‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 61 sur 208 · Dans Annales des sciences psychiques, février · texte numérisé non relu

Dans Annales des sciences psychiques, février

f;H\lMTUE II.

se produisent par rinlermédiaire de M’"” Eusa[)ia Paladino, les soussignés se sont réunis ici, A, Milan, pour faire avec elle une série d’études, en vue de vérifier ces pliénoinènes , en la soumettant A des expériences et A des observations aussi rigoureuses que possi])le. Il y a eu en tout dix-sept séances, qui se sont tenues dans l’apparteinent de M. Finzi (rue du Montde-Piété) entre neuf heures du soir et minuit.

« Le médium invité A ces séances par M. iVksakof fut présenté par le chevalier Chiaia, qui assista seulement à un tiers des séances, et presque uniquement aux premières et aux moins importantes.

« Vu l’émotion produite dans le monde de la presse par l’annonce de ces séances et les diverses appréciations qui y furent émises à l’égard de M“” Eusapia et du chevalier Chiaia, nous croyons devoir publier sans retard ce court compte rendu de toutes nos observations et expériences.

« Avant d’entrer en matière, nous devons faire immédiatement remarquer que les résultats obtenus ne correspondent pas toujours à notre attente. Non pas que nous n’ayons en grande quantité des faits, en apparence ou réellement importants et merveilleux; mais, dans la plupart des cas, nous n’avons pu appliquer les règles de l’art expérimental qui, dans d’autres champs d’observation, sont regardées comme nécessaires pour arriver à des résultats certains et incontestables.

« La plus importante de ces règles consiste à changer 1 un après l’autre les modes d’expérimentation, de façon à dégager la vraie cause, ou au moins les vraies conditions de tous les faits. Or, c’est précisément à ce point de vue que nos expériences nous semblent encore trop incomplètes.

« Il est bien vrai que souvent le médiuiii, pour prouver sa bonne foi, proposa quelque particularité de l’une ou de 1 autre expérience et, bien des fois, prit lui-mème 1 initiative de ces changements. Mais cela se rapportait surtout à des circonstances indiflérentes en apparence, d’après notre manière de voir. Les changements, au contraire, qui nous semblaient nécessaires pour mettre hors de doute le vrai caractère des résultats, ou ne furent pas acceptés comme possibles par le

doctrines de l’école de paris.

médium, ou, s’ils rurcnt réalisés, réussirent, la plupart du temps, à rendre l’expérience nulle ou uii moins aboutirent à

des résultats obscurs.

« Nous ne nous croyons pas en droit d’expliquer ces faits, à l’aide de ces suppositions injurieuses que beaucoup trouvent encore les plus simples et dont les journaux se sont faits

les champions. . , . , , , .

« Nous pensons, au contraire, (pi’il s’agit ici de phénomènes

d’une nature inconnue, et nous avouons ne pas connaître les conditions nécessaires pour qu’ils se produisent. Vouloir fixer ces conditions de notre propre chef serait donc aussi extravagant que de prétendre faire l’expérience du baromètre de Torricelli, avec un tube fermé en bas, ou des expériences électrostatiques, dans une atmosphère saturée d’humidité, ou encore de faire de la photographie en exposant la plaque sensible à la pleine lumière, avant de la placer dans la chambre .obscure. Mais pourtant, eu admettant tout cela (et pas un homme raisonnable n’en peut douter) , il n en reste pas moins vrai que l’impossibilité bien marquée de varier les expériences, à notre guise, a singulièrement diminué la valeur et 1 intérêt des résultats obtenus, en leur enlevant, dans bien des cas, cette rigueur de démonstration qu’on est en droit d exiger pour des faits de cette nature, ou plutôt à laquelle on doit aspirer.

« Pour ces raisons, parmi les innombrables expériences effectuées, nous passerons sous silence ou nous mentionnerons rapidement cidles qui nous paraîtront peu probantes et à l’égard desquelles les conclusions ont pu facilement vaiiei chez les divers expérimentateurs. Nous noterons, au contraire, avec plus de détails, les circonstances dans lesquelles, malgié l’obstacle que nous venons d’indiquer, il nous semble avoir atteint un degré suffisant de probabilité.

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