant lui et il m’entend, me répond b » Deleuze^ Lafontaine®, Cbarpignon^ Noizet®, Dubois®, etc., ont également rapporté des exemples de suggestion mentale ; mais ces faits manquent de précision scientifique, et l’on peut dire que si la suggestion mentale est entrée actuellement dans le domaine de la science, c’est grcàce à Richet®, Gibert, Janet®, Ochorowicz® et aussi grâce à la Society for psycbical research.
Richet émit le principe suivant : il n’y a pas de limites absolues dans les phénomènes psychologiques ; il n’y a qu’une graduation. Si la suggestion mentale existe à un degré exceptionnel chez quelques privilégiés, elle doit exister à un degré plus ou moins imperceptible chez tout le moude : ce qui est imperceptible dans un fait isolé, peut être rendu palpable par une addition de faits isolés; la statistique, comparée au calcul
1 Puységur, Mémoires pour servir à l’établissement du magnétisme. Paris, 1 784. 2. Deleuze, Instruction pratique sur le magnétisme animal. Paris, 182o.
3! Lafontaine, L’Art de magnétiser. Paris, 1886.
4. GharpignON, Physiologie, médecine et métaphysique du magnétisme. Pâris 1841.
5 Noizkt, MéTïioh'B suv le so'ïïiHctiïibulistyiG. Paris, 1So4.
6. Dubois, Histoire académique du magnétisme animal. Paris, 1841.
7 Richet. Revue philosophique, 1885. ,.... ,
8. Janet, Sur quelques phénomènes du somnambtdisme (Société rte psych.
physioL, nov. 1885). .